Le village des oubliés

VillageOubliésTout le monde a entendu parler du massacre d’Oradour-sur-Glane, ce village de Haute-Vienne où, le 10 juin 1944, une compagnie de SS a assassiné plus de six cents personnes, dont un grand nombre ont été brûlées vives dans l’église.

Ce roman s’appuie en grande partie sur ce drame, mais la date diffère d’un jour, le village n’est pas cité, il n’est pas situé au même endroit, et le commandant nazi responsable de la tuerie ne porte pas le même nom.

La plus grande partie du récit oscille entre ce funeste mois de juin 1944 et celui de juillet 1982. Quelques rescapés sont toujours vivants trente-huit années plus tard, la tragédie pesant encore sur leurs existences. À chaque chapitre, un des personnages est au centre de la narration, ce qui permet au lecteur de suivre les événements de différents points de vue. En 82, Michel est un jeune garçon plein de vie. En 44, Marie est une fillette pétillante. À l’époque, elle était hébergée chez son oncle Ferdinand qui a connu la Première Guerre, et qui est également le grand-oncle de Michel.

L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux.

Il y a aussi Ulysse, Wolfgang, Alphonse, Dinis, Siméon, Isidore, Trottinette, etc.

En 82, une famille de quatre Allemands vient dans le village, et ils sont assassinés. Par qui ? Pourquoi ? Bien sûr, on pense immédiatement à une vengeance qui a couvé durant toutes ces années.

L’intrigue est parfaitement menée. Elle se divise en de nombreuses ramifications, selon les relations entre les protagonistes, le passé et le présent s’imbriquent, des souvenirs ressortent, de vieilles souffrances réapparaissent, des secrets refont surface. Qu’est-il arrivé exactement il y a presque quarante ans ? Qui sont ces touristes tués ? Petit à petit, on voit se dessiner une réponse. Les éléments convergent, la solution approche… mais il est probablement impossible de la deviner avant le terme de ce livre palpitant !

L’auteur, c’est mon copain Henri Courtade. J’en entends déjà qui s’imaginent que comme il s’agit d’un pote, j’ai encensé le bouquin pour lui faire de la pub. Eh ben non, c’est pas le genre de la maison ! Henri, ton livre est vraiment excellent, ne les écoute pas, c’est tous des jaloux. Depuis quelques années, au fil de tes romans, j’ai vu ton style s’affermir, évoluer, se renforcer. Avec ce récit, tu as indéniablement passé un cap. J’ai adoré ta façon de raconter en prenant ton temps, en inventant une foultitude de détails sur les personnages, ce qui les rend criants de réalisme. Ils sont si « vrais » qu’on a l’impression de les connaître, ou plutôt que toi, tu les connais, ce qui est peut-être le cas. T’es-tu inspiré de gens que tu fréquentes dans ton cher village que tu aimes tant ?

Je suis véritablement « tombé » dans ce roman que je recommande sans retenue.

Il y a juste un détail qui me chiffonne, Henri… pour les chats… tu étais vraiment obligé ?

2 réflexions sur « Le village des oubliés »

  1. C’est noté, merci Claude! Je vais me procurer le bouquin incessamment. Car oui, je n’écoute pas non plus les jaloux, car je sais combien, entre amis, on peut être exigent et sévère. J’en ai fait moi-même l’expérience avec ma meilleure amie poète, lorsqu’elle “repassait” sur mes textes. Donc oui, je suis certaine que ce livre est excellent. Merci!

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