Des racontars arctiques

RacontarsArctiquesVous aimez l’humour décalé ? Découvrir des raisons de sourire là où nul n’en verrait ? Vous sombrez dans la morosité et vous cherchez un peu d’optimisme dans ce monde de dingues ? Alors, précipitez-vous sur ce bouquin.

Jørn Riel a vécu dans les glaces du Groenland pendant plusieurs années, et il connaît fort bien la vie (ou survie) que mènent ces trappeurs qui passent une bonne partie de leur existence au-delà du cercle polaire. Davantage que le froid intense, davantage que la nuit qui s’attarde pendant six mois, ce qui marque le plus fort le quotidien de ces hommes, c’est la solitude. Parfois, le plus proche voisin est à deux journées de traîneau. Parfois, ils vivent à deux ou trois dans une cabane, presque sans sortir durant des semaines lorsque les températures baissent jusqu’à un niveau que nous ne pouvons imaginer.

Alors, pour eux, le moindre contact humain est une perle rare. Ils savent écouter, s’écouter entre eux, se regarder vivre et attacher à l’amitié une importance aussi démesurée que le froid de ces régions. Une seule fois par an, quand vient l’été, se présente l’unique navire de la saison. Il apporte de la marchandise, les objets commandés un an auparavant, et des nouvelles du monde. Puis il repart…

Non seulement il y a peu d’hommes à ces latitudes, mais surtout, il n’y a pas de femmes. La femme est tellement absente du paysage qu’elle est omniprésente dans le quotidien. Elle est dans les pensées, dans les histoires qu’on se raconte, dans les vantardises des gars, dans les rêves qui les parcourent.

La femme devient en Arctique une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu’avec des tournures vagues et prudentes, Il est extrêmement rare d’y entendre parler de cette créature d’une manière grossière ou obscène.

Il y a pourtant deux femmes dans ce livre, mais elles sont assez particulières…

La chasse est un autre pivot de cette vie. Elle permet de se nourrir avec la viande récoltée, et de gagner de l’argent avec les peaux de bêtes. Il y a aussi l’alcool distillé avec les moyens du bord, et l’extraordinaire solidarité. Car le danger est partout et tout le temps.

Ce livre est une compilation de quatre recueils de nouvelles : La vierge froide et autres racontars, Un safari arctique, La passion secrète de Fjordur, Un curé d’enfer. Au total, trente textes qui sont autant de pépites, dans lesquelles rebondissent des aventures désopilantes. Les personnages ne sont pas en reste, car, outre les vrais trappeurs, habitués du Grand Nord, il y a les gars de passage pour un temps limité, et qui sont totalement inadaptés à cette existence : le militaire qui veut préparer la contrée à une éventuelle invasion, le civilisé qui ne peut se passer de tinettes, etc. N’oublions pas les problèmes de tous les jours, comme un souci de santé qui prend d’énormes proportions dans de telles circonstances, ou un conflit qui surgit entre deux hommes. Dans ce cas, le différend est réglé par un duel… d’un genre un peu particulier. Et bien sûr les chiens. Ils sont indispensables pour tirer les traîneaux, mais ils sont également des compagnons, et même des amis, tant la solitude est grande.

Les histoires se suivent, s’enchaînent. Les personnages (une vingtaine tout au plus pour ces centaines de kilomètres carrés), évoluent, deviennent familiers au lecteur…