Hexagone

HexagoneLaurànt Deutsch nous entraîne dans les méandres de l’Histoire de France. Mais comme celle-ci est très vaste et qu’il est impossible d’en fouiller tous les recoins, l’auteur nous raconte l’Histoire des routes. Sans routes, pas de communication, pas de commerce, pas d’échanges, pas de progrès. Pas de guerres, non plus. Alors, c’est souvent pour des motifs militaires qu’elles sont tracées. Et quand ce n’est pas pour y faire passer des armées, c’est pour permettre aux ordres de parvenir plus rapidement à destination.

Vingt-six chapitres et vingt-six siècles, un par chapitre évidemment. C’est dans l’antiquité, au VIe siècle avant J.-C., que commence l’aventure, avec la fondation de Marseille et le besoin des Phocéens d’essaimer sur le continent. Et c’est de de nos jours qu’elle se termine, avec le percement du tunnel sous la Manche.

Dans l’intervalle, on voit défiler les légions romaines, on voit déferler les hordes de “barbares”, on voit Hannibal franchir les Alpes avec ses éléphants, on suit les premiers chrétiens qui colportent la bonne parole, on accompagne les rois mérovingiens dans leurs conflits fratricides, on admire Charlemagne qui agrandit son empire, on va de ville en ville avec les marchands, on avance avec les papes d’Avignon, on emboîte le pas aux révolutionnaires, puis aux armées conquérantes de Napoléon, on suit le tracé des premiers chemins de fer, des taxis de la Marne, des premières autoroutes…

Tout au long du livre, l’auteur, par des encadrés au sein du texte, place en quelque sorte le calque des routes modernes sur les plans d’autrefois, en nous signalant où se trouvent actuellement les derniers vestiges de tel monument ou de telle forteresse. Il nous explique même comment nous y rendre.

Ce bouquin ne fera pas de vous un spécialiste de l’Histoire. On l’a à plusieurs reprises accusé de contenir des erreurs. C’est possible, je ne suis pas assez connaisseur pour en juger. Mais ce que je sais, c’est que Laurànt Deutsch communique au lecteur sa passion pour l’Histoire. Il nous montre qu’elle n’est pas un fastidieux chapelet de dates ni une suite d’événements anciens qui ne nous concernent pas. Au contraire, il démontre l’influence qu’ils ont sur nous, et il nous fait vibrer d’émotion. À l’endroit où vous êtes en ce moment, en train de lire ces lignes, se sont peut-être déroulées des batailles. De grands hommes ont peut-être suivi jadis le trajet que vous empruntez quotidiennement pour aller bosser. Des héros ont peut-être succombé là où est désormais construit votre supermarché habituel. Pensez‑y, la prochaine fois. Car l’Histoire se trouve sous nos pieds, et ce livre en exhume une petite partie.

4 réflexions sur « Hexagone »

    • À l’époque, les phocéens ont essaimé vers le Nord. Mais si ça doit t’arriver, va vers l’Ouest. On finira bien par se croiser. 🙂

  1. J’aime beaucoup Lorant Deutsch. J’avais déjà bien apprécié son Metronome avec l’histoire des sous-sols parisiens et des stations de métro justement.
    En plus, c’est un excellent acteur.
    Merci Claude d’en parler !

  2. J’ai appris beaucoup de choses en lisant son “Métronome”. C’est vrai qu’il rend vivants les gens qui nous ont précédés en nous montrant les pierres, les traces, les murs de la ville ancienne. Qu’il y ait dans ses ouvrages quelques raccourcis ou inexactitudes, c’est possible, mais son travail est plus agréable à lire et plus facile à mémoriser que les travaux universitaires de “vrais” historiens… Donc je prends ! Dans mes connaissances historiques, qui sont comme un filet très lâche et plein de trous, ses précisions, ses anecdotes renforcent et affinent le maillage de mon filet… Il remet les choses en place avec ses chronologies, ce n’est pas inutile. Et comme c’est plaisant à lire, on apprend sans peiner. Rien n’empêche de creuser ensuite un point d’histoire qu’il n’a fait qu’effleurer…

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