Chemin d’encre

CheminEncreRecueil un peu disparate, mêlant poésies et nouvelles, trempé dans le terroir et teinté d’autobiographie. Voilà de quoi il s’agit. D’une plume aussi légère que celle de l’illustration de couverture, Pascal Brielles nous raconte son enfance, la campagne qui l’a vu grandir et les gens qu’il a cotoyés.

La frontière est mince entre le vrai et l’imaginé. Si “la maison de chez Châtillon” est certainement réelle, que penser de personnages tels que Pierre ou Victorien ?

Qu’importe. Ce qui est évident, c’est la tendresse exprimée pour la nature, la simplicité de la vie rurale et la rudesse de ces gens.

La pureté de la nature n’exclut pas la tragédie, qui s’immisce parfois dans ces lieux où on ne s’attendrait pas à la voir. Et dans ces pages tantôt poétiques, tantôt narratives, l’auteur glisse son propre drame, sa propre douleur à fleur de phrase, tout droit sortie du passé qui continue à brûler. Il ne s’agit pas que d’écrit, mais sans doute aussi d’un peu de thérapie…

Camino

Encore un récit autobiographique d’un mec qui a fait un truc pas ordinaire ou qui se prend pour Nicolas Hublot ? Non. Pascal Brielles a “fait” le pèlerinage de St Jacques de Compostelle en 2002, chose qui peut sembler très banale et ne pas mériter davantage qu’un haussement de sourcil poli. Il l’a fait à pied, ce qui est un peu moins courant, soit environ 1200 km à l’aller et autant au retour, qu’il a également effectué à la force des mollets.

Ce qui est intéressant, c’est que Pascal a fait de cette aventure un voyage au fond de lui-même. Parcours initiatique, oui, mais surtout démarche de réconciliation avec son âme, avec un passé douloureux, à la recherche d’une paix intérieure qu’il communique aux autres et d’un Dieu auquel il croit profondément, sans jamais l’imposer à autrui ni se laisser écraser par Lui. Comment le fait de repousser ses limites physiques au-delà de ce qui est supportable permet-il, par cette souffrance, de descendre au plus profond de soi-même ?

Camino est la narration de cette expédition le long d’un chemin poussiéreux, et aussi d’un trajet vers son propre cœur. Rencontres d’un jour, amitiés durables, aléas de la route, souffrances physiques et morales pour aller au bout de ce qu’on a décidé, au bout d’une promesse. Le tout est raconté d’une façon prenante et vivante. Je me suis vite trouvé incapable d’arrêter ma lecture, et j’ai commencé à me poser les questions que ce livre soulève avec le regard perçant, tendre, et parfois amusé qu’il porte sur l’être humain. Plus encore qu’une démarche religieuse, le Camino de Pascal a été une quête mystique et humaniste.

Balance muette : l’un te rejette et l’autre t’accueille. Tu ne sais pas pourquoi mais, au fond, il y a toujours, ou presque, un humain pour en racheter un autre.

Et si vous croyez que ce genre de récit est forcément austère et rigide, vous changerez d’avis quand vous apprendrez qui est Spog…


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Ultreïa, le 15/05/2011

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