Le déchronologue

Voilà un bouquin pas facile à aborder, mais c’est voulu par l’auteur.

Le capitaine Henri Villon est un flibustier qui vit au XVIIe siècle. S’agit-il d’une classique histoire de pirates, truffée d’aventures, d’abordages et de hauts faits maritimes ? Oui, mais pas classique. Car le monde dans lequel évoluent tous ces personnages subit de nombreuses distorsions temporelles. Des visiteurs d’autres époques s’y retrouvent, et l’écoulement du temps est loin d’être linéaire.

C’est là que ça se complique pour le lecteur, car pour mieux reproduire ces caprices temporels, Stéphane Beauverger nous livre les chapitres dans un désordre apparent du plus bel effet, mais qui ne facilitent pas les choses pour celui qui ne demande qu’à se plonger dans ce roman, par ailleurs très bien écrit. Ces chapitres sont donc mélangés, mais l’évolution de l’histoire est savamment étudiée de manière à livrer les informations nécessaires dans l’ordre de la lecture et non celui de l’histoire. Et si, parfois, on nous présente les effets avant la cause, et la cause avant les explications, c’est pour installer une tension qui est loin d’être déplaisante, au contraire. Tout au long du bouquin, je me suis posé bien des questions, qui ont toutes trouvé réponses de belle manière dans les derniers chapitres. Toutefois, les nombreux rebondissements et les multiples péripéties ne sont pas très faciles à suivre, d’autant plus qu’il y a une quantité respectable de personnages. À plusieurs reprises, je me suis à senti un peu perdu en début de chapitre, mais je n’ai jamais perdu le fil du roman.

Dans un tel contexte science-fictionesque, évidemment, l’histoire déborde largement le thème de la piraterie, même s’il est au centre de chaque intrigue. Le capitaine Villon fait essentiellement commerce de “merveilles”, ces appareils venus des époques futures et dont la technologie semble miraculeuse. Mais une mission lui est confiée, et son navire équipé d’une arme particulière, des canons qui crachent… du temps ! Des minutes et des secondes qui viennent perturber l’écoulement du temps de l’ennemi, causant sa perte rapide et inéluctable.

Roman d’un abord délicat, mais de facture remarquable, et à la chute stupéfiante ! La preuve : en 2009, ce roman a obtenu le Prix Européen des Pays de la Loire et le Prix du Lundi. En 2010, il a eu le Prix Bob Morane et le Grand Prix de l’Imaginaire. Je ne suis pas un inconditionnel des prix littéraires, mais quand même, c’est pas mal !


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Mysouris, le 11/01/2012

Celui ci m’attend sagement dans mon étagère depuis un moment. Un jour je l’ouvrirai à mon tour. Je l’avais acheté à cause du prix de l’imaginaire, puisque la horde du contrevent l’a aussi reçu et que j’avais apprécié le livre, je me suis dit que peut être ce prix là me donnerait de bonnes lectures en perspective.

Je reviendrai sûrement, si j’y pense, quand je l’aurai lu.