Antéchrist

Christian Epalle

Acte 1

Mes doigts s’agitent sur le clavier. La sueur me pique les yeux mais ceux-ci restent rivés à l’écran. Les verrous sautent un à un. Pourvu que je ne me fasse pas repérer, sinon… Sinon quoi ? Iraient-ils jusqu’à m’éliminer ? Je ne sais pas, tout dépend de ce que je vais découvrir…

Enfin ! La page Internet de la banque de données génétiques s’affiche. Un frisson me parcourt l’épiderme. C’est la première fois de ma vie que je m’évade du réseau interne ! Même si elle n’est que virtuelle, cette évasion me grise.

Je jette un œil à la porte de ma chambre. Tout semble calme. Trop calme peut-être… J’ai bien pris toutes les précautions pour rester discret, trafiquer la caméra de surveillance, subtiliser les codes d’accès à des surveillants, masquer l’adresse IP de mon terminal, mais je ne pensais pas que ce serait aussi facile.

Une copie de mon ADN, volée cinq minutes plus tôt dans un dossier confidentiel portant mon nom, glisse sur le formulaire du site. Je clique sur l’option « identification de l’ADN » et un sablier se met à s’égrener lentement…

Je prie pour ne pas me faire prendre. Mon cœur palpite à se rompre, l’émotion m’asphyxie. La vérité va tomber. Je vais bientôt savoir qui je suis, et qui sont mes parents !

Depuis que j’ai l’âge de me la poser, cette question a hanté mes nuits et je n’ai pas passé une journée sans tenter de découvrir le moindre indice.

Élevé dans un village expérimental, une sorte d’établissement de recherche à l’écart de la civilisation, au cœur de l’Amazonie, je n’ai jamais manqué de rien et ai toujours été traité avec la plus grande attention.

En tout cas, jusqu’à ces derniers mois…

Sous la protection d’une puissante organisation dont l’identité m’est encore obscure, on obéissait à tous mes caprices. Des cadeaux, des friandises, des jeux à foison. Le personnel était d’une gentillesse dévouée et leur bienveillance comblait à peu près mon manque d’affection. Tout le monde redoublait d’effort pour apaiser mes tourments. Enfin, si on oublie le principal…

Car dès que j’évoquais l’épineux sujet de ma parenté, les visages se fermaient, les regards fuyaient. Ce mutisme systématique et collectif m’effrayait au plus haut point. Que me cachait-on sur mon père et ma mère ? Étais-je un enfant normal ou un spécimen insolite qu’on tenait en cage ?

D’autant qu’on m’interdisait de sortir du village et qu’on traquait chacun de mes mouvements ! Pas une seconde ne s’écoulait sans qu’un membre du personnel ou une caméra ne me surveille. On me faisait subir chaque jour une multitude de tests, physiologiques, intellectuels, affublé de capteurs sur toutes les parties du corps. On m’auscultait continuellement, avec d’infinies précautions. Sans raison, j’étais en pleine forme ! Pourquoi cet acharnement et cette prudence autour de moi ? Comment ne pas avoir l’impression d’être une sorte de cobaye plutôt qu’un gamin ordinaire ?

Acte 2

Deux bonnes minutes se sont écoulées, l’esprit en ébullition et les nerfs à fleur de peau. Une nouvelle page s’affiche enfin à l’écran. En caractères flamboyants, je peux lire :

« ADN inconnu. Désirez-vous rechercher les origines probables ? »

Ce n’est évidemment pas la réponse que j’attendais, mais elle est riche d’enseignement : c’est la preuve que mon ADN n’est pas enregistré ! Et une sérieuse présomption que je sois l’objet d’une expérience clandestine.

Un clic sur oui et l’ordinateur repart dans ses réflexions.

Il y a six mois, alors que je venais d’avoir seize ans, je posai de nouveau la question cruciale. À ma grande surprise et contrairement aux autres fois, mes précepteurs ne restèrent pas muets :

– Écoute, Josué. Tout le personnel ici, la jeune femme qui t’a porté, la sage femme qui t’a mis au monde, la nourrice qui t’a allaité, la puéricultrice qui t’a langé, dorloté, les professeurs, les cuisiniers, les docteurs qui te suivent et te soignent avec rigueur, les animateurs qui jouent avec toi, ne t’accordent-ils pas leur dévouement, leur assistance, leur affection ? Ne sommes-nous pas, tous, un peu tes parents ?

Que répliquer ? Combien d’orphelins, ou même d’enfants normaux, pouvaient prétendre être ainsi choyés ? Je suis privilégié, sans aucun doute. Seulement, ces gens-là ne comblaient pas le vide que je ressentais au plus profond de mes gènes.

Finalement, loin de m’avoir convaincu, ce qu’ils avaient gagné, c’était d’avoir excité ma curiosité. En mentionnant une mère porteuse, ils ouvraient une brèche vertigineuse. En dévoilant une bribe des secrets de ma naissance, ils occultaient les circonstances de ma conception. Ils évoquaient ma famille adoptive, mais pas mes parents biologiques !

À peine tentai-je d’en apprendre davantage sur la provenance de l’œuf fécondé que le mutisme familier reprit son droit, m’abandonnant à mes angoissantes spéculations. Au moins, avant, j’avais l’intime espoir d’une ascendance normale. Ces révélations l’ont ébranlé. On me cachait de mes parents biologiques, à l’écart de la civilisation. Pourquoi ?

Ce jour-là, j’avais pris conscience qu’il serait inutile de les questionner à nouveau et que la vérité, il me faudrait la trouver tout seul, quitte à prendre certains risques. En restant sagement à écouter leurs instructions, je ne parviendrais jamais à aller fouiner au-delà des murs de ma prison. S’il fallait se dévoyer pour l’approcher, et bien soit, je le ferais !

Acte 3

L’écran du terminal me renvoie le reflet d’un visage fatigué et anxieux. Les pixels du sablier n’en finissent pas de couler… La recherche de mes ascendants est longue. Trop longue à mon goût. Plus je passe de temps hors du réseau interne, plus j’ai de chance de me faire repérer. Et si je me fais repérer… ça va faire mal. Je peux m’attendre au pire maintenant ! Déjà, la dernière fois, lorsqu’ils m’avaient choppé en train de forcer leurs accès informatiques, ils n’avaient pas été des plus tendres…

C’était la saison des pluies, propices pour mes recherches. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Les sorties étaient rares et je passais la plupart de mon temps à l’abri de la bibliothèque, à errer dans ses bases de données. Bien qu’elles soient sécurisées pour éviter toute indiscrétion et effraction, autant de l’extérieur que de l’intérieur, je finis par découvrir quelques failles. J’en retirai ainsi une précieuse piste d’investigation en accédant à des documents classés sensibles dans le dossier des expérimentations génétiques.

Or j’avais occulté le fait qu’on m’espionnait 24 heures sur 24. Je me fis attraper et, pour la première fois, la punition fut sévère et démesurée : menaces, privations, travail intensif, isolement, sans oublier brimades ou harcèlement psychologique… En tout cas, leur réaction attestait que j’avais mis le doigt sur un point névralgique.

Il me fallait faire preuve de prudence, de discrétion et surtout ne pas me précipiter. Afin d’apaiser leur méfiance, je me tins tranquille. En apparence uniquement. Par le zèle que j’affichais à exécuter leurs instructions, je dissimulais mon intérêt sur une discipline que je découvrais.

Je consacrais mes soirées et mes week-ends à compulser les encyclopédies poussiéreuses de la bibliothèque, les revues scientifiques écornées, les publications et essais divers. Ces ouvrages de papier m’offraient l’avantage d’une relative liberté, tout en me gardant de violer un quelconque accès. Mes précepteurs, s’ils ne contrôlaient plus vraiment le détail de mes lectures, ne pouvaient en revanche rien me reprocher.

C’est ainsi que j’avais pu lire de vieux articles traitant de génie génétique et de clonage. D’où la première de mes hypothèses : pourquoi ne serais-je pas un clone ? Le premier clone humain malgré l’interdiction universelle ?

J’avais aussi feuilleté des bouquins de médecine génétique, des rapports sur la réintroduction d’espèces végétales et animales disparues depuis des millénaires… voire des tentatives pour restaurer les gènes de personnages historiques : l’homme de Cro-Magnon par exemple, mais aussi Cléopâtre, Napoléon, Einstein, et même Jésus !

Que de solutions s’offraient à moi ! Toutes plus effrayantes les unes que les autres !

Acte 4

J’entends des pas dans le couloir s’approcher de ma chambre. Aussitôt, mes mains s’arrêtent de tambouriner sur le clavier. Ce doit être un garde. Ses pas résonnent derrière la porte, ralentissent et finalement s’éloignent lentement. Ouf… Fausse alerte.

L’écran en face de moi reste muet. J’espère et, en même temps, redoute tellement sa réponse ! Que puis-je bien être, bon sang ? Les domaines de la génétique sont si vastes…

Ils ne tardèrent pas à réaliser que cette science m’intéressait plus que de raison :

– Josué, tu ne devrais pas t’intéresser autant à la génétique. Elle n’a aucun débouché passionnant, tu sais… Trop de contraintes, trop de lois… Tout est contrôlé par les gouvernements… Seuls des scientifiques assermentés peuvent réaliser leurs recherches dans ce domaine…

Leur réaction, une fois de plus, me confirmait qu’à défaut d’être le résultat d’une expérience biologique illégitime, j’avais touché un nouveau point sensible.

Pour écarter tout soupçon, je laissai tomber gentiment la génétique. J’en savais suffisamment de toute façon. Je reportai mon assiduité sur les mathématiques et l’informatique. Avec en tête la secrète intention de maîtriser les machines de l’établissement.

On me reprocha aussi de m’intéresser de trop près à l’informatique. On menaça de supprimer mon terminal. On m’orienta, plus ou moins de force, vers l’étude de disciplines moins risquées : la littérature, l’Histoire et la philosophie…

Ces épisodes successifs et précipités auguraient un changement d’ambiance. Une tension sourde commençait à envahir mon environnement.

Perdaient-ils le contrôle de leur expérience ? Malgré l’amusement de voir tout ce monde-là s’affoler à cause de moi, je pressentais qu’il ne me restait plus longtemps pour résoudre l’énigme. Plus j’avançais, plus ils paraissaient inquiets et distants, voire hostiles. Au point d’en être dangereux ?

Deux semaines me suffirent, le temps d’élaborer une stratégie infaillible. Et ce soir, j’avais attendu que le soleil disparaisse sous l’horizon avant de passer à l’offensive. Il y a de cela à peine une demi-heure…

Acte 5

Le calme règne dans la chambre. Pas un bruit. Le sablier vide de l’écran annonce l’imminence du résultat. J’appréhende ce qui va s’afficher. La pression est intenable. Je suis en apnée.

Il tombe, net et précis, et avec lui, mes illusions :

« Filiation inconnue, recoupement insoluble. Pas de solution approchée. Cause probable à 66,78 % : ADN non humain. »

– Non ! C’est impossible !

Je hurle, pour m’empêcher de pleurer. Ma rage et mon désespoir tonnent dans la cellule. Comment peut-on ne pas avoir de lien de parenté ? Comment puis-je ne pas être humain ? Une douleur déchirante, des certitudes qui s’écroulent…

Je suis anéanti, pourtant je dois recouvrer mon sang-froid. Surtout ne pas attirer les vigiles. Avec un peu de chance, ils prendront ma furie pour une crise de nerf passagère…

Mais que me reste-il comme pistes pour comprendre ce que je suis ? Y a-t-il au moins une solution ?

Reprenant mes esprits, je me jure d’éclaircir le mystère, quitte à jouer les kamikazes. Et tant pis si je me plante, je ne pourrai pas m’en vouloir de ne pas avoir tout essayé.

Dans l’urgence, une seule issue : retourner sur le site de l’établissement, craquer le mot de passe du directeur et parcourir ses dossiers confidentiels. Je sais que les alarmes vont se déclencher. Mais à deux doigts de la vérité, je suis prêt à miser gros pour savoir. Je dois faire vite…

C’est en ouvrant et épluchant minutieusement un fichier au titre évocateur, L’Incarnation, code Josué, que j’ai appris la vérité.

Acte 6

Je sursaute. Le loquet vient de tourner violemment.

– Josué ! Ouvre-nous ! Tout de suite !

Encore sous le coup de ces révélations invraisemblables, je ne bouge pas, interdit. Je me sens piégé.

– Allez, ouvre ! Ou on défonce la porte !

Une poussée soudaine d’adrénaline libère ma rancœur, à m’en écorcher la gorge :

– Je m’en fous ! Faites de moi ce que vous voulez ! À présent, je sais !

Un silence, une hésitation ? Puis une seconde voix s’élève :

– Vous ! Restez là, il ne faut pas qu’il s’échappe.

Après ces paroles sans équivoque, un calme relatif revient. Court moment de répit certainement. Le temps pour moi de récupérer un minimum de discernement.

Ce que je viens d’apprendre est si déroutant, dérangeant, insupportable ! J’ai compris pourquoi le décodage de mon ADN sur le réseau avait échoué, comment il est possible de n’avoir aucun parent biologique. L’explication est à la fois si limpide et ahurissante. Non, je ne suis ni un clone ni le résultat d’une quelconque modification génétique. Que suis-je au juste ? Comment peut-on appeler cela ?

C’est tellement incroyable ! Tellement impossible !

Enfin si, c’est possible… Ils l’ont fait. J’en suis la preuve !

Qu’allaient-ils me réserver, maintenant que je savais ?

Les pires scénarios se bousculent dans ma tête. Aucun ne me satisfait vraiment, mais une chose est certaine, je suis en danger ! Cédant à la panique, j’attrape un tabouret et le lance en direction de la fenêtre pour en faire exploser les carreaux. Avec une chaise bien coincée contre la porte pour assurer mes arrières, je grimpe vers l’issue de fortune…

– Hé ! Qu’est-ce que tu fous ? Ouvre ! lance un garde affolé par le vacarme.

Je ne lui prête aucune attention. Qu’il aille au diable !

Acte 7

Dire que j’ai couru plus de dix ans après mes géniteurs ! Pourtant, maintenant que je la connais, la vérité me pèse. Je ne supporte pas l’idée d’être le fruit de la folie humaine…

Me voilà sur le rebord de la fenêtre, face à la forêt tropicale. Je n’ai qu’un pas à faire pour m’évader et fuir ce lourd fardeau que l’humanité veut me léguer. Un bond de trois mètres et je serai libre. De l’autre côté du mur d’enceinte, la jungle va m’accueillir. Je n’ai pas peur. Je suis assez débrouillard pour espérer survivre là-bas. Je sais que c’est risqué. Mais rester ici, c’est pire.

Malgré la pénombre, la seule option viable reste l’évasion, j’en ai le sentiment… mais un sentiment de plus en plus diffus… Car mes pensées s’embrouillent. L’autre fou et ses cris derrière la porte m’empêchent de me concentrer.

Les derniers événements défilent et se bousculent sous mon crâne à une vitesse impressionnante. J’essaye de comprendre… Comment les hommes ont-ils pu en arriver là ?

Dans l’Antiquité, ils croyaient aux dieux. Ensuite ils se convertirent aux religions monothéistes et enfin se mirent à douter. Certains ont même pensé qu’ils pouvaient se passer de Dieu ou pire, l’égaler ! C’est pourtant ce qu’ils ont fait. En créant la vie à partir du néant…

Oui, du néant ! Je l’ai lu ! En parcourant leurs dossiers !

Dans les sous-sols les plus profonds de l’établissement, ils auraient réussi, à l’aide de champs magnétiques hyperpuissants, à extraire du vide des grains de matière. Des quantités astronomiques de protons, d’électrons et de neutrons ! Ils les auraient combinés pour composer des atomes de carbone, d’oxygène, d’hydrogène ou d’azote. Ils auraient ensuite empilé ces particules, comme on empile de simples legos, afin de construire des molécules de plus en plus complexes, jusqu’à obtenir des acides aminés et même des chaînes d’acide désoxyribonucléique. Ils auraient ainsi produit ce qu’il faut de matière organique pour constituer un ovule et un spermatozoïde.

La suite, je la connais par cœur : ils ont opéré une fécondation in vitro avec ces deux gamètes et implanté l’œuf dans l’utérus d’une mère porteuse vierge… Et je suis né !

Ils sont fous ! Et moi, déterminé ! Ils sont allés trop loin et je veux saboter leur complot dément. C’est la seule façon d’en finir. Dans la forêt, ils ne me retrouveront jamais. Jamais !

Acte 8

– Josué, ne déconne pas ! Laisse-nous entrer !

Josué ? Même mon prénom n’est pas un hasard. Josué est le nom hébreu de Jésus. D’après la Bible, Dieu a fait naître Jésus de la vierge Marie pour sauver les hommes. Moi, les hommes m’ont fait naître d’une mère porteuse vierge pour évincer Dieu… Que puis-je en conclure ? Que ce n’est pas Josué qu’ils auraient dû baptiser leur projet, mais Antéchrist ! Le fils de Dieu était le Christ. Moi, le fils de l’humanité, je suis l’Antéchrist !

Je ne peux accepter cette vérité.

– Ouvre ! On ne te fera pas de mal !

Ils bluffent, j’en suis sûr, mais je suis sonné. C’en est trop ! Je refuse de porter la responsabilité d’une expérience aussi odieuse. Je veux être un être humain ! Un simple humain…

Mais assez perdu de temps, la porte va céder.

Je saute !

Dans ma chute, j’attrape in extremis la barricade et, sous la violence du choc, m’érafle profondément les bras et la poitrine. Ma chemise, en lambeaux, est souillée de sang. Je hurle de douleur, à deux doigts de tout lâcher.

Des cris se rapprochent tandis que de puissants projecteurs m’éblouissent. Ils courent vers moi. Je dois faire vite, franchir ce dernier obstacle et je serai libre. Reprenant courage, dans un effort surhumain, je grimpe et passe la jambe de l’autre côté.

– Josué ! Arrête ! Ne nous oblige pas…

À peine ai-je passé la seconde jambe qu’une déflagration retentit et fige le déroulement du temps… Ralenti… Je suis dans le vide, à quatre mètres du sol et une douleur fulgurante se diffuse le long de ma colonne vertébrale. Mon corps gémit mais ne répond plus. Il s’écrase sur la terre battue, dans un concert de craquements sinistres, tel un pantin désarticulé…

Quelle horreur ! Le projectile m’a traversé ! Et j’ai mal… atrocement mal… Une flaque chaude et visqueuse commence à se former sous mon ventre. C’est pas possible, je vais crever, comme du vulgaire gibier !

Mais le pire n’est pas là. En cet instant ultime, au-delà de subir l’enfer, je réalise que mon échec est total. Je meurs… et ma mort n’aura même pas servi à saboter leur plan diabolique.

Car s’ils ont eu la capacité de me créer à partir du néant, ils ont, sans aucun doute, la capacité de me ressusciter…


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