L’énigme de la Diane‑2

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Je me méfie un peu des suites. Lorsque le premier roman d’un auteur est un succès, s’attaquer au second est toujours délicat. Et si ce second roman est la suite du premier, il s’en dégage bien souvent une impression d’effort.

Pourtant, Nicolas Grondin a écrit une suite à L’énigme de la Diane, de l’Iroise aux Caraïbes. Le sous-titre de celui-ci est Des Antilles aux Mascareignes. J’avais beaucoup apprécié le premier tome, et je n’hésite pas à affirmer que, contre toute attente, celui-ci est encore meilleur !

C’est donc à moitié sourd et pratiquement aveugle que j’entendis la clameur de l’abordage. Les matelots armés qui s’étaient abrités derrière les bastingages, où ils se protégeaient des éclats et des éclisses, hurlèrent en jetant leur grappin vers le bord ennemi pour saisir ses haubans, ses batayoles ou n’importe quoi pour assurer quelque emprise vers son bord.

En effet, on retrouve dans ce tome le grand savoir de l’auteur à propos de la marine à voile, sa formidable richesse de vocabulaire, ses vastes connaissances de l’Histoire du XVIIIe siècle, et tout ce qui a fait la réussite du premier opus. Mais sa plume semble avoir gagné en maturité. Dans ce livre, moins ‘linéaire” que le précédent, se glissent un peu de romance, un peu d’humour, des intrigues secondaires… Le lecteur doit suivre deux fils de narration, et les biographies de quelques personnages sont proposées en digression, rompant le rythme et évitant l’ennui.

L’aventure repart de l’endroit où elle avait été interrompue. Nous retrouvons le jeune Basile et son ami Louison, promus élèves officiers, le capitaine Selcy, le matelot Poiré, et pas mal d’autres. À bord de la Diane, ils traversent l’Atlantique d’ouest en est pour remplir une mission dont on ne sait pas grand-chose au début. Au cours de la croisière, quelques étranges découvertes sont faites, posant autant de questions. Qu’est-ce qui est caché dans les cales du navire ? Où est passé le capitaine britannique après sa défaite ?

En chemin, la Diane fait de mauvaises rencontres, et c’est l’occasion de nous plonger dans les terribles batailles navales, où les boulets balaient tout sur le pont des navires, arrachant membres et vies, où les combats s’achèvent dans d’affreux corps à corps, où la rage de vivre se confond avec la rage de tuer. L’auteur nous fait vivre ces boucheries de l’intérieur avec tant de précision qu’on croirait sentir l’odeur de la poudre à canon.

Il y a une chose qui me fait plaisir, c’est qu’à l’évidence, l’histoire n’est pas terminée. Le troisième tome est prévu pour quand, Nicolas ? Je réserve un exemplaire.

8 réflexions sur « L’énigme de la Diane‑2 »

  1. Grand merci de cet avis qui me fait chaud au cœur…
    Moi aussi, je me méfie des “suites”. En fait, j’avais une trouille viscérale de décevoir, d’appliquer inconsciemment quelques “recettes” qui avait fait le succès du premier, de ne pas savoir renouveler l’intérêt du lecteur…
    Il semble que, à te croire, ce ne soit pas le cas… Ouf !
    Pourtant, durant toute la rédaction de ce deuxième tome, j’ai écrit la peur au ventre. Et ce n’est pas une posture égotiste.
    Les grandes lignes de la suite sont posées par l’Histoire d’abord, puis par les péripéties de mes modestes personnages.
    Reste juste à l’écrire. Une broutille, évidemment.

    • Merci, Nicolas, d’être passé sur mon site.
      Je comprends ta peur en écrivant la suite de la Diane. Vue depuis ma petite expérience d’auteur amateur, j’imagine sans peine ce que ça a dû être pour toi, mais je te répète que je trouve vraiment ce deuxième tome encore meilleur que le premier.
      J’espère que l’écriture du troisième te semblera également une broutille une fois le plan détaillé en place. Et j’en profite pour poser ma candidature, si tu as besoin de relecteurs…

    • Nicolas Grondin a eu de graves problèmes de santé. Je n’en sais pas davantage, mais j’espère de tout cœur qu’il se remettra à écrire prochainement.

  2. S’il est possible de souhaiter une meilleure santé, c’est de tout cœur..
    Pour avoir navigué et commandé des petits trois-mâts — mais sans les boulets ni la mousquèterie ni, pire les éclisses, quel bonheur de lire un auteur français dont l’usage des termes est juste et rigoureux ! Les bons auteurs maritimistes sont , en général, de langue anglaise et bien mal traduits ce qui m’est particulièrement irritant !!! Quant aux auteurs francophones, leurs écrits sont souvent un peu faiblards de plusieurs points de vue, il y en a un qui progresse , c’est LAUW,.

  3. Bonjour et merci de votre réponse, et au temps pour moi,il s’agit de Fabien Clauw chez Paulsen, 3 volumes qui vont en s’ameliorant Selon mon point de vue et je préfère de loin les bouquins de Nicolas Grondin. En particulier, l’incroya Richesse du vocabulaire technique dont j’imagine les recherches nécessaires. Chapeau.
    Amicalement
    Alain ledaguenel

    • Je ne connais pas Fabien Clauw, mais je vais sans doute lire quelque chose de lui pour le découvrir.
      Il y a très longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de Nicolas Grondin. Il a eu de très grave problèmes de santé, il a eu beaucoup de mal à s’en remettre. Aux dernières nouvelles, il s’est remis à écrire, mais je n’en sais pas davantage.

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