Le chiffre

Alain Tchungui

Le Chiffre a conquis, sans beaucoup d’esprit, le haut du pavé.

L’oiseau qui s’élance parmi ce silence se sait condamné.

On le suit des yeux comme un trait de feu sur l’horizon pâle.

Cet oiseau qui file fait honte à la ville et gêne le bal.

Car on danse,

Ici,

Autour des pubis et des téléphones.

On fait des affaires : c’est comme une guerre où les lingots sonnent.

Un coup de fusil vers l’oiseau qui fuit en appelle d’autres ;

Le bal se termine en mille champs de mines et prêches d’apôtre.

Lors, on fait la guerre : c’est comme une affaire où le clairon tonne.

Et le Chiffre compte quand il pleut des bombes sur le cri des hommes.

Voilà qu’un matin, un poète peint un oiseau qui vole.

Chacun s’émerveille.

Rien n’est plus pareil.

Renaît la Parole.

Le Chiffre, pas rosse, change de négoce et compte les mots.

Ça se vend aussi –et à très bon prix-, le chant d’un oiseau !


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