Quinze minutes

untitledVoilà un tout petit bouquin d’une centaine de pages, très original par bien des aspects.

L’idée de départ est inspirée par une réflexion attribuée à l’artiste Andy Warhol (en mars 1968) : Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale.

Johnny Net (c’est son pseudo professionnel) possède pas mal d’imagination, il a parfaitement compris le profit qu’il peut tirer du célèbre site de vidéos en ligne YouTube, et il est prêt à tout pour gagner de l’argent. Il propose d’inventer un concept personnalisé qui permet à tout un chacun, par l’intermédiaire d’un film à diffuser, d’acquérir de la notoriété, de la “visibilité”, comme on dit sur le net. Bien qu’un peu cynique, car il s’appuie sur les défauts et points faibles de ses chalands, l’affaire marche bien et les gens sont généralement satisfaits.

Mais un jour, un client pas comme les autres se présente dans le bureau de Johnny. Il s’agit de l’Intelligence. Quelque peu délaissée à notre époque qui met l’accent surtout sur le paraître et la facilité, elle voudrait retrouver ses lettres de noblesse. Johnny aborde cette commande avec la même désinvolture que d’habitude, mais elle n’est pas si simple à satisfaire.

L’histoire est un conte, qui reprend certaines naïvetés du genre. Mais il s’agit bien sûr d’un conte moderne, le thème et le langage le sont aussi, ainsi que le décor. Ici, il est question de virtuel, de vidéos, de diffusion par le cloud, etc. Mais quel régal, quelle cascade d’allégories, et quel humour ! Patrick Sénécal est canadien, ce qui ajoute, pour le lecteur français, la drôlerie des expressions et des tournures de phrases typiques. Il n’y manque que l’accent, mais avec un petit effort, on peut “l’entendre” en lisant.

J’ai passé un très bon moment.