Les lavandières de Brocéliande

LavandieresBroceliandeÀ Concoret, petit village du Morbihan en bordure de la forêt de Brocéliande, il y a une légende particulièrement tenace : la nuit de la Toussaint, les fantômes des « lavandières de sang », infanticides ou avortées, viennent au lavoir nettoyer les linges ensanglantés de leurs enfants mort-nés. Quiconque croise leur route connaîtra lui aussi la mort. Alors cette nuit-là, nul ne se risque dans les rues.

Pourtant, c’est au matin de la Toussaint 1943 que la jeune Annaïg est retrouvée morte dans le lavoir. Le médecin est formel : elle ne s’est pas noyée, ce n’est pas un suicide…

L’histoire a commencé vingt-neuf années plus tôt. Il y avait cinq amis très unis : Edern, Solenn, Yann, Hubert et Maëlle. Que s’est-il produit lorsqu’ils se sont rendus à la fontaine de Barenton ? Le temps est passé, une autre guerre a éclaté. Quel était le secret d’Annaïg, la fille de Maëlle ? Qui sont les parents de Gwenn, qu’elle n’a pas connus ? Que faisait Loïc près du lavoir cette nuit-là ? Quels liens unissaient Philippe, le fils d’Hubert, et Annaïg ?

Édouard Brasey est un spécialiste reconnu des légendes en général. Il plante là le décor de village breton, terreau particulièrement fertile pour ce genre de narration. Mais cette histoire n’a rien à voir avec la fantasy. Bien que le fond du récit baigne dans les superstitions colportées par la culture locale, il est bien ancré dans la réalité. Rivalités féminines entre ces jeunes lavandières, passé qui pèse sur les consciences, désir de vengeance de certains, tout ce qui fait la vie d’une petite communauté est présent. Il y a aussi la guerre et l’occupant.

L’ambiance du roman oscille entre fantastique, historique et eau de rose. On a parfois l’impression que l’auteur hésite ou n’a pas décidé le ton à donner à son récit. Pourtant, il sait étoffer ses personnages. L’ensemble manque un peu de rythme, la fin est certes un peu “facile” et aurait mérité deux ou trois chapitres de plus, mais si vous êtes amateur de légendes ou de Bretagne, ce bouquin mérite le détour.