La forêt des 29

Les Bishnoïs sont les membres d’une communauté créée en Inde au XVe siècle. Leur existence, étroitement liée à l’écosystème dans lequel ils vivent, est régie par vingt-neuf principes immuables, d’où leur nom qui signifie Vingt-Neuf. Un des principes les plus importants est de planter des arbres, mais aussi de les protéger, ainsi que les animaux. Leur apparition est une réaction à la dictature de la dynastie des Rathores, qui exploitaient les hommes et les ressources naturelles avec un terrible mépris. La communauté des Bishnoïs, qui compte aujourd’hui environ huit cent mille membres, a été fondée par Djambo (“La Merveille”).

En septembre 1730, deux siècles après la mort du fondateur, les puissants ont décidé, pour satisfaire un rêve de grandeur, de s’en prendre aux forêts plantées par les Bishnoïs, mais ceux-ci ont préféré offrir leurs vies pour défendre les arbres. Ainsi, à Khejarli, trois cent soixante-trois personnes ont enlacé les troncs dans un geste protecteur, et ont été sauvagement assassinées.

Ce magnifique roman d’Irène Frain, extraordinairement bien documenté, nous plonge dans ces événements et nous raconte en détail la vie de Djambo, puis se prolonge jusqu’au massacre de Khejarli. Les personnages prennent vite une réalité et une présence très forte malgré la rareté des dialogues. L’écriture est précise, dynamisée par une alternance de phrases très courtes et d’autres très longues. La forme du propos alterne entre la chronique et la narration, l’auteur n’hésitant pas à utiliser tantôt le présent, tantôt le passé pour éviter la monotonie.

À la fois roman initiatique, roman historique et roman écologique, cette œuvre est surtout un témoignage poignant sur ceux qui furent, cinq siècles avant l’heure, les précurseurs de l’écologie, les premiers à prendre conscience de l’importance de ces questions pour l’avenir de l’humanité. Ce livre prend le lecteur à la gorge dès les premières pages, avec des perles de sagesse foisonnant à chaque page.

Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre le combat de Djambo au XVe siècle et celui du Chef Raoni qui, de nos jours, lutte pour la survie de la forêt Amazonienne.

Le site d’Irène Frain
La page Wikipédia des Bishnoïs
Le site de La Forêt des 29
Le site du Chef Raoni


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Christian Epalle, le 19/10/2011

Il y a des livres qui bouleversent le cours tranquille de la vie des lecteurs. Je me souviendrai toujours du premier qui m’avait provoqué un tel choc, terrible, irréversible : “Le monde de Sophie”. J’avais 30 ans. Depuis sa lecture, ma vie a changé, avec une envie furieuse de transmettre des messages. Je m’étais mis à écrire, vraiment.
“La forêt des 29” m’a fait le même effet, si ce n’est plus intense. J’ai l’impression qu’il m’a ouvert une nouvelle dimension. Je ne sais pas encore laquelle, ni comment, mais l’envie de poursuivre l’aventure des 29 m’a pris aux tripes.
Pourtant, la première moitié du livre m’a d’abord laissé dubitatif, sceptique. L’ambiance mille et une nuits n’était pas déplaisante, mais l’intérêt du roman me paraissait bien mince. Puis, à l’arrivée des 29, tout s’est éclairé, l’évidence m’est tombé dessus, brutale, vitale. Ce n’est pas un roman, non, c’est une merveille.
Les recommandations de lecture de mon ami Claude ne m’ont jamais déçu. Pour celle-ci, particulièrement, je lui en serais à jamais reconnaissant.
Merci, Claude, de m’avoir montré le chemin.
Merci, mille fois merci, Irène Frain, de l’avoir révélé dans un chef d’œuvre.

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