À venir… événement !

Qui ne connaît, au moins de réputation, le célébrissime roman La horde du contrevent, d’Alain Damasio ? En ce qui me concerne, c’est l’un des livres les plus importants que j’ai lus, un des dix ou douze (sur des milliers) qui ont eu un réel impact sur mon existence. Il est paru en 2004 et depuis, presque rien. Juste quelques nouvelles pour nous rappeler quel extraordinaire tisseur de phrases est cet immense auteur. Un génial créateur de néologismes, tricoteur d’expressions, jongleur de mots qui oblige même parfois la typographie à se plier à sa volonté et aux nécessités de son texte.

J’avais lu une interview de ce grand maître, dans laquelle il avouait être en train de travailler sur un futur roman, qu’il en avait encore pour des années, et que ce serait « son Everest ». Rien que ça !

Eh bien, la bonne nouvelle, c’est qu’il arrive, ce fameux bouquin attendu comme le messie ! Son titre est Les furtifs et sa parution, aux Éditions de La Volte, est prévue pour le 18 avril prochain. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous dirai qu’il s’agit d’un récit de SF tout à fait d’actualité, puisque l’histoire se déroule dans un monde où tout est privatisé, même les villes et le droit à se déplacer. Alain Damasio, auteur humaniste engagé, ne trahit donc pas les convictions qu’il a déjà affirmées par ailleurs. Car s’il donne peu d’entretiens, il n’hésite pas à prendre des positions claires en ce qui concerne les problèmes sociaux de notre époque, notamment les injustices.

Comme La horde autrefois, ce livre sera proposé avec un CD de musique originale.

Les Furtifs se déroule dans un futur proche, une vingtaine, une trentaine d’années, pas beaucoup plus. Nous sommes entrés de plain-pied dans la société de la traçabilité maximale : la France que nous connaissons est un pays transformé, dont les villes ont été privatisées. Le groupe télécom Orange s’est ainsi offert la ville du même nom, tandis que Paris appartient à LVMH.

Dans l’angle mort…

Au menu, Big Data et contrôle absolu : bienvenue dans le pays de l’accessibilité, où les riches disposent de droits spécifiques pour arpenter rues, squares et quartiers, quand les pauvres, eux, sont privés de circulation…

Dans cette société quadrillée poussée à son extrême se retrouvent les Furtifs. « Votre angle mort est leur lieu de vie », dit-on. Leur existence est d’ailleurs remise en cause : sont-ils des humains, des animaux — ou même des êtres vivants ? ? Ils semblent capables d’absorber la matière, mais, si l’on parvient à les voir, ils se pétrifient et meurent…

Bien entendu, un tel potentiel ne saurait rester inexploité pour l’homme et l’armée traque ces créatures, ayant formé des équipes de chasseurs avec des spécialités propres. Les liens s’opèrent définitivement entre les thèmes damasiens par excellence et les œuvres passées.

Dans ce groupe, il y a un héros, dont la fille a disparu : a‑t-elle été enlevée par les Furtifs ? ?

15K Éditions

J’ai découvert il y a peu les Éditions 15K.

Plusieurs particularités pour cette maison très nouvelle. Tout d’abord, elle se spécialise dans les textes courts. C’est assez rare pour être souligné. Ensuite, elle ne fait pas dans le livre papier. C’est moins rare, mais il faut tout de même le signaler. Chaque œuvre est proposée en format numérique : PDF, epub, mobi ou… mp3.

Vous avez bien lu, tous les textes sont également disponibles en version audio, ce qui est à ma connaissance unique.

J’ai eu l’occasion de tester et de découvrir, en audio évidemment, la nouvelle L’échange, de Dany Grard, qui est offerte à toute inscription sur le site. Je suis habitué à « lire » presque quotidiennement des livres audio, je suis donc bien placé pour me rendre compte que la diction est vraiment correcte, d’ailleurs tous les speakers de 15K sont des comédiens professionnels. Il y a plusieurs « donneurs de voix » chez 15K, je ne les ai évidemment pas tous testés, mais à l’évidence, les gens qui ont lancé ce petit éditeur original ne manquent pas de convictions, ni de projets.

À suivre de près, donc.

Nouvelle traduction pour Le retour du Roi

retourroiÇa y est, il est là ! Je vous en parle depuis deux ans ; mais cette fois, la date fatidique est arrivée, la série est au complet, on peut se lancer.

Le retour du Roi, troisième tome du Seigneur des anneaux, nouvelle traduction de Daniel Lauzon.

Débranchez le téléphone fixe, éteignez le mobile, faites-vous porter pâle, achetez de quoi vous nourrir pendant quelques jours sans devoir vous interrompre pour aller faire des courses, et prenez un billet pour la Terre du Milieu.

Bon voyage…

Nouvelle traduction pour Les deux tours

Je vous en parlais il y a juste un an : Le chef-d’œvre de Tolkien, Le seigneur de anneaux, fait l’objet d’une nouvelle traduction, effectuée par Daniel Lauzon.

Le premier tome, La fraternité de l’anneau, est paru en 2014.

2ToursLe deuxième, Les deux tours, est annoncé pour le 22 octobre prochain, aux éditions Christian Bourgois !

Je suppose que le troisième et dernier tome paraîtra en octobre 2016. Je me suis promis de patienter jusque là pour le relire et découvrir d’un seul coup l’ensemble de cette nouvelle mouture. Ça va être long ! 😯

Contes de la cafetière

Je vous avais promis un recueil présentant une sélection de mes minifictions, le voici. Je l’ai publié chez TheBookEditions, comme mes précédentes parutions à compte d’auteur. (Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la page de ce livre.)

J’en profite pour remercier encore une fois tout ceux qui m’ont encouragé.

ContesCafetière
Il y a dans ce recueil la confession d’une petite fille, une hypothèse sur la disparition des dinosaures, le sourire d’une victime de l’apartheid, des vieux qui refusent de mourir, un autre qui n’a pas le choix, un autre encore qui râle, l’élection d’un pape, une boule de cristal dans un commissariat, une droite qui coupe un cercle, un corbeau qui veut se débarrasser d’un renard, une visseuse sans fil, un frigo qui se ferme, une porte qui s’ouvre, une hache de guerre, un minuteur qui décompte, un cosmonaute dans l’espace, une jolie fille, un gars qui parle trop, un mort qui vient se faire enterrer, un vivant qui enterre sa vie de garçon, l’inventeur de la roue, un train à ne pas louper, un curé dans un (autre) train, un œuf bleu, une canne blanche, une salade verte, un gosse capricieux, des remplaçants, des remplacés, un conducteur sur une autoroute, un gâteau d’anniversaire…

Dopé par des litres de café auxquels le titre rend hommage, j’ai écrit 100 « minifictions » en 100 semaines. En voici 26, une par lettre de l’alphabet.

Nouvelle traduction pour Le seigneur des anneaux

tolkien_seigneur_anneaux_T1_V3.inddLa précédente datait de 1972, mais l’œuvre de Tolkien ayant depuis cette époque connu un énorme succès, il n’était plus possible de laisser les choses en l’état. Déjà, en 2012, Le Hobbit avait fait l’objet d’une refonte complète effectuée par Daniel Lauzon. C’est ce même traducteur qui s’est attelé à la tâche de revoir Le seigneur des anneaux, ce que les passionnés du maître des légendes apprécieront.

C’est surtout au niveau des noms propres, noms de lieux et de personnages, que le travail a été délicat, car Tolkien leur accordait une grande importance. Ces appellations ont un sens, qu’il convenait de transcrire correctement dans notre langue. C’est dans ce domaine que les anciens auront des surprises, voire des déceptions, certains changements étant assez perturbants.

Le premier tome, rebaptisé La fraternité de l’anneau, vient de paraître aux éditions Christian Bourgois, les deux autres suivront dans les mois à venir. Si l’impatience vous ronge, vous pourrez découvrir quelques extraits sur le site Tolkiendrim.

Et pour en savoir un peu plus sur la manière avec laquelle le traducteur a abordé sa tâche, lisez son interview, sur le site Elbakin.

Il ne reste plus qu’à espérer que Le Silmarilion, œuvre moins connue, mais extrêmement importante dans l’univers créé par Tolkien, fera à son tour l’objet d’une nouvelle adaptation.

Pour comprendre l’œuvre de Tolkien, il faut savoir qu’il était philologue, c’est-à-dire qu’il étudiait le rapport entre une langue et l’Histoire des peuples qui la parlent. C’était vraiment un passionné des langues, surtout les mortes. Il ne se contentait pas du grec et du latin, mais il connaissait à fond le gaélique, le finnois, etc. Au point qu’il s’est mis à inventer des langues, dès l’âge de 15 ou 16 ans. Inventer une langue n’est pas seulement décider que “table” se dit “tagada”, “oreille” se dit “tchoutchou”, etc. Il faut une cohérence, une logique, une grammaire, une conjugaison, une bonne raison de choisir la marque du pluriel et du genre, etc. Il en a inventé plusieurs. Différents dialectes d’elfes, de nains, des langues anciennes même pour les elfes, et tout un tas de choses folles de ce style.

Il était bien placé, par profession, pour savoir qu’une langue vient d’une Histoire. Alors, après avoir inventé les langues, il a inventé les Histoires qui allaient avec. Tout un monde est apparu sous sa plume, fait de grandes épopées, Tolkien étant tombé tout petit dans les grandes sagas de la culture nordique. Il a alors donné naissance à des peuples entiers, qui ont migré, qui en ont croisé d’autres, avec qui ils ont connu des alliances et des conflits, et il y a eu des héros, des lâches, des traîtres, des rois et des femmes d’influence…

Tolkien savait donc que les noms propres sont lourds de sens. Dans nos cultures latines, ce n’est pas flagrant. Mais dans les langues anglo-saxonnes, c’est bien plus évident. En racontant ses histoires, il donnait des noms à ses personnages. Il les appelait par exemple (dans la langue inventée) “Terrasseur de dragon”. Puis il se demandait pourquoi ce gars s’appelait comme ça, et il se mettait à écrire l’histoire qui lui avait valu son nom, au cours de laquelle il terrassait un dragon. Mais ce faisant, d’autres personnages étaient créés, qui portaient des noms pleins de  sens… et ça recommençait !

En plus de ça, il était terriblement perfectionniste. Quand un mot ne sonnait pas bien dans une phrase, il récrivait la phrase. Mais ça déséquilibrait le paragraphe, qu’il récrivait aussi. Ce qui n’allait plus avec le chapitre, qu’il fallait refaire ! C’est ainsi que dans ses brouillons du Silmarilion, il y a pour certains chapitres 15 ou 20 versions différentes !

Après le décès de Tolkien père, son fils Christopher a été chargé de remettre tout ça à plat pour en tirer quelque chose. Ç’a a été très difficile avec toutes ces versions, surtout que Tolkien écrivait beaucoup au crayon à papier, qui s’efface vite. Il a donc travaillé à partir de photocopies de milliers de pages, mais sur ces photocopies, les “couches” de corrections (la chronologie) se voyaient moins que sur les originaux. Tout ceci explique les approximations de certaines œuvres, même en version originale. Avec les traductions, c’est pire, bien sûr. On parle beaucoup, avec cette nouvelle traduction, du problème posé par les noms propres. Ils sont très importants chez Tolkien pour les raisons ci-dessus. Imaginez le casse-tête pour un traducteur tatillon. Dans les années 70, ses livres ont été traduits rapidement. Mais avec l’importance que l’œuvre a prise, les approximations ne sont plus acceptables. Sauf que pour les anciens lecteurs, se dire que Frodon Saquet s’appelle désormais Bessac… c’est pas évident !

Je crois que pour Tolkien, l’écriture de romans était secondaire. Sa passion, c’était la création de mondes qui allaient avec ses langues. Pour cela, il fallait en passer par l’écriture. Mais il ne laissait rien au hasard. Dans Le seigneur des anneaux, les personnages se séparent. Si pour les uns, au douzième jour du voyage, la Lune est pleine, elle est au second quartier une semaine plus tard pour d’autres personnages. À ma connaissance, aucune faille de ce genre n’a été recensée. Dans un autre livre, quand il était jeune, il a décrit le voyage d’un personnage. À un moment, il est perdu et demande son chemin à deux elfes rencontrés. Des années plus tard, il a écrit l’histoire de ces deux elfes, et il n’a pas oublié de leur faire croiser la route de l’autre, qui est égaré.

Audio-Saut

Connaissez-vous les lectures audios ? Il existe plusieurs sites sur lesquels des nouvelles ou des romans entiers lus à voix haute peuvent être écoutés ou téléchargés, afin que les aveugles et les mal voyants puissent en profiter.

Notez qu’il est également possible “d’audiolire” même sans déficience visuelle, par exemple en voiture, pendant que vous préparez à manger, dans les transports en commun, etc.

L’un de ces sites, de mes yeux à vos oreilles, vient de choisir mon texte Le saut en longueur pour figurer à son catalogue.

Je vous invite à aller l’écouter, mais aussi à découvrir l’ensemble de ce site très intéressant et réalisé de manière entièrement bénévole par Martine Bressan, qui prête aussi sa voix. Bien sûr, s’il y a dans votre entourage des personnes handicapées ne pouvant lire par elles-mêmes, partagez cette adresse avec eux.

Dictionnaire Tolkien

Cela faisait quatre années qu’il était en gestation. Il a été annoncé il y a plusieurs mois, tout d’abord prévu pour septembre 2012, puis octobre, exactement le 11… il est arrivé : le Dictionnaire Tolkien, aux éditions du CNRS, car cet ouvrage est le fruit de longues recherches.

J’ai couru acheter mon exemplaire, il est là, à côté de moi sur la table. Je l’ouvre au hasard : page 251, un article sur la ville de Gondolin. Ailleurs, page 528, Saruman. Page 181, les Ents. Presque 700 pages, 340 articles et une quantité impressionnante de contributeurs. Ils ont travaillé sous la direction de Vincent Ferré, agrégé de lettres modernes et professeur de Littérature comparée à l’université Paris Est Créteil. Depuis une quinzaine d’années, il est le grand spécialiste français de l’œuvre du seigneur des légendes.

Bien sûr, il est surtout question de l’immense cosmogonie imaginée et créée par Tolkien, avec sa géographie, son Histoire, ses légendes, son économie, ses langues, etc. Mais sont également abordés des sujets qui concernent le Maître lui-même, et d’autres plus abstraits comme le libre-arbitre, la modernité, la mort, la guerre et d’autres.

Je ne peux en dire davantage avant de m’être moi-même plongé dans cet ouvrage que j’attendais avec impatience depuis longtemps. Mais quel plaisir de pouvoir enfin le toucher, de deviner en l’effeuillant les merveilles qu’il contient et à la rencontre desquelles je vais aller !

Vincent Ferré s’occupe également d’un site entièrement consacré à l’œuvre de Tolkien : Pour Tolkien.

La légende de Tarzan

Bon anniversaire, monsieur Tarzan !

Est-il nécessaire de présenter un des plus célèbres personnages de la littérature d’aventure ? Tarzan boucle cette année 100 bougies et pour célébrer l’événement, les éditions Omnibus vienne de sortir un recueil de 1184 pages reprenant les cinq premiers romans de l’homme-singe :

  • Tarzan, seigneur de la jungle
  • Le Retour de Tarzan
  • Tarzan et ses fauves
  • Le Fils de Tarzan
  • Tarzan et les joyaux d’Opar

Et quelques bonus en prime. Une bonne occasion de (re)découvrir le plus méconnu des personnages les plus connus, car en réalité bien peu de gens ont lu l’œuvre originale d’Edgar Rice Burroughs. Il faut avouer que la plupart des tirages sont épuisés depuis longtemps, aussi cette réédition en est d’autant plus appréciable.

Alors, pour les nostalgiques, pour les fans, pour les jeunes en quête d’aventures à rebondissements et pour ceux qui aime lire juste pour le plaisir… ne laissez pas passer ce livre.