La cantatrice chauve

CantatriceChauve1Cela faisait presque un an que je n’étais pas allé au théâtre. Ce grave manquement est corrigé grâce à cette pièce d’Eugène Ionesco, qui date de 1950. C’est l’une des plus jouées en France, présentée sans discontinuer depuis 1957 à Paris, au Théâtre de la Huchette (record du monde de durée) !

Ce n’est pas là que je l’ai vue, mais dans le cadre du Grenier de Toulouse, qui fête cette année ses 70 ans.

C’est une pièce assez particulière, qui s’inscrit dans le théâtre de l’absurde. Il vaut mieux être averti et ne pas s’attendre à un récit qui se tient de façon traditionnelle, avec une logique et un fil conducteur. On nage dans le loufoque, mais celui-ci n’est pas dénué d’humour, au contraire.

CantatriceChauve2La représentation à laquelle j’ai assisté était mise en scène avec beaucoup d’originalité par Pierre Matras. Les décors, les mimiques, les costumes, tout converge pour accentuer l’aspect farfelu. Par exemple, les deux principaux personnages féminins sont vêtus de manière similaire, et tous les hommes sont roux, portant un gilet orange. Et le jeu des acteurs était absolument parfait. Un grand bravo à eux tous.

Que de rires, aux cris poussés par Mme Smith ou la bonne, aux gestes effectués par tous en même temps, au masque protecteur exhibé par le pompier ! Tout est articulé autour de dialogues volontairement d’une grande banalité, inspirés des phrases que l’on trouve dans les manuels d’apprentissage des langues, et le résultat est d’une drôlerie totale. Si vous avez l’occasion d’assister à une représentation de ce chef-d’œuvre, ne la laissez pas passer.