Un dissident

Le message de ce bouquin (car il y a un message) est parfaitement clair : il est important d’être complètement humain avant de songer à devenir surhumain. Dit autrement, à notre époque de « réalité augmentée » et même « d’homme augmenté », où bien des hommes se rêvent en surhommes, il faut regarder la vérité en face, nous ne sommes pas prêts, n’étant pas encore totalement des hommes.

Le grand humoriste Pierre Dac avait sans doute déjà remarqué en son temps que quelque chose n’allait pas, puisqu’il avait alors déclaré que le chaînon manquant entre le singe et l’homme, c’est nous.

François-Régis De Guenyveau nous fait suivre l’existence de Christian. Lorsque nous faisons sa connaissance, c’est un garçon de huit ans pas tout à fait comme les autres, puisqu’il est d’une intelligence très supérieure à la moyenne. Bien sûr, cette différence l’isole un peu des gamins de son âge, cependant il est bien entouré par sa famille. En grandissant, il se met à rêver de quitter le village provençal où il a vécu depuis sa naissance pour s’épanouir dans l’avenir grandiose vers lequel il tend.

Encore adolescent, Christian remporte un concours de connaissances scientifiques de très haut niveau et il peut enfin s’envoler vers le futur qu’il espère depuis des années, aidé par son parrain, entrepreneur dans les technologies de pointe. Le désir le plus cher de Christian est de créer des appareils toujours plus puissants et plus évolués qui décupleront les capacités de l’homme afin d’en faire ce fameux surhomme. Jusqu’où sera-t-il possible d’aller ?

Devenu adulte, littéralement obsédé par les recherches dans lesquelles il s’est lancé, il se retrouve de plus en plus en décalage avec ses semblables. Heureusement, il prend conscience de cette situation, des choses à côté desquelles il passe, du bonheur qu’il ne parvient pas à saisir…

Long conte moral assez sombre, ce livre incite le lecteur à la réflexion, ce qui n’est pas pour me déplaire, au contraire. Il s’agit d’un premier roman, et les puristes ou les chipoteurs n’hésiteront pas à dresser la liste de ses défauts. C’est vrai qu’il y a quelques longueurs, par exemple. Toutefois, l’originalité (et l’actualité) du sujet et la chute qui prend totalement au dépourvu relèguent très loin ces menues erreurs de jeunesse.

François-Régis, je pense que vous passerez tôt ou tard par cette page. Je garde un excellent souvenir de notre échange, et j’attends votre second bouquin avec impatience.

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