Comme un Robinson

CommeRobinsonVingt nouvelles, dont beaucoup sont teintées de SF, composées d’une plume alerte et légère. Nat Renard n’est pas une auteure professionnelle. Je suis bien placé pour savoir que ce statut offre un immense avantage, celui de pouvoir écrire ce qu’on veut sans devoir se plier aux consignes d’un éditeur. Alors, elle en profite, elle dépeint les choses et la vie comme elle les ressent, pour notre plus grand plaisir.

Dans la plupart de ces récits, le lecteur est directement plongé dans la scène décrite par les premiers mots qui sonnent comme la continuité de ce qui s’est passé auparavant. Il faut donc faire un petit effort pour s’accrocher durant les deux ou trois paragraphes nécessaires à la compréhension du thème, du décor et de l’intrigue. L’avantage de cet abord est qu’on s’identifie très vite aux personnages. Et comme les histoires sont courtes, la tension n’a pas le temps de se dissiper qu’on est déjà proche du dénouement.

Autre particularité de ce recueil, l’auteure, après chaque nouvelle, explique dans un bref après-propos le contexte dans lequel elle a été rédigée. En effet, la plupart sont issues d’exercices d’écriture avec contraintes, tel que cela se pratiquait beaucoup dans la communauté d’auteurs amateurs rassemblés sur le site Scryf, aujourd’hui hélas mis en sommeil. Ces contraintes pouvaient être le thème, l’emploi de certains mots, la première phrase imposée, etc. À l’inverse de ce que l’on pourrait penser, écrire sous contrainte n’est pas une limite à la créativité, au contraire, elle force l’auteur à aller plus loin, à puiser dans le meilleur de lui-même et cela donne en général d’excellents textes.

Dans ces notes, Nat se livre un peu. Juste un peu, car elle est très pudique, mais on devine un peu de son parcours, de sa soif d’indépendance, de ses convictions écolos, de l’importance qu’elle accorde au travail en collaboration. Non, l’écriture n’est pas un plaisir solitaire. Au contraire, sans l’entourage des auteurs (pourvoyeurs d’idées, relecteurs, correcteurs, lecteurs…) il n’y aurait pas autant de livres sur nos étagères.

Comme ce bouquin n’est pas édité par les réseaux habituels, je donne ici un lien vers le site de Nat Renard, par lequel vous pourrez commander si le cœur vous en dit.