Nos étoiles contraires

NosÉtoilesContrairesHazel (la narratrice) vit à Indianapolis. Elle a seize ans, et est atteinte d’un cancer de la thyroïde qui a pourri ses poumons à coups de métastases. Afin de pouvoir respirer, elle traîne derrière elle un chariot avec une bouteille d’oxygène et a des tuyaux dans le nez jour et nuit. Elle suit un traitement destiné à ralentir l’avance du mal, à retarder ce qui doit advenir, mais c’est incurable.

Et paf !

Participant régulièrement à un groupe de soutien pour ados cancéreux, Hazel y rencontre Augustus, dix-sept ans. Atteint d’un ostéosarcome, il est plus ou moins tiré d’affaire, au prix d’une jambe amputée. Il avait été champion de basket. Entre eux, le courant passe immédiatement, c’est le coup de foudre.

Il y a Isaac. Lui aussi est sauvé, mais aveugle. Et d’autres jeunes, en rémission, en sursis, en attente, ou… morts, comme Michael, douze ans.

Hazel et Augustus lisent et relisent un livre écrit par un certain Van Houten, dans lequel une ado est atteinte d’un cancer, comme eux. Ce roman se termine un peu en queue de poisson et ils voudraient savoir ce qui arrive ensuite aux principaux personnages. Pour cela, ils doivent se rendre à Amsterdam pour y rencontrer l’auteur. À l’adolescence, rien ne semble impossible…

C’est triste, bien sûr, mais il y a aussi des passages franchement drôles, ce qui est normal avec des garçons et des filles de cet âge, et parce que la vie a toujours le dessus. Pourtant, on a souvent les larmes aux yeux en tournant ces pages. Autant vous prévenir de suite, ça ne se termine pas bien. Cependant, que de beauté, d’émotions, de tendresse et de délicatesse au long de cette lecture !

John Green a réussi le double exploit de se mettre dans la peau d’une adolescente et d’une personne atteinte d’un mal fatal et incurable. À l’âge où le monde est fait d’avenir, comment vivre dans la crainte de ce qui peut advenir au cours des prochains jours ou des prochaines heures ? À seize ans, Hazel connaît déjà trop bien l’effet que produit la mort d’un proche, elle sait donc ce que provoquera sa disparition sur ceux qu’elle aime, et elle se voit elle-même comme une grenade qui va exploser, semant la désolation autour d’elle. Comment, alors, tomber amoureuse ? Comment remplir une vie qui, même si elle sera très courte, doit malgré tout être vécue à fond et jusqu’au bout ?

Il y a une scène vraiment magnifique, dans laquelle un des jeunes, qui se sait condamné, demande aux autres de lui organiser des obsèques anticipées, auxquelles il pourra assister, car il veut entendre ses propres éloges funèbres. Bouleversant et tordant de rire, à la fois !

Procurez-vous une boîte de mouchoirs avant de commencer ce livre, mais ne le laissez pas passer.