Antéchrista

AntechristaBlanche a seize ans, et elle est très mal dans sa peau. Surtout, elle se sent incapable de s’intégrer à un groupe, de se faire des amis, de se comporter correctement en présence d’autres personnes. Pourtant, en avance sur beaucoup de jeunes, elle est déjà à l’université. Là, elle rencontre Christa, qui a le même âge qu’elle, mais qui est totalement désinhibée et possède une aisance extraordinaire dans ses relations avec autrui. Elle est sans cesse entourée, courtisée par les garçons, reconnue par les filles.

C’est Christa qui vient vers Blanche, qui se demande ce qu’elle a pu faire pour mériter un tel honneur. Prête à tout pour retenir Christa, elle lui propose de venir dormir chez elle. Rapidement, le masque tombe. Christa est une profiteuse, une dominatrice. Elle prend très vite un terrible ascendant sur Blanche et même sur les parents de celle-ci, et elle écrase la fragile adolescente de sa personnalité si négative, se révélant plutôt comme Antéchrista. Cependant, le pire est encore à venir…

Comme dans les précédents livres d’Amélie Nothomb que j’ai lus, on est rapidement pris par le récit, appuyée par un vocabulaire et une grammaire sans failles. Le problème tient essentiellement dans l’histoire. J’ai eu l’impression que l’auteure a bâclé la fin pour en finir au plus vite, et ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation avec elle. Ce bouquin, je l’ai « lu » en audio. Après une phrase, j’attendais la suite, les réponses aux questions en suspens, la continuation de ce qui était en cours… mais il n’y avait plus que le silence dans mes écouteurs. J’ai vérifié… c’était fini. D’un coup. Quel dommage, après une narration aussi prenante !

C’était mon troisième essai de lecture d’un livre de cette auteure, et la troisième chute décevante. Ce sera le dernier. :cry :

Stupeur et tremblements

StupeurTremblementsRoman autobiographique. Amélie, qui est Belge, a grandi au Japon et parle couramment le japonais. Attirée par ce pays si particulier et cette culture hors du commun elle revient, jeune adulte, pour travailler comme interprète dans l’entreprise Yumimoto.

Toutefois ce n’est pas facile, dans une nation où l’on entre dans une société comme ailleurs on entre dans les ordres. Là-bas, un salarié fait partie corps et âme de la boîte qui l’emploie et doit tout lui sacrifier. Pour les femmes, en particulier, l’intégration professionnelle est particulièrement ardue.

Alors, pour la pauvre Amélie, se comporter correctement dans un tel milieu est quasi impossible. Une phrase qui serait anodine chez nous est un affront terrible pour les Nippons. Un acte qui nous semble normal et banal est pour eux une gaffe compromettante. Même un geste qui se veut amical peut entraîner une catastrophe. Amélie, qui se retrouve vite dans le collimateur de sa supérieure, la belle mademoiselle Fubuki Mori, descend rapidement les échelons hiérarchiques jusqu’à finir dame pipi du quarante-quatrième étage.

De gags en drames, d’humiliations en autodérision, Amélie Nothomb nous fait sourire, nous montre l’envers du décor de ce fascinant Japon si méconnu chez nous. Elle nous livre au passage quelques réflexions bien envoyées sur la position de la femme et de l’employé, sans jamais quitter les murs de l’entreprise où elle travaille, comme s’il n’y avait eu rien d’autre que le boulot à ce moment-là, ce qui devait plus ou moins être le cas.

Le lecteur accroche vite et rigole beaucoup, il est rapidement ferré, mais il reste un peu sur sa faim, déçu de voir que la vraie vie est en réalité si dure au pays du Soleil-Levant, et que ce n’est pas près de changer. Je me suis demandé si la démarche de l’auteure, en écrivant ce livre, n’était pas motivée par une petite revanche à prendre. Tout ça pour ça ?