Toulouse barbare

Roman policier dont l’action se passe à Toulouse. Descente dans l’enfer du téléphone rose et des vidéos pornos avec le détective Aymeric Mercader, qui part à la recherche de la jeune Victoria, tombée entre les griffes des vendeurs de sexe et qui a disparue. Il est accompagné de son adjoint, qui n’est pas sans rappeler fortement un certain Berrurier. (Je ne suis pas un spécialiste du genre, mais je connais mes classiques !)

Seule particularité marquante de ce livre : la typographie des dialogues, ou plutôt l’absence de typographie. Ni guillemets, ni tirets, ni même retour à la ligne, les échanges entre les personnages sont débités d’une traite, ce qui ne les rend pas très aisés à aborder. Ça donne quelque chose comme ça :

Il m’a demandé comment j’avais trouvé ce bouquin. Moi, les polars, vous savez, je lui ai répondu, c’est pas mon truc. Je les trouve en général assez ennuyeux. Mais alors pourquoi vous avez lu celui-ci, il a demandé ? J’ai expliqué que c’était un cadeau d’une amie, que sans ça je ne l’aurais sans doute pas acheté mais que je ne regrettais pas de l’avoir lu. Ça vous a quand même plu, alors ? Je me suis laissé emporter par l’histoire et surtout par le style de l’auteur. C’est un style très dynamique, savez-vous, très énergique, même. Il y a d’un bout à l’autre un rythme soutenu qui ne laisse pas au lecteur le temps de s’endormir.

Pas facile, hein ? Mais on s’y fait. D’autre part, Francis Pornon connait vraiment Toulouse puisqu’il y vit et cela se sent. Il ne connait pas seulement la ville et ses rues, mais aussi son passé et les personnages qui en ont marqué l’Histoire. En prime, il nous gratifie de quelques réflexions fort intéressantes sur les choses de la vie, ce qui donne un peu plus de crédibilité à son personnage, inspiré des aventures de détectives en noir et blanc, avec une voix off qui est celle du héros.

Pas inoubliable, mais pas désagréable…


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Ronchon, le 25/03/2012

Faut-il vraiment acheter des livres avec une typographie souvent absente et cautionner ainsi un mépris certain par l’auteur et l’éditeur du travail bien fait ?

Claude, le 25/03/2012 en réponse à Ronchon

Il ne s’agit pas là de mépris, mais d’un choix délibéré, une mise en page particulière. J’avoue que je n’en ai pas saisi la vraie raison, mais il doit y en avoir une.