Le Messager

MessagerMagnifique bouquin, au sujet absolument inclassable !

Ed a dix-neuf ans. Il est chauffeur de taxi dans une petite ville, et il rate à peu près tout ce qu’il entreprend. Son père est mort alcoolique, il vit dans une sorte de cabane délabrée, son chien pue, sa mère le rejette, il est désespérément amoureux d’Audrey, qui refuse de voir en lui autre chose qu’un ami… Un jour, involontairement, il fait échouer un braquage de banque.

Alors, il reçoit un as de carreau sur lequel sont inscrites trois adresses. Trois messages à porter. Il est désormais le Messager, il a été choisi pour aider les autres. Bien sûr, il y a quatre as, qui vont bouleverser sa vie.

Derrière ce que fait Ed pour découvrir en quoi consistent les messages et pour les porter, il y a des questions lancinantes : qui envoie les as ? Pourquoi avoir choisi Ed ? Quel est le but de tout cela ? Et quel bénéfice Ed peut-il en attendre ?

Il y a de l’humour, du mystère, de la remise en question, et surtout, beaucoup d’humanité. Je me suis régalé en dévorant ce bouquin qui m’a immédiatement happé par le style unique et le rythme à la fois lent (le personnage d’Ed est plutôt indolent) et rapide (par la progression de l’histoire). Le lecteur accompagne Ed dans sa quête multiple qui l’oblige à se dépasser, et il cherche avec lui ce qu’il peut y avoir derrière ces messages pour, à la fin, réaliser qu’il est le destinataire du plus important d’entre eux.

Markus Zusak signe là un livre magnifique, d’une immense originalité et d’une grande sensibilité.

La voleuse de livres

VoleuseLivres

Janvier 1939. La petite Allemande Liesel Meminger, dix ans au début de l’histoire, vit avec sa famille adoptive dans les environs de Munich. Le roman nous montre combien la guerre a été également terrible outre-Rhin. La famine, les privations, les menaces, les bombardements…

Pour tromper sa peur, Liesel lit. Bien sûr, elle n’a pas les moyens d’acheter des livres, alors, de temps en temps, elle en dérobe un. À mesure que passent les années de guerre, elle grandit, apprend la vie, la survie, l’amitié, et les vraies valeurs humaines. Une relation très chaleureuse se développe entre elle et Max, le Juif que ses parents cachent dans le sous-sol.

Les juifs… conduits à Dachau, ils traversent le village :

Lorsque les prisonniers arrivèrent, le bruit de leurs pas palpita sur le revêtement de la chaussée. Dans leurs crânes affamés, leurs yeux étaient immenses. Et la crasse. Ils étaient dans une gangue de crasse. Les mains des soldats les poussaient et ils titubaient en une brève accélération forcée avant de reprendre lentement leur marche sous-alimentée. (…)

Ils avaient des étoiles de David plaquées sur leur chemise et le malheur était attaché à eux comme s’il leur était attribué. « N’oubliez pas votre malheur… » Parfois, il s’enroulait autour d’eux comme une plante grimpante.

Le narrateur, c’est la Mort, omniprésente. La plupart du temps, elle raconte normalement, comme n’importe quelle “voix off”. Mais de temps en temps, elle emploie la première personne, en général pour dire son désarroi et sa désapprobation devant tant de souffrance. Parfois aussi, elle s’exprime par de brefs encarts apportant une précision, et là, le ton peut faire sourire. Car malgré tout, l’humour n’est pas absent de ces pages, perdu au milieu des drames.

Markus Zusak nous propose un livre magnifique, tendre, plein d’espoir, qui mettra les larmes aux yeux de n’importe quel lecteur, et qui a reçu le prix Millepages Jeunesse.

Message personnel : Un immense merci à Céline, qui m’a conseillé ce bouquin si émouvant.