Isabel Dalhousie vit à Édimbourg et est directrice de la revue d'éthique. Elle est fiancée avec Jamie, et ils sont les parents du petit Charlie, qui est encore à l'âge de la poussette. On lui demande d'enquêter discrètement sur les candidats à un poste de direction d'un pensionnat car l'un d'eux, prétend une lettre anonyme, a un passé compromettant. Par hasard, elle découvre que son cher Jamie a lui aussi un petit secret.
C'est tout.
Le lecteur suit Isabelle dans sa vie quotidienne, visite avec elle les lieux où elle se rend, et apprend les petits détails passionnants de son existence, tel que ce qui compose le petit déjeuner de son fils et la couleur de sa voiture. Et surtout, le lecteur découvre les nombreuses questions que se pose la jeune femme à longueur de journée, et l'accompagne dans les méandres de ses réflexions : Pourquoi Charlie lance-t-il un petit train en bois contre une porte, comment le facteur résiste-il à la tentation de tout savoir sur la vie des gens, le bien est-il immanent, pourquoi sa nièce Cat a-t-elle eu une relation avec un homme comme Bruno…
Toutes ces méditations sont toujours en rapport avec l'éthique et avec les défauts de l'âme humaine, les petits travers, charmants, de nos semblables, car nous sommes comme eux, ne l'oublions pas. Il se dégage de ces considérations une ambiance très british (du moins telle qu'on l'imagine dans l'hexagone) et des points de vue intéressants sur nous-mêmes. Nous sommes imparfaits, certes, mais dans l'ensemble nous essayons toujours de faire de notre mieux, et c'est le principal. Donc, on ne peut pas vraiment nous reprocher quoi que ce soit.
C'est bien, mais c'est parfois un peu long, surtout à la quatrième fois qu'Isabel nous entraîne dans des introspections sur le thème de la culpabilité. J'avoue que j'ai survolé certains paragraphes. (C'est grave, Isabel ?)
Alexander McCall Smith écrit très bien. Il sait parfaitement maintenir le rythme de son récit malgré les digressions, il maîtrise parfaitement l'art du dialogue et sait rendre ses personnages crédibles et attachants. Il ne lui reste plus qu'à trouver un sujet de roman, afin de sortir de la psychologique-fiction.
Pourtant, ce livre n'est pas ennuyeux. Il y a un fil conducteur qui, a défaut d'être passionnant, retient le lecteur avec suffisamment de fermeté pour qu'il ait envie de connaître le fin mot de cette histoire. C'est ce que j'ai fait, et en parvenant à la dernière page, j'ai enfin réalisé qu'il y a tout au long de ce roman cette chose si subtile mais si difficile à comprendre pour un frenchy : de l'humour britannique.