Déclaration d’amour

Comme je t’aime, mon chéri ! Je te l’ai dit bien souvent, mais tu n’as jamais eu le temps de m’écouter. C’est vrai que tu étais toujours très occupé. Je te l’ai dit avec des mots, bien sûr, c’est le plus simple. Mais je te l’ai dit aussi avec mes yeux, quand je t’admirais, avec mes mains, quand je te caressais, avec ma voix, quand je te parlais tendrement…

Aujourd’hui, enfin, tu es disponible pour m’écouter. Pour la première fois depuis tant d’années, tu ne vas pas m’interrompre, tu ne vas pas parler plus fort que moi, tu ne vas pas me répondre que ce ne sont que des sentiments stupides et inutiles.

Laisse-moi te le dire et te le répéter : je t’aime. Tu as été mon premier homme, le premier qui m’a touchée, le premier que j’ai connu, le premier qui a enflammé mon corps. Que de choses j’ai découvertes grâce à toi ! Je ne savais rien de la vie ni de l’amour, avant de te rencontrer. J’en avais entendu parler, bien sûr, mais j’étais tout à fait incapable de comprendre. Comment aurais-je pu imaginer tout ce qui a été l’existence près de toi ? Comment aurais-je pu deviner ce que ma vie allait devenir avec toi ?

Tu étais si beau, si fort, si attirant ! J’étais certaine de découvrir à tes côtés le bonheur, le grand amour que toute femme espère tellement trouver… Et je n’ai pas été déçue.

Tu ne dis rien, mon chéri ? Même pas un mot ? Même pas un geste ? Que font tes mains, à présent ? Elles ne se lèvent plus à ma rencontre ? Elles ne se serrent plus en poings pour me donner ce que je mérite, comme tu me l’as dit si souvent ?

Grâce à toi, je sais ce que c’est que d’être heureuse. Pleinement heureuse. Aujourd’hui, je le sais. Aujourd’hui seulement.

Moi qui ai tant rêvé de pouvoir te dire tout cela, je me sens toute vide, maintenant. Toute déçue, parce que tu ne daignes pas me répondre, ni d’un mot, ni d’un geste, ni d’un regard.

Je vais partir, à présent. Je vais te quitter, je vais laisser derrière moi cette vie, ce qui en reste, et ce qui reste de mes illusions. Je vais tâcher de croire que je peux encore vivre, ailleurs.

Tiens, garde ce couteau, je n’en ai plus besoin. Et puis, c’est ton sang qui est dessus, pas le mien. Le mien a bien assez coulé comme ça…


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