Le vieux qui lisait des romans d’amour

VieuxLisaitRomansAmourHumour, aventures et émotions au menu de ce livre, premier roman de Luis Sepulveda qui a consacré dix années à le fignoler. D’origine chilienne, très engagé dans la politique et l’écologie, il s’oppose à Pinochet et ses convictions lui valent de faire plusieurs années de prison. (Huit « seulement » grâce à l’action d’Amnesty International.) Après cette rude expérience, il passe un an en Amazonie, partageant la vie des Indiens Shuars, connus chez nous sous le nom de Jivaros.

C’est ce décor qui sert de toile de fond à son roman. Dans le petit village d’El Idilio (qui n’a pourtant rien d’idyllique) vit le vieil Antonio José Bolivar Proaño. Dans sa jeunesse, lui aussi est demeuré pendant longtemps parmi les Shuars. Il a partagé leur vie, et en a retiré une parfaite connaissance de la jungle et des animaux qui y évoluent. Il est devenu capable de vivre sans difficulté au fond de la forêt amazonienne, avec rien d’autre que les ressources naturelles de l’environnement. Il était comme les Shuars, mais il n’était pas l’un des leurs, et il a fini par revenir vivre parmi les blancs.

Un jour, en rencontrant un prêtre qui feuilletait un livre, il se rend compte qu’il n’a pas tout oublié de ce qu’il a appris à l’école.

Il savait lire. Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait l’antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire.

Il sait lire, mais tout juste. La description d’Antonio José Bolivar en train de déchiffrer une phrase ou de faire la lecture à des amis est un sacré moment d’humour, surtout qu’il a une préférence pour les histoires à l’eau de rose comme celles de la collection Harlequin !

Toutefois, dans les environs d’El Idilio, un gringo ignorant des choses de la nature abat un jaguar mâle et ses petits. Folle de douleur, la femelle devient une tueuse d’hommes. Et comme elle est très forte et remarquablement intelligente, elle en tue beaucoup. Le maire d’El Idilio, un gros type stupide surnommé la limace, finit par faire appel à Antonio José Bolivar, malgré son âge avancé, pour traquer le fauve.

Une étrange relation s’établit petit à petit entre le vieil homme et la bête. L’un des deux doit tuer l’autre, il ne peut en aller différemment. Mais un respect mutuel, une sorte d’amitié sauvage, s’instaure entre eux, car chacun voit en l’autre son égal.

Magnifique roman écolo, qui balance entre humour tordant et émotions débordantes, écrit par un auteur qui a de l’Amazonie une connaissance extraordinaire et un immense amour pour cette fascinante forêt. Il a été vendu à des millions d’exemplaires, traduit et trente-cinq langues et porté à l’écran.

5 réflexions sur « Le vieux qui lisait des romans d’amour »

  1. C’est un peu le pendant forestier du Vieil homme et la mer. La lecture en plus. Plus d’humour aussi. Je recommande le passage où Antonio José Bolivar lit à ses camarades de traque, qui ne connaissent rien d’autre que l’Amazonie, un début de roman se déroulant à Venise.

  2. J’ai adoré ce livre et son auteur est devenu mon préféré. Il a donné lieu à une histoire plutôt jolie : mon frére préféré (et unique) me l’avait offert pour Noël, 6 mois après, je lui offre à mon tour pour son anniversaire en version original (espagnol) !

  3. Oui Claude, un bouquin à lire absolument! C’est un de mes livres de chevet. Je pense que j’en suis à ma troisième relecture, et je n’ai pas encore fini de découvrir ce que signifie la vraie humanité…

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