L’analphabète qui savait compter

AnalphabeteSavaitCompterBesoin d’un moment de détente ? Alors, ne laissez pas passer ce bouquin. Jonas Jonasson est apparemment le spécialiste des récits qui ne tiennent pas debout, mais qui collent pourtant parfaitement à la vraie vie et à l’Histoire contemporaine, au point qu’on se demande de temps en temps quelle est la partie inventée. Dans ce roman, il reprend sans hésiter la recette qui lui avait si bien réussi pour son précédent, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

On retrouve les mêmes situations impossibles, les mêmes confrontations entre des personnages qui n’ont rien à faire ensemble, le même humour goguenard, la même imagination débridée, mais aussi la même exigence quant à une écriture sans défauts, extrêmement précise et travaillée.

Nombeko est née dans un ghetto d’Afrique du Sud en plein apartheid. À cinq ans, elle est déjà contrainte, pour ne pas mourir de faim, de vider toute la journée les seaux à merde des latrines publiques. Elle et ses semblables sont surnommés analphabètes par les blancs au pouvoir. Pourtant, Nombeko n’est pas idiote. Bien au contraire, puisqu’elle est surdouée. C’est ce qui va lui permettre de sortir de cette situation et de se retrouver, quelques centaines de pages plus loin, dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et d’une bombe atomique. Dans l’intervalle, elle aura fait la connaissance de beaucoup de gens, parmi lesquels un ingénieur stupide et alcoolique, un Chinois futur Premier Ministre, des agents secrets du Mossad, des jumeaux qui se ressemblent tout en étant différents au point que l’un des deux n’a pas d’existence, trois sœurs asiatiques qui fabriquent d’authentiques poteries antiques, une comtesse, une jeune colérique, etc.

Je me suis rapidement pris au jeu et laissé entraîné dans les tribulations de cette fille aussi attachante que les autres personnages du livre. Par intérêt pour l’histoire, bien sûr, mais également pour voir jusqu’où ce diable d’auteur pouvait aller, et comment il comptait y emmener ses lecteurs. Et franchement, je n’ai pas regretté le voyage ! Et en apothéose, une happy end où tout le monde trouve sa place et son bonheur, et tant pis si c’est tiré par les cheveux. Ou tant mieux, puisque tout le plaisir vient de là.

3 réflexions sur « L’analphabète qui savait compter »

  1. Merci pour cette bonne idée !
    De notre côté j’ai lu : Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa… terminé hier soir… et Jean-Paul m’a trouvé le film que nous avons visionné ce soir. Le film est très fidèle au livre et JP avait juré de ne pas pleurer… mais il avait quand même les yeux mouillés… Ach ces hommes ! tous des fleurs bleues… A bon entendeur…
    PS : moi aussi je pleurais…

  2. Décidément, je suis comme Cristina, la “pluie” a aussi mouillé mes paupières…

    Merci Claude pour la nouvelle référence! Je pense que ça va me plaire, moi qui écris et ne sais pas compter!

  3. J’achète tout de suite, car j’ai vraiment adoré ” le vieux qui ne voulait pas souhaiter son anniversaire ” Merci Claude

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