La Compagnie des Menteurs

compagniementeursÀ la moitié du XIVe siècle, la peste fait rage en Europe. Partout, les gens ne savent plus vers quoi se tourner pour s’en sortir. Prières, superstitions, rites païens, sacrifices… tout est bon pour se préserver et avoir moins peur, mais bien sûr cela n’entrave en rien l’épidémie.

Dans le sud de l’Angleterre, le hasard réunit neuf personnes autour d’un intérêt commun : voyager en direction du nord, là où la maladie serait, paraît-il, moins virulente. Il faut aller vite, car le mal s’étend. Il y a le narrateur, qui vit du trafic de pseudo-reliques, un illusionniste, deux ménestrels, une étrange gamine qui semble connaître l’avenir, une vieille guérisseuse, un jeune couple dont la femme est enceinte, et un conteur manchot.

Le lecteur se rend rapidement compte que chacun cache quelque chose. Ce qu’il raconte de son histoire et de ses origines est visiblement faux. Leur groupe est constitué de menteurs, car ils ont tous de bonnes raisons de dissimuler la vérité.

La mort guette, non seulement par la peste, mais aussi par une sourde menace qui pèse sur la Compagnie. Un jour, l’un de ses membres est retrouvé pendu…

Ce roman de Karen Maitland plonge le lecteur dans un Moyen-Âge particulièrement bien restitué. Une foule de détails sont présentés, contribuant à rendre le décor vivant. Les descriptions des gens et des lieux, la reconstitution des villages, les bruits, les odeurs, les voix… tout est passé au crible, tout est peint avec une grande précision. Bien sûr, il y a la réalité historique de cette période, qui est scrupuleusement respectée, mais tout ce qui faisait la vie quotidienne de cette époque est mis en place avec rigueur et exactitude.

Je crois que c’est ce qui m’a le plus « accroché » dans ce roman : l’impression de voyager dans le temps. Le lecteur n’a qu’à faire confiance à l’histoire, les sensations visuelles, auditives et autres sont là, il suffit de se laisser porter.

Bien sûr, il y a également l’intrigue. Les intrigues, plutôt. Malgré le rythme lent (aussi lent que la fuite de la Compagnie devant l’épidémie), les choses avancent assez vite. Chaque chapitre apporte son lot de surprises et de révélations. On se demande qui est qui, où est la vérité, on craint ce qui adviendra… En un mot, on ne s’ennuie pas.