Un bonheur insoutenable

BonheurInsoutenableUne petite plongée dans le temps avec ce roman qui date de 1970, et qui se passe dans un futur indéterminé.

Le monde est devenu parfait, et chacun peut enfin vivre dans le bonheur idéal. En effet, il n’y a plus de différences entre les gens, plus d’inégalités, plus d’injustices. Tout ceci a été rendu possible par l’élaboration d’un gigantesque ordinateur qui gère absolument tout sur Terre, même la destinée des habitants de la planète. Il s’agit d’UniOrd, simplement appelé Uni. Il décide du métier que chacun exercera, de qui il épousera, où il ira, etc. Jusqu’aux prénoms qui sont réduits au nombre de quatre pour les garçons et quatre pour les filles.

Li RM35M4419 est un enfant au début du roman. Son grand-père Jan, qui a jadis collaboré à la construction d’Uni, l’a surnommé Copeau.

Copeau grandit, mais ne se sent pas parfaitement intégré à ce monde. Pourtant, il semble impossible d’échapper à la totale mainmise d’Uni, tant il règne sur les moindres détails de la vie des gens. Alors, Copeau réussira-t-il à s’y dérober ? Et s’il y parvient, que fera-t-il de cette liberté limitée ? Pourra-t-il se contenter de l’amour de Lilas ?

Évidemment, ce bouquin s’inscrit dans la série des « anti-utopies » dont Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley est l’incontournable tête de file. Le récit apporte son lot de suspense. On désespère de voir Copeau parvenir à ses fins, tant les obstacles sont nombreux. Et même alors qu’il tient la victoire, tout s’écroule.

L’intérêt de ce qui est le plus célèbre roman d’Ira Levin n’est pas seulement dans l’histoire, mais dans les réflexions qui sont faites à propos du monde hyperrégenté dans lequel nous vivons. Car ce livre a désormais quarante-cinq ans, et il nous faut bien constater que nous sommes sans cesse sous contrôle, géolocalisés, sur, ou sous-informés, que nos choix n’en sont pas vraiment… que notre société a un air de famille avec ce monde caricatural dominé par Uni. Et si l’on se rebellait ?