Le ciel de la chapelle Sixtine

CielChapelleSixtineEn 1508, le jeune Aurelio quitte sa campagne et sa ferme natale pour se rendre à Rome. Il veut devenir sculpteur, et entrer en apprentissage auprès d’il gigante, le grand génie de cette époque : Michel-Ange. Le maître le prend en effet à son service. Il faut dire qu’Aurelio est plutôt beau garçon et que le maestro apprécie les beaux garçons.

Toutefois, Michel-Ange ne fait pas de sculpture en ce moment. Le pape Jules II, conseillé par des rivaux du maître qui espèrent un échec, vient de lui confier un travail qui n’est pas du tout de son domaine : peindre le plafond de la chapelle Sixtine.

Leon Morell entraîne le lecteur dans un tourbillon. D’une part, le projet de cette fresque gigantesque, qui sera le chef‑d’œuvre de Michel-Ange, celui qui le fera passer à la postérité. Là, on découvre les techniques de l’époque pour créer les couleurs, pour reporter un dessin sur un support de ces dimensions, pour corriger la perspective d’un plafond arrondi… D’autre part, il y a les intrigues. Le peintre Raphaël et l’architecte Bramante (celui qui a réalisé la basilique Saint-Pierre) veulent la perte de Michel-Ange. Et il y a les femmes. L’attirante Margherita, venue à Rome avec Aurelio pour y faire fortune comme courtisane, et la plus belle de toutes, la plus mystérieuse aussi, celle qu’on surnomme Aphrodite, qui ne sort que voilée et qui est la maîtresse de Jules II. Il fait crever les yeux à quiconque porte son regard sur elle !

La personnalité si particulière de Michel-Ange plane au-dessus de tout cela. Cet homme si laid, taciturne, à la sexualité trouble et refoulée, ne vit que pour et par son art. Il est le seul qui n’hésite pas à s’opposer au pape lui-même, réalisant en cachette sur ce fameux plafond une fresque qui n’est pas du tout ce que Jules lui avait commandé. Le maestro fait découvrir à Aurelio les beautés du monde et l’amour qu’il leur porte. Il montre à son jeune apprenti comment, en art, tout doit venir du cœur, car sans passion, on ne dépasse pas le stade de la technique.

Les rebondissements ne manquent pas dans ce roman très prenant. Le danger peut surgir n’importe quand et de n’importe où, et Aurelio n’est souvent que le témoin impuissant des tourments de son maître.

Une documentation extraordinaire, une intrigue parfaitement ficelée, des personnages (historiques ou imaginaires) très attachants… tous les ingrédients d’un excellent roman sont là.

Et si vous souhaitez, au cours de la lecture, effectuer une visite virtuelle à 360° de la chapelle Sixtine, dans laquelle ont lieu les élections des papes, suivez ce lien vers le site du Vatican. (Déplacez la souris en cliquant, et jouez de la molette.)