Leurs enfants après eux

Pourquoi ce livre a‑t-il obtenu le prix Goncourt 2018 ?

C’est vrai, il est très bien écrit. Les personnages sont très bien campés. Les situations sont décrites avec force détails, on s’y croirait, tout est observé avec minutie, puis reproduit et retranscrit avec précision. Il y a chaque fois un petit plus qui rend la scène réelle.

Cependant, il n’y a rien qui prend aux tripes, pas vraiment d’histoire, pas d’intrigue digne de ce nom, tout juste un fil conducteur, rien qui pousse à la réflexion, qui incite à en redemander. Une fois le bouquin terminé, j’ai été soulagé de pouvoir passer à un autre, car j’en avais franchement marre depuis un moment. J’ai tenu jusqu’au bout parce que j’attendais, j’espérais une chute spectaculaire, quelque chose qui me réveillerait, mais non, ça s’arrête, c’est tout. La trame pourrait être résumée en une page.

On suit, dans une petite ville lorraine, des jeunes dans leur passage de l’adolescence à l’âge adulte, à travers quatre étapes espacées de deux ans, en 1992, 94, 96 et 98, toujours en juillet. Il y a essentiellement Antony le fils d’ouvrier alcoolique, Hacine le fils d’immigré soumis et Stéphanie, la fille de bourgeois politicard. Il y a des rivalités, de la violence, du sexe, des joints, des cuites, des études, des espoirs, des échecs, etc.

Je le répète, tout est magnifiquement décrit par Nicolas Mathieu, je me suis retrouvé plongé dans ma propre jeunesse tant les sentiments éprouvés par ces personnages sont fidèlement et entièrement transmis au lecteur. Malheureusement c’est tout, ça ne mène nulle part, à plusieurs reprises je me suis terriblement ennuyé pendant de nombreuses pages.

Pourtant, outre le prix reçu, ce roman a plu à une majorité de lecteurs, si j’en crois les critiques, alors c’est peut-être moi qui suis passé à côté.