L’univers en folie

UniversFolieVoilà une des références en matière de SF humoristique, dont la parution date de 1949. Ça fait la cinquième ou sixième fois que je relis ce livre, et je ne m’en lasse pas.

Keith Winton est rédacteur en chef d’un fanzine de SF, en 1954. Sa revue fait partie d’un groupe de plusieurs magazines. Un autre est dirigé par la charmante Betty Hadley, dont Keith est tombé amoureux au premier regard. Toute l’équipe est invitée à un week-end dans la propriété du patron. Ce soir-là, la première fusée envoyée vers la Lune doit arriver à destination, heurtant notre satellite et provoquant un immense éclair lumineux que tous attendent avec impatience. Mais l’expérience est un échec. La fusée retombe, juste à côté de Keith.

Lorsqu’il revient à lui, il tente de retourner à la propriété de son boss, et constate que le monde est devenu fou. On lui tire dessus quand il veut payer avec une pièce de monnaie, il est poursuivi par un monstre rouge venu de la Lune, et la Terre est, paraît-il, en guerre contre… Arcturus ! Hureusement, il y a une sorte d’invincible superhéros pour protéger l’humanité. Pourtant, Keith retrouve là des gens qu’il croyait connaître, dont Betty.

Tout ce qui lui arrive est « gros », très gros, même. Il se retrouve dans des situations bidon telles qu’elles étaient présentées dans la SF bas de gamme de la grande époque des « pulps », dans laquelle de splendides héroïnes étaient inlassablement poursuivies par des monstres lubriques aux yeux globuleux. On peut désormais passer un week-end sur la Lune, la nuit, personne n’ose sortir, et les cadettes de l’espace ne sont vêtues que d’une minuscule tenue qui ne cache pas grand-chose. Et tout le monde estime cela normal !

Le final est un festival où Fredric Brown libère son potentiel ! En deux ou trois pages extraordinaires, tout est expliqué, tout trouve sa place, tout est justifié, et le lecteur réalise qu’il ne pouvait en être autrement. Même les uniformes sexys et le superhéros de service sont légitimés en quelques paragraphes. Et bien sûr, l’histoire se termine bien pour ce brave Keith.

Un régal, un bijou, un chef‑d’œuvre !