La rose et le bourreau

Julienne est une toute jeune fille qui vit à Cancale, en Bretagne, au XVIIIe siècle. Son père, capitaine de navire, s’est remarié après un veuvage avec une femme qui déteste Julienne et la harcèle tant et tant que celle-ci décide de s’enfuir. Elle se déguise en homme, car il est très dangereux d’être une femme seule sur les routes, se fait appeler Henri, et part en direction de Paris…

Elle dort à la belle étoile, manque d’être violée par un aubergiste homosexuel (un comble !), est aidée par un jeune prêtre, s’engage dans l’armée. Là, elle est témoin d’exécutions, elle se retrouve embarquée dans une campagne militaire en Bohème, souffre du terrible froid, s’éprend de son capitaine, le beau Donatien, puis elle déserte, arrive à Marseille et rencontre le bourreau de la ville…

Les aventures de Julienne sont soumises à d’innombrables rebondissements. Sans cesse, elle subit les désagréments de sa condition de femme et les inconvénients de son déguisement d’homme. Dans un cas, elle est objet de convoitise (parfois même pour d’autres femmes !), dans l’autre elle doit faire preuve de fermeté et parfois d’indifférence.

Le vocabulaire est émaillé de termes tombés en désuétude, comme c’est souvent l’usage dans les romans historiques. Ainsi, le lecteur apprend ce que sont les parties vergogneuses. Toutefois, la plume de Patrick Pesnot est très agréable. Le rythme est soutenu, il n’y a pas de temps mort dans le récit. Parfois, entre la fin d’un chapitre et le début du suivant, nous faisons un saut de plusieurs mois ou quelques années, franchissant d’un bond les épisodes moins palpitants. L’héroïne est attachante, et même si certaines péripéties sont quelque peu tirées par les cheveux, le roman captive rapidement celui qui s’y plonge.

J’ai été un peu déçu par la chute, légèrement expédiée, qui laisse bien des questions sans réponses et ne fournit pas d’explications à certains événements. Cependant, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre le récit des tribulations de Julienne au siècle de Louis XV, fruit d’un très bon travail de documentation de la part de l’auteur. Il devrait combler les plus exigeants parmi les amateurs de romans d’aventures.