Comment les grands de ce monde se promènent en bateau

2501BATEAU.jpgLe professeur Javier Leonardo Borges, de l’université de Buenos Aires, étudie des documents qui lui ont été communiqués par son confrère Hakan, d’Istanbul. Travail de routine. Mais soudain, il sursaute. Que vient faire ce dessin de la déesse Coatlicue, typiquement aztèque, dans un manuscrit turc datant de 1520, surtout qu’à ce moment-là, l’empire aztèque était encore debout ?

C’est le point de départ d’une enquête à travers le temps, afin d’élucider ce qui est probablement la plus grosse supercherie de l’Histoire. Le lecteur est entraîné sur les pas de Colomb et Cortès jusqu’à la mythique Tenochtitlan, en passant par le Topkapi et le harem de Suleyman le Magnifique.

Ce qui fait le sel de l’affaire, c’est que les investigations sont menées par deux vieux universitaires habitués à ronronner sur des parchemins poussiéreux, très éloignés de l’image d’un Indiana Jones bondissant et indestructible que ces évènements évoquent irrésistiblement.

Mélanie Sadler a dû beaucoup s’amuser en imaginant ces péripéties nées de quelques coïncidences de dates dans l’Histoire (la vraie). Du coup, le lecteur prend lui aussi du plaisir à suivre les deux antihéros dans les aventures proposées par ce roman court, mais dense. Certes, certains épisodes sont tirés par les cheveux, certaines scènes trouvent un heureux dénouement trop facilement, et les coups de chance sont un peu trop nombreux au cours de ces tribulations. Mais qu’importe ? Ce bouquin est une bonne plaisanterie, écrite d’agréable façon. Tout au plus pourrais-je lui reprocher la longueur des paragraphes (certains courent sur plusieurs pages), rendant parfois la lecture un peu fastidieuse. Mais je ne boude pas le plaisir que j’ai eu à me délasser avec ce bouquin au drôle de titre.