Éléphant

Qu’un ivrogne s’éveille, bouche pâteuse et tête douloureuse, et qu’il voie un éléphant rose, voilà qui n’est guère surprenant. Toutefois, si cet animal est de surcroît luminescent, haut de vingt centimètres, parfaitement réel et bien vivant, avouez qu’il y a de quoi s’intéresser à la question.

Schoch est SDF. Il recueille le minuscule pachyderme et l’amène discrètement à la vétérinaire qui s’occupe des animaux des démunis qui vivent dans la rue, et en qui il a confiance.

Retour en arrière. Le docteur Roux, généticien sans scrupules, fait des expériences qui visent à créer un mini-éléphant rose, jouet de luxe que les plus riches offriront à leurs enfants et qui assurera sa fortune…

Le lecteur réalise rapidement qu’il s’agit d’une histoire de manipulation génétique, et que le principal sujet de ce livre est la critique de ces pratiques par un cas caricatural. Les personnages sont tout aussi marqués. Les gentils et les méchants se reconnaissent très vite, et on devine de suite dans quelle catégorie ranger, par exemple, le dresseur d’éléphants birman ou l’homme de main chinois.

Le message délivré par Martin Suter est clair : les manipulations génétiques faites n’importe comment et surtout faites dans le but de gagner du fric, c’est pas bien. Il n’y a pas de morale pesante, juste à la fin une expression de la justice en forme de happy end. Histoire sympa, humour, personnages bien campés… Ce n’est pas un roman exceptionnel, cependant j’en garderai un bon souvenir.