Le fantôme de Baker Street

Je lis rarement des romans policiers, et rarement des histoires de fantômes. J’ai abordé ce livre sur les conseils de quelqu’un qui m’a fortement recommandé cet auteur, et avec la sensation d’avancer en terre inconnue. Mais je ne l’ai pas regretté.

Drôle de mélange ! Enquête policière, certes, puisque le narrateur et un de ses amis sont détectives. Mais également roman sombre, puisque nombre de personnages sont adeptes de spiritisme. Mais aussi roman fantastique, puisque les esprits contactés sont… non, je ne peux rien dire de plus, ce serait déjà trop.

Le récit se déroule en 1932 à Londres, dans un décor post-élisabéthain propre aux livres de Conan Doyle. L’ambiance est feutrée et mystérieuse, et pourtant l’humour se retrouve un peu partout, à travers les commentaires et les points de vue du narrateur. Ce qui est certain, c’est que Fabrice Bourland connait son sujet à fond. C’est avec une érudition sans faille qu’il nous fait visiter cette capitale comme elle était à l’époque et qu’il nous promène à travers les nombreux romans auxquels il est fait allusion dans ces pages. L’écriture est nette et sans bavure, le rythme rapide et le ton convaincant. Convaincant ? C’est nécessaire pour nous faire avaler cette histoire fortement capillotractée. Mais le talent de l’auteur parvient à rendre tout ce la crédible. C’est lorsque j’ai refermé la dernière page que j’ai réalisé jusqu’où je m’étais laissé entrainé.

Même si je ne garderai pas de ce roman un souvenir éternel et une pensée émue, j’ai passé un excellent moment en le lisant.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Némascope, le 28/12/2011

Un sherlock avec du spiritisme (autre passion de Doyle), pourquoi pas mais tu n’as pas insisté sur la partie policière ce qui n’augure pas du meilleur.

Marie-Jeanne, le 28/12/2011

Sherlock Holmes est décidément un grand inspirateur… Bob Garcia (que j’écoute souvent sur « TSF Jazz ») a écrit plusieurs livres en se remettant dans la peau du docteur Watson racontant les enquêtes de son ami Holmes.
J’avais lu « Le testament de Sherlock Holmes », et récemment j’ai découvert « Penny Blood ». Ce dernier ouvrage met en scène Watson, Holmes et… Conan Doyle ! Conan Doyle est présenté comme médecin et ami de Watson, pour lequel il joue aussi le rôle d’agent littéraire. Quel jeu de miroirs !
On est fin XIXe ou début XXe, en tous cas Doyle est encore simple médecin et écrivain de romans historiques ; il n’a pas encore été anobli par la Reine. Il se passionne déjà pour le spiritisme, et c’est le début de l’histoire… il rencontre une spirite extraordinaire, qui semble capable de résoudre des énigmes policières. Holmes, très sceptique, mène l’enquête de son côté, et c’est la guerre entre les deux hommes. Watson, tiraillé entre ses deux amis, raconte l’enquête… et son admiration pour la belle spirite qui, au fil de ses « visions », revisite toute l’histoire de Londres. C’est amusant et on apprend des choses…