Tribulations d’un stradivarius en Amérique

TribulationsStradivariusAmeriqueEn 1936, l’inestimable stradivarius de Bronislaw Huberman est volé pendant que le célèbre violoniste donne un concert avec un autre instrument. Il réapparait une cinquantaine d’années plus tard, après un parcours chaotique. À partir de ce fait divers authentique, Frédéric Chaudière imagine les tribulations que le violon a traversées.

Mais l’auteur est avant tout luthier, et il utilise sa longue expérience et sa passion des instruments à cordes pour aller plus loin. Il nous raconte l’histoire de l’instrument depuis ses origines, depuis que l’épicéa qui a servi à sa fabrication a été abattu. Le lecteur est alors transporté à Crémone, dans l’atelier de Stradivari au début du XVIIIe siècle. Il découvre le caractère exécrable du maître, les mésaventures qui ont présidé à la fabrication de l’instrument, comment il a été transmis par héritage, vendu, refusé, revendu, et de fil en aiguille, comment il est arrivé entre les mains de Huberman.

Commence alors la seconde partie du bouquin. Nous découvrons comment et pourquoi le jeune Julian Altman a dérobé ce violon, et ce qui est arrivé jusqu’à la mort du voleur, précédée de l’aveu du larcin, fait à sa femme. Ces années ont failli être fatales à l’instrument, qui a finalement pu être restauré. Il appartient désormais au violoniste Joshua Bell.

Dans une introduction de quelques lignes, l’auteur avertit du côté fictif de son histoire. Certes, certains faits sont réels, de nombreux personnages ont vraiment existé, mais le récit qu’il fait de ces tribulations est en grande partie imaginaire. Il n’empêche que le bouquin a des allures de docu-fiction grâce à une parfaite connaissance de la lutherie. L’écriture n’est pas en reste. Si elle est parfois hachée, par l’utilisation de phrases très courtes, elle est dynamique et efficace, simplement au service de l’histoire.

Je ne m’attendais pas, en ouvrant ce livre, à être aussi intéressé par ces tribulations. J’ai également découvert le monde des luthiers, des violonistes et des collectionneurs, dont j’ignorais tout.