Le vieux qui voulait sauver le monde

Il est de retour ! Rappelez-vous, c’était il y a déjà huit ans (comme le temps passe vite), un livre avait déferlé sur le monde, répandant derrière lui une traînée de rire Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Un million d’exemplaires écoulés rien qu’en France, numéro un des ventes dans une douzaine de pays.

Il est donc de retour ! Dans le roman, une seule année est passée, Allan Karlsson fête donc son cent unième anniversaire. Il n’est pas plus motivé que la fois précédente, mais pour de tout autres raisons. Son vieil ami Julius tient tout de même à célébrer dignement l’événement. Pour ce faire, il entraîne Allan et quelques bouteilles de champagne dans une montgolfière au-dessus des mers de Bali. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Le ballon s’échoue en pleine mer, tout est perdu, et eux avec.

Tout ? Non, car cette fois encore, comme cela a souvent été le cas au cours de sa longue vie, Allan est sauvé par le hasard. Un navire passe dans le coin, les recueille. Tout va bien, donc.

Tout ? Non, car cette fois encore, comme cela a souvent été le cas au cours de sa longue vie, Allan est tombé au mauvais endroit au mauvais moment. Ce navire va tout droit vers la Corée du Nord, et il transporte en toute illégalité de l’uranium enrichi destiné aux délires mégalomaniaques de son dirigeant, le tristement célèbre Kim Jong-un.

Nos deux compères se retrouvent à bourlinguer à travers le monde, croisant la route de la ministre des affaires étrangères suédoise, d’un certain Donald Trump, qui passe pour un imbécile dans le roman, mais finalement pas beaucoup plus que dans la vraie vie, d’Angela Merkel, ils vont au Danemark, aux États-Unis, an Kenya, en Tanzanie, entraînent dans leur sillage une diseuse de bonne aventure, un fanatique nazi et un guerrier Massaï, survivent en vendant des cercueils…

C’est rocambolesque, rebondissant, totalement dénué de la moindre crédibilité, mais qu’est-ce qu’on rigole !

Bon, je l’avoue, c’est un peu moins drôle que dans le premier épisode. Allan n’a pas tout à fait le rôle principal, et surtout, il ne fait rien exploser, ce qui est (à mon avis) regrettable. Tant pis. On passe un excellent moment, et on se prend à rêver d’un troisième opus, de la part de Jonas Jonasson. Pourquoi pas ? Allan n’est pas si vieux que ça, il a encore des ressources pour entraîner des catastrophes et s’en tirer sans dommages…

L’analphabète qui savait compter

AnalphabeteSavaitCompterBesoin d’un moment de détente ? Alors, ne laissez pas passer ce bouquin. Jonas Jonasson est apparemment le spécialiste des récits qui ne tiennent pas debout, mais qui collent pourtant parfaitement à la vraie vie et à l’Histoire contemporaine, au point qu’on se demande de temps en temps quelle est la partie inventée. Dans ce roman, il reprend sans hésiter la recette qui lui avait si bien réussi pour son précédent, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

On retrouve les mêmes situations impossibles, les mêmes confrontations entre des personnages qui n’ont rien à faire ensemble, le même humour goguenard, la même imagination débridée, mais aussi la même exigence quant à une écriture sans défauts, extrêmement précise et travaillée.

Nombeko est née dans un ghetto d’Afrique du Sud en plein apartheid. À cinq ans, elle est déjà contrainte, pour ne pas mourir de faim, de vider toute la journée les seaux à merde des latrines publiques. Elle et ses semblables sont surnommés analphabètes par les blancs au pouvoir. Pourtant, Nombeko n’est pas idiote. Bien au contraire, puisqu’elle est surdouée. C’est ce qui va lui permettre de sortir de cette situation et de se retrouver, quelques centaines de pages plus loin, dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et d’une bombe atomique. Dans l’intervalle, elle aura fait la connaissance de beaucoup de gens, parmi lesquels un ingénieur stupide et alcoolique, un Chinois futur Premier Ministre, des agents secrets du Mossad, des jumeaux qui se ressemblent tout en étant différents au point que l’un des deux n’a pas d’existence, trois sœurs asiatiques qui fabriquent d’authentiques poteries antiques, une comtesse, une jeune colérique, etc.

Je me suis rapidement pris au jeu et laissé entraîné dans les tribulations de cette fille aussi attachante que les autres personnages du livre. Par intérêt pour l’histoire, bien sûr, mais également pour voir jusqu’où ce diable d’auteur pouvait aller, et comment il comptait y emmener ses lecteurs. Et franchement, je n’ai pas regretté le voyage ! Et en apothéose, une happy end où tout le monde trouve sa place et son bonheur, et tant pis si c’est tiré par les cheveux. Ou tant mieux, puisque tout le plaisir vient de là.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Pour une fois, je vais commencer par la conclusion : je me suis fendu la gueule !

Allan Karlsson doit fêter ses cents ans. Tous les résidents de la maison de retraite sont endimanchés, le maire est là, même la presse locale. Mais Allan n’a pas envie. Tout se tintouin l’embête, il ne veut pas jouer le jeu. Alors, il fait le mur, et cela déclenche une série d’événements qui s’enchaînent par effet domino.

Allan entraîne avec lui dans sa cavale un petit escroc sur le retour, une rousse grossière, un vendeur de hot-dog, un chef de bande, un éléphant femelle, un inspecteur de police… j’en oublie.

Grâce à des retours dans le passé, nous apprenons ce qu’a été l’incroyable vie d’Allan, qui colle évidemment à l’Histoire du siècle dernier. Non content d’avoir une vieillesse plutôt dynamique, il a côtoyé un bon nombre de personnalités marquantes : Franco, Trumann, Staline, Johnson, le frère d’Einstein, De Gaulle, Nixon, Mao…

Ce roman de Jonas Jonasson est hilarant. Les mésaventures d’Allan à travers le XXe siècle et au cours de sa fugue sont d’une drôlerie sans faille. Le langage employé et le point de vue porté sur les situations mettent un point d’orgue à l’humour et l’optimisme qui suinte d’entre les pages de ce livre.

À ne pas laisser passer. Sous aucun prétexte !


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Cécile, le 15/05/2011

Rien qu’à lire ton retour sur ce livre, on sent qu’on va bien rigoler. Cela a l’air vraiment très… tentant. Merci et à bientôt.