Le plus grand sous-marin du monde

PlusGdSMMondeVoilà un livre très court, mais très dense. Rien n’est en trop, chaque personnage a un rôle à jouer, chaque rebondissement est utile. Pas de déchet, on tourne à l’économie !

Saint-François-le-Môle, petit port normand (imaginaire), n’a rien d’attirant. La ville a été autrefois florissante, mais une série de revers (marée noire, épidémie qui décime les huîtres, etc.) en ont fait une cité glauque et triste, au point qu’elle attire des gens de même profil. Ainsi, il y a là Tone, ancien marinier raté, Max, alcoolique passionné de mots et de dictionnaires, Piou, qui tombe dans l’anorexie pour devenir mannequin, Gil, obèse prêt à tout pour satisfaire Piou, Kim, une adolescente qui veut se prostituer pour emmerder ses richissimes parents, etc. Des blessés de la vie, des cabossés de l’existence, tous très attachants et pleins de cœur.

Et il y a Pouparakis, ferrailleur grec. Il achète de vieux navires en ruine, les fait démanteler par ses équipes d’ouvriers sous-payés ouzbeks, tatars, maliens… et revend au poids, réalisant d’énormes bénéfices. Il parvient à conclure une très grosse affaire en obtenant l’épave du Saratov, sous-marin russe, le plus grand jamais construit. Il faut commencer par le ramener à Saint-François-le-Môle, tâche confiée à Sioum, un aventurier qui a roulé sa bosse un peu partout. Mais il porte encore dans ses soutes quelques redoutables torpilles.

Des relations se tissent entre les personnages, puis elles évoluent. Des amitiés se forment, certains ne demandent qu’à aider les autres, tandis que certains veulent abuser de leurs compagnons et que d’autres encore partent à la dérive.

André-Marcel Adamek, mène le lecteur le long de ce conte avec un langage simple et un style original. C’est triste, il y a de l’espoir, des déceptions, des gens bien, des salauds, des coups de dingues… comme dans la vraie vie, mais ce ne sont là que des allégories.