Le reste de leur vie

ResteLeurVieAmbroise est un beau jeune homme qui plaît beaucoup aux filles. Pourtant, il est seul dans l’existence. Pas par choix, loin de là ! C’est juste que dans une relation, tôt ou tard, tombe la question fatidique : « Qu’est-ce que tu fais, dans la vie ? » Et tôt ou tard, Ambroise doit avouer qu’il est thanatopracteur, qu’il prépare les cadavres avant les obsèques. Cependant, il aime passionnément la vie, ce brave garçon. Mais pour une fille, il est difficile d’admettre que les mains qui caressent son corps ont tripoté quelques heures auparavant des dépouilles livides, froides et éteintes. C’est toutefois un métier beau et indispensable, comme l’a expliqué à Ambroise l’ancien qui l’a formé.

Des magiciens, voilà ce que nous sommes, ni plus ni moins que des magiciens qui avons pour lourde tâche de transformer les cadavres en de paisibles dormeurs.

Depuis le décès de sa mère et après s’être définitivement brouillé avec son père, Ambroise vit chez Beth, sa grand-mère.

Et il y a Manelle. Elle est ravissante, pétillante, et aide à domicile. Admirable profession que celle-ci. Elle va de petit vieux en petit vieux, les accompagnant dans leur quotidien, et adoucissant leurs dernières années d’existence. Même si certains (rares, heureusement) sont extrêmement désagréables, Manelle fait son travail avec passion et tendresse. Particulièrement avec Samuel, octogénaire attachant et sympathique, malheureusement atteint d’une maladie incurable. Avec tout ça, Manelle n’a guère le temps ni la force de sortir et de se faire des relations. Elle aussi est seule dans la vie, et elle aussi traîne comme un boulet un secret honteux.

Bien sûr, le lecteur devine très vite que ces deux-là sont faits pour se rencontrer et accomplir ensemble… de grandes choses. Mais Jean-Paul Didierlaurent prend son temps pour en arriver là. Une bonne moitié du bouquin. Trop long ? Peut-être. Certaines scènes n’apportent rien au récit, quelques détours sont superflus. Toutefois, l’écriture est si légère que ça passe très bien. Il y a même de petits crochets vers des sujets humains et délicats, comme l’euthanasie.

Bien sûr, c’est un conte, avec son lot de personnages caricaturaux. Il n’y a aucun méchant, seulement des gens désagréables en très petit nombre. Tout va mal pour les héros, puis tout s’arrange en un tour de main, quelques coïncidences sont les bienvenues, un coup de baguette magique et c’est réglé. L’histoire est un peu naïve, mais très rafraîchissante, elle s’achève en une inévitable happy end, c’est reposant, et même si ce livre ne marquera pas son époque d’une empreinte indélébile, c’est un plaisir de le lire.

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