Le rêve de Lucy

Tout le monde a entendu parler de Lucy. C’est le nom attribué à la petite hominidé dont le squelette a été découvert en Éthiopie en 1974. Elle a été pendant plusieurs années notre ancêtre connu le plus éloigné dans le passé, avant d’être supplantée par d’autres émouvants vestiges.

On ne peut que se réjouir en ouvrant ce livre, écrit en collaboration par le formidable conteur Pierre Pelot et le paléoanthropologue Yves Coppens, codécouvreur de Lucy. (Le tout agrémenté par des illustrations de Tanino Liberatore.)

Avec l’imagination romanesque de l’un et la rigueur scientifique de l’autre, ils ont tenté de donner une idée de ce qu’a pu être la vie de Lucy, ou plutôt de ce qu’ont pu être ses derniers jours. Ils ont aussi essayé de faire passer une reconstitution de la manière dont les Hominidés de cette très lointaine époque percevaient et comprenaient le monde qui les entouraient, à travers le regard supposé de Lucy. Enfin, il est également question de la coexistence probable entre les derniers Australopithèques (Lucy) et les premiers Hommes.

Malheureusement, la mayonnaise de prend pas. Trop de soin à ne pas dépasser les limites étroites qui étaient celles de la conscience de Lucy enferme également le lecteur dans un monde limité, où il a lui-même un peu de mal à trouver ses marques. Gageons que Lucy et ses contemporains n’étaient pas si inadaptés que ça à leur époque, puisque nous sommes là ! Une idylle à peine esquissée entre elle et l’un de ses successeurs dans l’évolution vient couronner le tout. La contrainte scientifique que les auteurs se sont imposée à eu raison de la dimension poétique, et ne nous livre qu’une poussive tentative qui ne satisfait ni le lecteur avide de connaissance, ni celui demandeur de rêve. Pauvre Lucy.