La ferme du bout du monde

Le style est poétique, le rythme lent. Je ne connaissais pas cette auteure, je lirai d’autres œuvres de sa plume, c’est sûr.

L’histoire est passionnante, les personnages attachants, l’intrigue principale prenante, les intrigues secondaires ficelées avec soin, tout est fait avec délicatesse dans ce livre que j’ai beaucoup aimé.

Le récit fait des allers-retours entre l’époque de la Deuxième Guerre mondiale et l’année 2014, et se passe dans les Cornouailles, cette péninsule au sud-ouest de l’Angleterre, qui s’avance entre Atlantique et Manche. Là, les gens et la vie qu’ils mènent sont aussi rudes que le décor, fait de rocs et de vent.

En 2014, Lucy, stressée par son travail et trompée par son mari, va se réfugier pendant quelque temps dans la ferme de son enfance, auprès de sa mère, veuve depuis quelques années, et de sa grand-mère Maggie. L’exploitation, jadis florissante, traverse de grosses difficultés financières.

En 1939, deux adolescents, Will et Alice, sont placés pour échapper aux rigueurs de la guerre et aux bombardements des villes dans une ferme (au bout du monde), où ils font la connaissance de la jeune Maggie, fille du fermier. C’est là qu’ils grandissent et s’éveillent aux réalités de l’existence.

Lucy retrouve peu à peu le sens des vraies valeurs, et tente d’aider les siens à redresser les comptes de l’affaire familiale. Elle comprend bien des choses sur la mort de son père, sur le passé de sa mère, et découvre qu’un drame a eu lieu soixante-dix ans plus tôt. De quoi s’agit-il ? Qu’est-il arrivé à Maggie lorsqu’elle sortait tout juste de l’enfance ? Que sont devenus Will et Alice ?

À mesure que l’histoire progresse, le va-et-vient entre les époques révèle bien des indices, le lecteur devine assez rapidement les grandes lignes de la tragédie et voit arriver de loin certains rebondissements. Ceci n’enlève rien à la force de la narration, et même y contribue. Je ne peux en dire davantage ici, sinon que les péripéties font preuve d’une immense imagination de la part de Sarah Vaughan, surtout dans la construction et l’imbrication des divers éléments. Bien sûr, on ne doute pas que tout finira (assez) bien, que chacun trouvera ce qu’il cherche et que tous seront comblés, toutefois le suspense demeure jusqu’à la fin, et le plaisir avec lui.

Un petit régal à consommer de préférence dans les moments calmes.