Contes curieux des quatre coins du monde

Pour les amateurs de contes, ce petit livre est une perle. Praline Gay-Para, érudite en la matière, s’est appliquée à recueillir et à rassembler ici quelques morceaux de choix qui sortent de l’ordinaire dans ce domaine pourtant très vaste.

Certes, on retrouve dans tous ces récits le ton naïf et les histoires simplistes auxquels nous a habitué la tradition. Mais l’auteur a retenu des contes contenant quelque élément peu ordinaire, que ce soit dans le fond ou dans la forme.

Ce recueil est aussi une occasion de voyager, car ces récits proviennent de nombreux pays, Turquie, Inde, Haïti, Tanzanie, Soudan, Iraq, Chili, Palestine, Mexique,  etc. On remarque d’ailleurs que les thèmes et même la façon de raconter sont un peu partout les mêmes. On retrouve invariablement un prince, une jeune fille si belle que le prince en tombe immédiatement amoureux, un(e) sorcier(ère), des animaux qui parlent…

Ce livre intéressera sûrement les lecteurs friands de ces contes traditionnels. Mais même si vous n’êtes pas du nombre, laissez-vous tenter. Les histoires sont très courtes, l’ensemble se lit vite (trop), la sagesse populaire fait son œuvre, le charme opère et nous entraine pour un petit voyage exotique plein de charme.

Mémoires d’un avaleur de sabres

Roman autobiographique. L’auteur s’est attribué certains événements arrivés à d’autres personnes, et a concentré sur quelques mois des anecdotes étalées sur plusieurs années. Mais tout ce qui est raconté st vrai.

Daniel P. Mannix (1911–1997) a eu, en marge de son travail d’écrivain et de journaliste, une vie aventureuse et mouvementée. En particulier, il s’est produit, dans les années 40, comme cracheur de feu et avaleur de sabres avec une troupe de forains. C’est cette expérience qu’il relate dans ce livre au rythme aussi soutenu que l’existence nomade qu’il a menée durant cette période.

Ressentant une forte attirance pour le merveilleux et le spectaculaire, il va parcourir les États-Unis en compagnie d’un fakir, une diseuse de bonne aventure, une montreuse de serpents, un cow-boy, un tatoué, une femme de trois cent kilos, une jument à cinq pattes, une stripteaseuse et d’autres personnages peu communs. Tout en nous faisant découvrir l’existence pleine de surprises de ces gens et la vie dans ce fascinant milieu, Daniel P. Mannix nous dévoile les dessous de ces spectacles. Là, le lecteur va de surprise en surprise, et apprend que contrairement aux idées reçues, il y a assez peu de numéros truqués. L’avaleur de sabres les fait vraiment descendre jusqu’à son estomac, le fakir se transperce réellement les membres, le cracheur de feu risque à chaque fois sa vie et la chiromancienne croit profondément à son art.

La lecture de ce livre est un régal que je recommande à tous les curieux.

Un cœur étranger

Ce livre a une particularité rare : pour bien l’apprécier, il faut savoir dès le début ce qui arrive à la fin. Le cœur d’un accidenté va être greffé à un homme malade.

Jan quitte sa Pologne natale en 1926 pour aller bosser dans les mines des ch’timis. Le lecteur est plongé dans cet univers et découvre tout ce qui fait la vie des mineurs : comment se passe une journée, ce qu’est ce travail, ce que mangent les hommes, les odeurs, les loisirs, les chansons, etc. Jan rencontre sa future épouse, se marie, a un enfant, un autre… cinq en tout. Nous suivons ce qui arrive aux aînés, leurs métiers, leurs rencontres, leurs amours. Jules, le dernier, devient maçon, apprenti, puis compagnon. Il épouse la fille de son patron et prend sa suite à la tête de l’entreprise avant l’accident qui lui coûte la vie.

Nous ne sommes alors qu’à la moitié du bouquin. En Auvergne, au début du XXe siècle, Germain se retrouve sans famille. Il devient apprenti boulanger, puis boulanger. Il part en Allemagne pendant la première guerre mondiale, revient, reprend son travail et se marie. De cette union nait une fille, Sidonie, à l’esprit un peu léger. Quelques années plus tard, pendant la seconde guerre et tandis que Germain est à nouveau outre Rhin, cette fois comme prisonnier, elle a une aventure avec un déserteur allemand. Lorsqu’il repart chez lui, Sidonie se découvre enceinte et accouche d’Armand. Celui-ci montre très tôt de grandes dispositions intellectuelles, parvient à faire des études malgré le manque de moyens financiers, et devient médecin. Mais son cœur le lâche, une greffe est indispensable.

Jules et Armand, qui ne se connaissent pas, aux passés si différents, n’ayant apparemment rien en commun, se retrouvent unis. Le cœur devenu inutile de l’un permet la survie de l’autre. Si Jean Anglade remonte une soixantaine d’années avant la rencontre post mortem entre ces deux hommes, c’est pour montrer comment ces deux trajectoires, si éloignées l’une de l’autre, convergent très lentement, mais inexorablement. Car le sujet du livre n’est pas la greffe. Le sujet, ce sont ces deux lignes de vie qui vont se rejoindre, ce que le lecteur doit savoir dès le début. Je me suis surpris, en lisant la seconde partie, à me demander ce que Jules faisait “en ce moment”, pendant qu’Armand, loin de lui, menait son existence.

Deux destins, deux familles aussi, qui traversent ce XXe siècle si violent, si dramatique. Car cette œuvre est aussi un magnifique cours d’Histoire, au cours duquel Jean Anglade ne se gêne pas pour donner son sentiment personnel, privilège du romancier interdit à l’historien.

Un roman au rythme lent, passionnant et profondément humain.

Lady R.

Roman historique dont l’action se situe au XIIe siècle. Historique ? Oui, mais Henri Courtade ne s’est pas embarrassé de fidélité exacte avec les faits, préférant privilégier son intrigue, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Car ce livre est extraordinaire. L’héroïne, puisque ç’en est une, est à la fois agent secret, femme fatale, top model, guerrière émérite, diplomate et possède encore deux douzaines d’autres compétences. Un CV d’enfer pour cette super nana, probable croisement entre Indiana Jones et Mata Hari, invincible et aventurière jusqu’au bout des ongles. Sans répit, les rebondissements s’enchaînent, passant d’attaques sauvages à la trahison, puis à la course aux manuscrits, la découverte d’armes secrètes et chinoises de surcroit, des condamnations à mort, des romances amoureuses, des secrets de famille, des meurtres, des sociétés occultes, que sais-je encore… En plus, elle a la bougeotte. À travers ces pages, le lecteur voyage en Angleterre, dans les Pyrénées, à Venise, en Écosse, dans le Sahara… Nous croisons aussi la route de personnages illustres, comme Richard Cœur de Lion, Jean sans Terre, Aliénor d’Aquitaine, et même un certain Robin, qui vit dans la forêt de Sherwood. Avec en prime, un chapitre final où toutes les pièces du puzzle trouvent enfin leurs places.

En résumé : Un peu de Moyen-Âge, beaucoup d’action, pas mal d’intrigues, un peu de sentiments, une dose de violence et un grand verre d’imagination. Un roman extrêmement distrayant pour les longues journées à la plage ou les longues soirées d’hiver. Au choix, puisqu’on visite aussi bien le grand Nord froid que le vaste Sud brûlant.

La vie extraordinaire des gens ordinaires

Faire un recueil de nouvelles déguisé en roman par un fil conducteur qui relie les différentes histoires n’est pas une première. Nous avons donc là vingt-et-un textes sans point commun apparent, si ce n’est d’avoir été écrits par l’extraordinaire Fabrice Colin.

Il s’agit donc d’histoires prétendument vraies qui seraient arrivées à des gens comme vous et moi. Encore que dans certains cas, ce serait plutôt le personnage principal qui est extraordinaire, voire exceptionnel. Mais l’important n’est pas là. Ces nouvelles sont assez brèves pour être rapidement lues, et pourtant suffisamment développées pour être prenantes. On se surprend, à chaque point final, à regretter cette brièveté, à vouloir en lire davantage sur ces gens et ce qui leur arrive, aux quatre coins du monde. Car le livre fait également voyager, de l’Himalaya à l’Australie, du Brésil à la Suède, de la Chine à une banlieue de grande ville française.

En prime, le lecteur a droit à de bien belles pensées à méditer, comme celle-ci : La seule folie, en amour, c’est de penser que l’on peut échanger la tristesse contre l’oubli.

Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Si certaines histoires m’ont “attrapé” plus que d’autres, aucune ne m’a déçu. Et même si ce n’est pas là le plus grand livre de Fabrice Colin, c’est assurément un des plus abordables et des plus originaux par le contenu. Souvent, on se demande où il va chercher l’idée d’un roman, mais là, il y en a vingt-et-une, plus extraordinaires les unes que les autres.

Ma préférée ? La dernière.

À ne pas manquer.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Hélène Ourgant, le 15/06/2011

Ton commentaire à propos de ce livre donne envie de le lire. J’aime bien les nouvelles et l’idée de pouvoir en lire 21, c’est intéressant.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Pour une fois, je vais commencer par la conclusion : je me suis fendu la gueule !

Allan Karlsson doit fêter ses cents ans. Tous les résidents de la maison de retraite sont endimanchés, le maire est là, même la presse locale. Mais Allan n’a pas envie. Tout se tintouin l’embête, il ne veut pas jouer le jeu. Alors, il fait le mur, et cela déclenche une série d’événements qui s’enchaînent par effet domino.

Allan entraîne avec lui dans sa cavale un petit escroc sur le retour, une rousse grossière, un vendeur de hot-dog, un chef de bande, un éléphant femelle, un inspecteur de police… j’en oublie.

Grâce à des retours dans le passé, nous apprenons ce qu’a été l’incroyable vie d’Allan, qui colle évidemment à l’Histoire du siècle dernier. Non content d’avoir une vieillesse plutôt dynamique, il a côtoyé un bon nombre de personnalités marquantes : Franco, Trumann, Staline, Johnson, le frère d’Einstein, De Gaulle, Nixon, Mao…

Ce roman de Jonas Jonasson est hilarant. Les mésaventures d’Allan à travers le XXe siècle et au cours de sa fugue sont d’une drôlerie sans faille. Le langage employé et le point de vue porté sur les situations mettent un point d’orgue à l’humour et l’optimisme qui suinte d’entre les pages de ce livre.

À ne pas laisser passer. Sous aucun prétexte !


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Cécile, le 15/05/2011

Rien qu’à lire ton retour sur ce livre, on sent qu’on va bien rigoler. Cela a l’air vraiment très… tentant. Merci et à bientôt.

Amis auteurs, méfiez-vous !

Ne faîtes pas confiance à l’éditeur 100 % numérique Numerik :)livres.

Sans entrer dans les détails, voici ce qui vient de se passer. Il y a quelques mois, j’ai été contacté, ainsi que d’autres auteurs, pour participer à un appel à textes, en vue d’une publication en recueil. Nous avons donc été un certain nombre à accepter cette proposition et à travailler pour produire des écrits de qualité. Un comité de lecture a ensuite bossé bénévolement pour arriver à une sélection d’une douzaine de textes (dont le mien), qui ont été soumis à cet éditeur.

Celui-ci nous a alors annoncé sa décision de ne pas faire le recueil annoncé initialement, mais de faire paraître les textes dans une revue numérique périodique, soi-disant pour pérenniser à la fois le projet et l’équipe d’auteurs. Devant notre scepticisme et notre souhait de terminer d’abord ce projet avant d’en envisager un autre, le responsable de cette boîte a brusquement déclaré qu’il ne donnerait pas suite à cette proposition. Le travail fourni par les auteurs et les relecteurs tombe donc à l’eau sans contrepartie et sans préavis.

À aucun moment ce monsieur ne s’est donné la peine de s’adresser à nous directement. Il l’a fait par le biais d’un intermédiaire qui a lui aussi été “remercié”.

Je viens d’apprendre qu’un autre projet du même genre lancé par ce même éditeur est en train de suivre le même chemin, sans plus d’égards ni de respect pour les gens qui ont travaillé.

Faites suivre l’info, afin d’éviter que d’autres auteurs soient piégés.


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Ronchon, le 08/06/2011

Encore un exemple d’arnaque sur le web. Heureusement, il n’y a eu que de la sueur d’investie, et pas totalement perdue puisque les textes demeurent. Mais, de quoi vraiment enrager tout de même.

Quitte Rome ou meurs

On connaissait Romain Sardou auteur de romans historiques, de polars et de contes. Le voilà à présent auteur de roman philosophique.

Rome, 62 après J‑C. Marcus Scaurus (personnage imaginaire) a osé s’opposer à Néron, empereur despotique et sanguinaire. Il doit s’exiler pour garder la vie sauve. Mais cette fuite devient vite un voyage initiatique. Le jeune patricien orgueilleux, prétentieux et naïf devient peu à peu un homme sage et posé, capable de porter un regard sain sur lui-même et d’apporter son savoir à d’autres. Dans cette métamorphose, il est aidé à distance par le philosophe et homme politique Sénèque (env. 4 av J‑C, 65 ap J‑C), avec qui il échange de nombreux courriers.

C’est un roman exclusivement constitué de correspondance, pour la plupart entre le fugitif et son mentor, qui conclut chacune de ses missives par l’antienne Porte-toi bien. (Comme le vrai Sénèque le faisait dans ses lettres à Lucilius, qu’il terminait par la formule latine vale.)

Bien que Marcus visite de nombreux lieux, qu’il rencontre beaucoup de personnes, que Sénèque vive à Rome une situation politique explosive, ce n’est pas un roman d’action. La forme épistolaire cantonne le lecteur dans une position contemplative dans laquelle il a du mal à s’identifier aux personnages et à partager avec eux les péripéties de l’histoire. Mais comment ne pas être touché par l’évolution de Marcus, et comment ne pas s’arrêter aux conseils du maître pour l’élève ?

J’ai beaucoup aimé ce court roman qui remplit au mieux la fonction première d’un livre : inciter celui qui l’ouvre à s’interroger. Et on ne peut qu’admirer, comme toujours chez Romain Sardou, le soin qu’il apporte à la connaissance parfaite de l’époque décrite.


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Cécile, le 15/05/2011

J’ai aimé (plus qu’aimer, même) ses deux contes sur Noël mais celui-ci ne me tente pas (simple histoire de goût sur le thème). Et j’ai été une grande fan de son papa :-D haha

De l’égarement à travers les livres

Quel drôle de bouquin que ce bouquin-ci !

Le narrateur, atteint de bibliopathonomadie, c’est-à-dire “d’égarement à travers les livres”, est contacté par une société secrète, le Cénacle troglodyte, pour devenir détective littéraire. Il va devoir enquêter et faire la lumière sur des affaires mystérieuses restées non élucidées (en rapport avec les livres), telles que chercher où se trouve vraiment le corps de Voltaire, pour quelle raison Lewis Caroll a inventé Alice, qui est la personne qui se cachait derrière H.P. Lovecraft…

Quelle est la différence entre un chercheur et un détective littéraire ? Le chercheur est un homme de raison. Le détective littéraire est un homme de terrain et d’intuition.

De nombreux personnages réels, mais peu connus, se rencontrent au détour des pages. Ainsi, le lecteur croise Eugène Bleuler, David Collin de Plancy, Charles Nodier, Alexis-Vincent-Charles Berbiguier, Jacques Cazotte et bien d’autres, mêlés à cette histoire un peu loufoque où se côtoient vérité et imaginaire, sans frontière visible. À tel point que le lecteur, désorienté, se dit que puisque chaque détail est vrai, leur somme doit être vraie aussi, ainsi que tout ce qui est dit dans ce livre. (Syndrome Da Vinci Code ?)

L’auteur, Éric Poindron, est à l’évidence un érudit des petites histoires et des grands mystères de la littérature. Avec un enthousiasme flagrant, il en a rapporté quelques-uns dans ce livre où on sent à chaque page le malin plaisir qu’il a pris à les enrober dans une aventure de société secrète, de démonologie et de secrets kabbalistiques. À moins que, finalement, tout cela soit la vérité la plus pure. Sans doute est-ce au lecteur de décider ce qu’il en est, entre réalité et imaginaire.

J’ai lu bien des livres. Des mystérieux, des étranges, des louches, des bizarres, des étonnants, des énigmatiques, des indéfinissables… mais celui-ci est assurément sur le podium des surprenants.

Cher Éric, il y a une petite chance pour que vous passiez par ici un de ces jours, alors dîtes-moi : vous avez fini par la trouver, cette bibliothèque non loin de la cathédrale de Reims ? Et le magicien au couvre-chef, rue Chanzy, que sait-il ? Tout restera entre nous, bien sûr…


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

denise miège, le 02/05/2011

où peut-on commander le livre ?

Claude, le 02/05/2011

Bonjour Denise.
On trouve ce livre dans toutes les (bonnes) librairies ou sur des sites. Je préfère ne pas citer de nom ici, mais je suis sûr que vous le trouverez sans problème.

Le rêve de Lucy

Tout le monde a entendu parler de Lucy. C’est le nom attribué à la petite hominidé dont le squelette a été découvert en Éthiopie en 1974. Elle a été pendant plusieurs années notre ancêtre connu le plus éloigné dans le passé, avant d’être supplantée par d’autres émouvants vestiges.

On ne peut que se réjouir en ouvrant ce livre, écrit en collaboration par le formidable conteur Pierre Pelot et le paléoanthropologue Yves Coppens, codécouvreur de Lucy. (Le tout agrémenté par des illustrations de Tanino Liberatore.)

Avec l’imagination romanesque de l’un et la rigueur scientifique de l’autre, ils ont tenté de donner une idée de ce qu’a pu être la vie de Lucy, ou plutôt de ce qu’ont pu être ses derniers jours. Ils ont aussi essayé de faire passer une reconstitution de la manière dont les Hominidés de cette très lointaine époque percevaient et comprenaient le monde qui les entouraient, à travers le regard supposé de Lucy. Enfin, il est également question de la coexistence probable entre les derniers Australopithèques (Lucy) et les premiers Hommes.

Malheureusement, la mayonnaise de prend pas. Trop de soin à ne pas dépasser les limites étroites qui étaient celles de la conscience de Lucy enferme également le lecteur dans un monde limité, où il a lui-même un peu de mal à trouver ses marques. Gageons que Lucy et ses contemporains n’étaient pas si inadaptés que ça à leur époque, puisque nous sommes là ! Une idylle à peine esquissée entre elle et l’un de ses successeurs dans l’évolution vient couronner le tout. La contrainte scientifique que les auteurs se sont imposée à eu raison de la dimension poétique, et ne nous livre qu’une poussive tentative qui ne satisfait ni le lecteur avide de connaissance, ni celui demandeur de rêve. Pauvre Lucy.