Dose létale 50

Comment résumer un bouquin à suspense sans rien oublier, mais sans en dire trop ? Voyons… Le commandant Duhart et son assistante le lieutenant Saamia enquêtent sur des disparitions de prostituées dans les bas-fonds de Toulouse, toutes des filles d’origine étrangère. Allez donc rechercher un coupable alors qu’il n’y a pas de corps, pas de noms de victimes, et peut-être même pas de victimes, car rien ne prouve qu’elles ne sont pas simplement parties. De plus, ils n’ont pas que ça à faire, il y a d’autres affaires en cours, comme cette histoire de femme retrouvée morte, une employée d’un labo de tests chimiques sur des animaux.

Un chapitre sur deux, la parole est laissée à un SDF qui survit comme il peut dans la rue où les prostituées exercent leur commerce. Il a sympathisé avec certaines, forcément. De temps en temps, il reçoit la visite d’une vieille dame du voisinage, qui apporte du café pour lui et les filles, quand il fait froid. Elle a connu la guerre, les camps en Allemagne…

L’atmosphère est tendue. Le commandant a une enquête impossible à faire avancer et d’autres chats à fouetter. Les prostituées se demandent laquelle sera la prochaine qui montera en voiture avec un client et ne reviendra jamais…

Voilà, je ne peux plus rien dire, autre chose serait de trop et je n’ai évidemment pas l’intention d’ôter au lecteur le plaisir de découvrir l’intrigue. En plus, l’auteur, mon ami Henri Courtade, se mettra en colère et je ne veux surtout pas me fâcher avec lui ! Cette intrigue part dans tous les sens, il y a des éléments secondaires, des trucs qui convergent, d’autres qui font monter la tension, d’autres pour détourner l’attention… Les personnages ont leurs petites manies, ce qui contribue à les rendre crédibles.

Henri, tu as encore tricoté un excellent roman. Je t’attends pour en parler, avec ton éditrice préférée.

Le village des oubliés

VillageOubliésTout le monde a entendu parler du massacre d’Oradour-sur-Glane, ce village de Haute-Vienne où, le 10 juin 1944, une compagnie de SS a assassiné plus de six cents personnes, dont un grand nombre ont été brûlées vives dans l’église.

Ce roman s’appuie en grande partie sur ce drame, mais la date diffère d’un jour, le village n’est pas cité, il n’est pas situé au même endroit, et le commandant nazi responsable de la tuerie ne porte pas le même nom.

La plus grande partie du récit oscille entre ce funeste mois de juin 1944 et celui de juillet 1982. Quelques rescapés sont toujours vivants trente-huit années plus tard, la tragédie pesant encore sur leurs existences. À chaque chapitre, un des personnages est au centre de la narration, ce qui permet au lecteur de suivre les événements de différents points de vue. En 82, Michel est un jeune garçon plein de vie. En 44, Marie est une fillette pétillante. À l’époque, elle était hébergée chez son oncle Ferdinand qui a connu la Première Guerre, et qui est également le grand-oncle de Michel.

L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux.

Il y a aussi Ulysse, Wolfgang, Alphonse, Dinis, Siméon, Isidore, Trottinette, etc.

En 82, une famille de quatre Allemands vient dans le village, et ils sont assassinés. Par qui ? Pourquoi ? Bien sûr, on pense immédiatement à une vengeance qui a couvé durant toutes ces années.

L’intrigue est parfaitement menée. Elle se divise en de nombreuses ramifications, selon les relations entre les protagonistes, le passé et le présent s’imbriquent, des souvenirs ressortent, de vieilles souffrances réapparaissent, des secrets refont surface. Qu’est-il arrivé exactement il y a presque quarante ans ? Qui sont ces touristes tués ? Petit à petit, on voit se dessiner une réponse. Les éléments convergent, la solution approche… mais il est probablement impossible de la deviner avant le terme de ce livre palpitant !

L’auteur, c’est mon copain Henri Courtade. J’en entends déjà qui s’imaginent que comme il s’agit d’un pote, j’ai encensé le bouquin pour lui faire de la pub. Eh ben non, c’est pas le genre de la maison ! Henri, ton livre est vraiment excellent, ne les écoute pas, c’est tous des jaloux. Depuis quelques années, au fil de tes romans, j’ai vu ton style s’affermir, évoluer, se renforcer. Avec ce récit, tu as indéniablement passé un cap. J’ai adoré ta façon de raconter en prenant ton temps, en inventant une foultitude de détails sur les personnages, ce qui les rend criants de réalisme. Ils sont si « vrais » qu’on a l’impression de les connaître, ou plutôt que toi, tu les connais, ce qui est peut-être le cas. T’es-tu inspiré de gens que tu fréquentes dans ton cher village que tu aimes tant ?

Je suis véritablement « tombé » dans ce roman que je recommande sans retenue.

Il y a juste un détail qui me chiffonne, Henri… pour les chats… tu étais vraiment obligé ?

Loup, y es-tu ?

LoupYEsTu

Et si elles n’étaient pas seulement des mythes, des personnages de conte pour enfants racontés par les frères Grimm ? Je veux parler de Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant et le Petit Chaperon Rouge.

Dans ce roman, elles sont bien réelles, ainsi que la méchante sorcière et ses sœurs qui veulent dominer le monde, aidées par celui qu’on surnomme le Loup. Bien sûr, les contes sont dépoussiérés et l’action se passe de nos jours, dans notre environnement quotidien. La principale sorcière est une mégapatronne, propriétaire de nombreux groupes de presse et de plusieurs multinationales. Le Chaperon Rouge est créatrice de mode, la Belle fait de l’humanitaire… mais l’enjeu est bel et bien la domination du monde, le contrôle absolu, par le terrorisme si nécessaire.

Seules les quatre frêles, ravissantes et jeunes héroïnes sont en mesure d’arrêter la méchante, mais elles ignorent elles-mêmes qui elles sont, et deux d’entre elles ont déjà succombé malgré la protection du Traqueur. Le Loup est à leurs trousses, il ne reste plus que deux des sept nains…

Il y a de nombreux retours en arrière à une époque lointaine… celle où les châteaux dans les forêts existaient encore, ainsi que des chaumières, des chasseurs, des rois, des princesses, et tous les ingrédients de la recette magique.

Se lancer dans une histoire aussi tarabiscotée et avec de tels personnages, il fallait oser. Henri Courtade a osé, et il a bien fait, car, contre toute attente, ce livre est vraiment prenant. J’avoue que devant ce sujet, j’étais un peu sceptique et même méfiant, mais le résultat est remarquable. La tension monte progressivement, les questions sont soulevées une par une, les révélations sont amenées au compte-gouttes de manière adéquate… tout est fait pour que le suspense soit entretenu.

Malgré le thème qui semble très loin de la vraie vie, le récit s’inspire allégoriquement de certains éléments de la réalité et de l’Histoire contemporaine, ainsi que le souligne l’auteur dans des notes de fin.

J’ai passé un très bon moment avec cette aventure rocambolesque, pleine de rebondissements et de surprises. Encore une fois : merci, Henri. :-D

À la vie, à la mort

Ils sont originaires du même village des Pyrénées et se connaissent depuis la maternelle. Il y a Jérôme, qui a repris la ferme familiale, Pierre, devenu chef de police à Paris, François, médecin de campagne resté au pays et Yvan, frère de Jérôme et neurochirurgien dans la capitale.

Et il y a un tueur en série, qui bute avec efficacité et froideur un avocat inhumain, un banquier richissime, un réalisateur de films pornos qui abuse de ses jeunes actrices… Très vite, il passe dans l’opinion publique pour un héros redresseur de torts, car Justice et Loi ne sont pas toujours synonymes.

Yvan est témoin d’un des meurtres, Pierre est chargé des investigations… les quatre amis se retrouvent rapidement liés à cette affaire et le lecteur découvre vite que le premier sujet de ce livre n’est pas l’enquête, mais l’amitié et ses limites. À chaque chapitre, le personnage principal change, permutant entre les quatre hommes.

Pardonne-moi, lecteur de cette rubrique, je vais à présent poursuivre par un message personnel à l’auteur, Henri Courtade.

Henri, tu sais que je ne suis pas très amateur de polars, alors tu m’as affirmé que ton roman n’en était pas un. MENTEUR ! Quand il y a plusieurs meurtres, une enquête, des flics partout et une poursuite, ça s’appelle comment ? Un manga ? Une aventure de Petit Ours Brun ? Mais je veux bien passer l’éponge (pour cette fois seulement) parce que ton bouquin m’a vraiment pris aux tripes. J’ai adoré ta façon de commencer plusieurs chapitres par ce qui semble être une digression, alors que ce sont des propos qui mènent au sujet ou qui apportent des éléments pour la suite. J’ai également beaucoup aimé les réflexions philosophiques sur la vie ou la société. Comme je connais pour y avoir vécu la région où se passe une bonne partie de ton action, j’ai pu apprécier le réalisme des gens du cru et de leur rapport avec la terre. Et surtout, j’ai tourné chaque page fébrilement pour savoir où cela nous menait et trouver les réponses à tous les mystères que tu as imaginés pour le plus grand plaisir de tes lecteurs.

Oui, mystères au pluriel, car de nombreuses interrogations s’ajoutent à l’affaire du tueur-justicier. Plus ma lecture avançait, plus le nombre de pages diminuait, plus je me sentais incapable de m’arrêter avant la chute. La chute ? Si quelqu’un la devine, c’est qu’il a une boule de cristal branchée sur du 3000 volts.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Courtade Henri, le 25/08/2012

Oui, c’est vrai, Claude, j’ai un peu péché par omission sur ce coup-là ; c’est quand même un tantinet une histoire policière. Mais je savais aussi que le thème serait à même de te plaire, sinon, je n’aurais pas tant insisté. Le polar en lui-même n’était qu’un prétexte, tu l’as bien compris. Mais je voulais une intrigue chiadée aussi, on ne se refait pas…

Lady R.

Roman historique dont l’action se situe au XIIe siècle. Historique ? Oui, mais Henri Courtade ne s’est pas embarrassé de fidélité exacte avec les faits, préférant privilégier son intrigue, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Car ce livre est extraordinaire. L’héroïne, puisque ç’en est une, est à la fois agent secret, femme fatale, top model, guerrière émérite, diplomate et possède encore deux douzaines d’autres compétences. Un CV d’enfer pour cette super nana, probable croisement entre Indiana Jones et Mata Hari, invincible et aventurière jusqu’au bout des ongles. Sans répit, les rebondissements s’enchaînent, passant d’attaques sauvages à la trahison, puis à la course aux manuscrits, la découverte d’armes secrètes et chinoises de surcroit, des condamnations à mort, des romances amoureuses, des secrets de famille, des meurtres, des sociétés occultes, que sais-je encore… En plus, elle a la bougeotte. À travers ces pages, le lecteur voyage en Angleterre, dans les Pyrénées, à Venise, en Écosse, dans le Sahara… Nous croisons aussi la route de personnages illustres, comme Richard Cœur de Lion, Jean sans Terre, Aliénor d’Aquitaine, et même un certain Robin, qui vit dans la forêt de Sherwood. Avec en prime, un chapitre final où toutes les pièces du puzzle trouvent enfin leurs places.

En résumé : Un peu de Moyen-Âge, beaucoup d’action, pas mal d’intrigues, un peu de sentiments, une dose de violence et un grand verre d’imagination. Un roman extrêmement distrayant pour les longues journées à la plage ou les longues soirées d’hiver. Au choix, puisqu’on visite aussi bien le grand Nord froid que le vaste Sud brûlant.