L’intérêt de l’enfant

IntérêtEnfantFiona Maye est juge des affaires familiales à Londres. Pourtant, elle n’a pas de famille. Trop préoccupée par sa carrière pour faire un enfant lorsqu’elle était jeune, elle a laissé passer le temps. Désormais, à cinquante-neuf ans, il est évidemment trop tard, et même le couple qu’elle forme avec Jack traverse une période très difficile.

Fiona est vraiment passionnée par son travail et lui sacrifie presque tout le reste, ne conservant que quelques rares loisirs pour la pratique du piano. Elle est amenée à siéger chaque jour, à suivre des dizaines de dossiers en même temps, et elle leur accorde toute son attention, surtout lorsqu’il s’agit de cas délicats, et ils sont nombreux à atterrir sur son bureau.

Elle est appelée à trancher dans une affaire particulièrement complexe et sensible. Adam, un jeune homme de presque dix-huit ans est atteint d’une leucémie. Il va mourir, ou du moins rester gravement handicapé s’il ne reçoit pas dans les plus brefs délais une transfusion sanguine. Toutefois ses parents et lui-même (bien qu’il soit encore mineur) s’y opposent pour raisons religieuses, car ils sont Témoins de Jéhovah. Étant donné la situation et le fait qu’Adam ne peut plus être considéré juste comme un enfant sans lucidité incapable de prendre une décision, Fiona se déplace exceptionnellement à son chevet afin de recueillir son point de vue et de mesurer jusqu’à quel point il a été influencé.

Là, elle découvre un garçon particulier. Cette rencontre la trouble profondément, mais l’aide à rendre son verdict, dans ce qu’elle estime être l’intérêt de l’enfant. Cette décision va provoquer bien des bouleversements dans son existence.

Bien sûr, il y a le thème des croyances religieuses, de la foi, de la vie, et de ce qui doit primer. Mais ce n’est pas là le sujet principal du livre. Ce que Ian McEwan a placé en toile de fond de son roman, c’est la relation entre cette magistrate qui incarne la froideur et la rigidité de la justice, et le reste du monde, en particulier ce garçon qui symbolise si bien son opposé : il est jeune, plein de vie malgré sa maladie, insouciant, spontané…

Fiona est sans cesse ballottée entre son quotidien, fait de reconnaissance sociale et de difficultés conjugales, et l’énergie pétillante de cet adolescent si beau, si fort en apparence, si frêle en réalité… tout comme elle-même.

Il est des situations sans porte de sortie…

Solaire

Solaire

Que j’ai eu du mal avec ce bouquin ! Moi qui dévore les livres comme on mange des chocolats, sans pouvoir m’arrêter, j’ai mis deux semaines à gravir laborieusement ces 400 pages.

Michael Beard a été un jeune et génial chercheur, qui a obtenu le prix Nobel de physique pour ses travaux dans le domaine du photovoltaïque. Mais ça, c’était il y a longtemps, et depuis il se repose sur ses lauriers fanés et sur sa notoriété. Il est devenu un quinquagénaire ventripotent, désabusé, lassé de tout, qui répète la même conférence depuis des années. Son cinquième mariage est un désastre, il n’a plus d’intérêt pour la science, cherche à se rassurer auprès des femmes et ne comprend rien aux relations qui existent entre les gens.

*** C’est tout ! ***

À partir de là, Ian McEwan nous entraine dans des réflexions pleines de bon sens, mais interminables, monotones et répétitives, à propos de ce que Beard voit quand il est en avion, à propos de ce que Beard voit quand il est dans un train, à propos de ce que Beard voit quand il est dans son centre de recherche, à propos de ce que Beard voit quand il prend un taxi, à propos de ce que Beard voit quand il participe à une expédition dans le Grand Nord, etc. Le tout étant présenté dans des paragraphes d’une longueur désespérante et presque sans dialogues. Beard se sent vieillir, Beard se sent diminué, Beard n’est plus ce qu’il était, Beard vit dans un drôle de monde, personne n’aime Beard, ce pauvre, pauvre petit Beard si gentil… qui utilise tout de même les gens qui l’entourent pour son propre profit, sans la moindre culpabilité ni scrupules, et qui ne fait rien pour être moins oiseux et insignifiant.

En bref, Beard est un paumé et un salaud, mais le lecteur, qui s’en est rendu compte dès la page 25, doit quand même se farcir ces chapitres démesurément longs, qui sont malgré tout techniquement très bien écrits, pour en être totalement persuadé.

Ce roman a la réputation d’être excellent. C’est peut-être moi qui n’ai rien compris. Il est également célèbre pour son humour. Alors là, je dois être vraiment bouché !