Le retour de Jules

Il est revenu ! Nous retrouvons avec plaisir dans ces pages le sympathique labrador ex-chien d’aveugle et ses états d’âme, ainsi qu’Alice et Zibal, mais aussi le style magique et souple de Didier Van Cauwelaert, et les chapitres à la première personne, racontés tantôt par l’un, tantôt par l’autre des protagonistes humains.

Il faut se méfier des suites, on ne le dira jamais assez. Voulant sans doute profiter de l’immense succès commercial de Jules, l’auteur nous propose là la continuation d’un roman dans lequel toutes les intrigues étaient résolues, closes et verrouillées. Du coup, pour imaginer un rebondissement, il a dû fouiller, ajouter a posteriori des éléments. Autant l’avouer, il y a quelques bricoles un tantinet rafistolées.

Non que ce soit pesant, au contraire, le ton reste aussi léger, mais tout de même… certains passages sont un peu capillotractés. Tant pis, le plaisir du lecteur demeure intense.

De quoi s’agit-il ? Ce brave Jules, qui est le meilleur et le plus gentil chien du monde, s’est trouvé une amoureuse en la personne de Victoire, collègue quadrupède de travail. Et voilà que, sans motif apparent, il agresse et mord un adolescent. Il doit y avoir une raison à ce comportement, mais laquelle ? Du coup, il est déclaré dangereux et condamné à être euthanasié.

Inconcevable ! Alice et Zibal, qui se sont séparés depuis la fin du premier tome, volent à sa rescousse avec un bel ensemble, tandis que Jules et sa douce s’évadent et s’élancent dans un long parcours à travers la France.

Comme dans la première partie, la situation semble inextricable, cependant on ne doute pas une seconde que tout finira bien. Il y a de l’humour, de la tendresse, du suspense, et si, à l’évidence, ce livre n’est pas un « grand » Van Cauvelaert, il est tout de même fort agréable à lire. On se prend même à rêver d’un troisième opus. Le fils de Jules ?

L’évangile de Jimmy

Jimmy est un jeune homme de trente-deux ans, piscinier de son état, qui mène une existence simple et tristounette depuis sa séparation d’avec la belle Emma, ex-femme de sa vie. Tout semble indiquer qu’il est un type comme tant d’autres, quelconque et anonyme.

Pourtant, il est le fruit d’une terrible expérience. Du sang ayant appartenu au Christ a été prélevé sur le célèbre « suaire de Turin », et utilisé pour créer un clone de Jésus. Voilà qui est Jimmy.

Le jour où il apprend ses origines marque le début d’une nouvelle existence. Pour lui et pour ceux qui l’ont fait naître et voudraient se servir de lui, une question domine : Jimmy a‑t-il hérité du charisme et de la piété de son « père » ? Possède-t-il les mêmes dons que lui, en particulier la possibilité de réaliser des miracles ?

Le pauvre garçon se retrouve aux mains du FBI, son avenir dépend du Vatican, il lit la Bible, comprend son contenu, déplore l’état du monde, manque d’être récupéré par une puissante église sectaire pseudo-religieuse et vraie pompe à fric, tente des guérisons, se fait manipuler, mystifier. Il perd totalement le contrôle de sa propre vie, et lorsqu’il pense retrouver enfin une compagne, il réalise que même dans ce domaine, on se moque de lui.

À partir d’une idée simple et pas vraiment originale (Jésus revient, un grand classique), Didier Van Cauwelaert produit une histoire qui sort de l’ordinaire. Finalement, le sujet principal du roman n’est ni Jésus, ni les clones, ni les miracles, ni la foi ou la religion. Le sujet principal, c’est le mensonge. Ce pauvre Jimmy baigne littéralement dedans. Sa naissance est un mensonge, sa vie aussi, tout ce qu’il a cru sur lui-même, ce qu’on a fait de lui, ce qu’on veut qu’il devienne, les femmes autour de lui, son passé, son présent, son avenir… tout est mensonge.

Une chose est vraie : c’est un bon bouquin, même s’il n’est pas exceptionnel.

On dirait nous

OnDiraitNousParfois, pour comprendre le titre d’un bouquin, il faut être assez avancé dans le livre, ou même parvenir à la dernière page. Avec celui-ci, le lecteur est dans le coup dès le second paragraphe. C’est plus simple.

Soline et Illan forment un beau couple dans la trentaine. Elle est violoncelliste virtuose, il vit de petites magouilles et de grands espoirs, mais qu’importe ? Ils sont amoureux et pleins d’avenir, là est l’essentiel.

Yoa et Georges sont trois fois plus âgés. Yoa est d’origine amérindienne, c’est une Tlingit, ethnie d’Alaska presque disparue, ainsi que leur langue et leur culture. Eux aussi forment un couple très uni.

Lorsque Soline et Illan voient les deux anciens pour la première fois, ils pensent « On dirait nous, quand on sera vieux. » Et les deux autres pensent « On dirait nous, quand on était jeunes. »

Yoa est atteinte de la maladie de Charcot, il lui reste peu de temps à vivre. Dans sa civilisation, lorsqu’un vieillard ou un malade sent que sa fin est proche, il choisit dans quelle famille il va se réincarner et, une fois obtenu l’accord de ses futurs nouveaux parents (accord soumis à un protocole complexe et précis), il peut s’éteindre en toute quiétude, sûr de revenir dans de bonnes conditions.

Yoa sait que le terme de sa vie est proche. C’est ainsi que Soline et Illan se voient présenter la plus étrange des requêtes : « Voulez-vous être les futurs parents de ma femme ? »

Beaucoup de sentiments et de sujets se mêlent et s’entremêlent dans ce roman de Didier Van Cauwelaert. Il y a non pas une, mais deux histoires d’amour et de tendresse. Il y a le thème de la mort, de l’enfance, de ce que c’est de devenir parent, celui des peuples minoritaires en voie de disparition, le sujet de l’écologie et des plantes (comme souvent chez cet auteur), la vieillesse, la fidélité… Le tout sur fond d’humour, car Illan, qui est le narrateur, a parfois sur le monde un point de vue assez décapant.

Également, beaucoup de drôlerie avec la situation, on s’en doute. D’autant plus qu’une fois Yoa disparue et Soline enceinte, le brave Georges devient vite un peu envahissant. D’une part, il marche plus ou moins dans la croyance que le bébé à venir est la réincarnation de sa femme, d’autre part, lui qui n’a jamais eu d’enfant attend celui-ci comme si c’était le sien. Considère-t-il Soline comme la fille qu’il aurait pu avoir, ou devient-il un peu amoureux d’elle, par-delà les générations ? Illan n’est-il pas une sorte de rival ?

Le sujet est déjà très original en lui-même, mais en plus, l’histoire est servie par la magnifique plume de Didier Van Cauwelaert, dont les phrases, où chaque mot à sa place, fusent comme un feu d’artifice. J’ai retenu celle-ci, tirée des obsèques de Yoa :

Une crémation à huis clos dans un incinérateur à développement durable, dont les fumées recyclées par les circuits du chauffage urbain permettraient d’obtenir des cendres bio certifiées Afnor.

Un excellent livre, actuellement mon préféré de cet auteur pourtant prolifique.

La femme de nos vies

FemmeNosViesUne vieille femme est en train de mourir. Pour tous, elle n’est qu’une ancienne nazie, criminelle de guerre. Même sa petite-fille Marianne la renie, alors qu’elles ne se sont jamais rencontrées. Un homme âgé qu’elle ne connaît pas intervient et propose de lui expliquer qui était réellement sa grand-mère, Ilsa Schaffner, condamnée malgré (ou à cause de) son absence au procès de Nuremberg.

Il s’appelait autrefois Jürgen Bolt. Garçon de ferme, autiste léger, il était Allemand et a été emmené encore enfant par le ministère de la Santé, soi-disant pour le soigner. En réalité, c’était pour l’éliminer, lui et tous les « anormaux » faisant tache face à l’idéal aryen. Là, il a rencontré le jeune juif David Rosfeld. Sa mère était physicienne nucléaire, il était surdoué, mais gravement malade. Il a été choisi par Ilsa pour un programme de recherche scientifique par des gosses à l’intelligence hors normes. David savait qu’il allait mourir quoiqu’il arrive, alors il a proposé à Jürgen d’échanger leurs places.

C’est ainsi que Jürgen est devenu David et a démarré une nouvelle vie simplement armé de l’intelligence du cœur. Grâce à Ilsa, il a eu un destin exceptionnel. Petit à petit, Marianne découvre la vérité sur sa grand-mère, très éloignée de la version officielle.

S’agit-il de l’histoire de David ou de celle d’Ilsa ? Des deux, en fait, car leurs existences sont intimement liées, même s’ils ne se sont côtoyés que durant quelques mois seulement. Et puis… Ilsa a été la femme de la vie de David, dans tous les sens du terme.

Le roman prend la forme d’un très long monologue, puisque David est le seul à parler. Il est le narrateur, qui s’adresse oralement à Marianne. Les paroles de la jeune femme, quand il y en a, sont suggérées dans les propos de David. Le ton est léger et direct, non dénué d’humour malgré la gravité du sujet.

Si c’est ça, le summum de l’intelligence, j’ai bien fait d’être con.

Le lecteur a aussi l’occasion de découvrir certains aspects méconnus de la lutte contre le nazisme, notamment l’opposition à Hitler dans son propre camp, et les complots ourdis contre lui. Comme d’habitude, Didier van Cauwelaert s’appuie sur une documentation sans faille, et livre un bouquin plein d’émotions, de sensibilité, et d’esprit.

Si vous êtes catalogué génial, vous pouvez sortir n’importe quelle ineptie, on lui donnera toujours un sens.

Je me suis vite senti happé par ce court roman qui oscille entre atrocités et drôlerie sur un rythme alerte et un accent guilleret.

Le mot « intelligence », après tout, que ce soir en allemand, en anglais ou en français, ne vient-il pas du verbe latin signifiant « relier les choses entre elles » ?

Jules

Van CauwelaertÇa avance lentement, on a l’impression que ça piétine, et une fois à la fin du chapitre, on réalise qu’il s’est passé beaucoup de choses, que les personnages ont vécu, que la situation a bien évolué. Et qu’on ne peut plus lâcher ce bouquin à la fois drôle et tendre !

Alice a trente ans, elle est ravissante et aveugle. Jules, c’est son chien, qui lui sert d’yeux, qui la guide, qui l’aime, qui lui est dévoué corps et âme. Un jour, à Orly, avant d’embarquer, elle achète un ballotin de macarons dans une des boutiques de l’aéroport. Zibal, le vendeur, aide Alice et Jules à sortir d’un problème administratif, puis il retourne à son comptoir, le cœur plein d’Alice.

Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’Alice prend cet avion pour aller subir une opération qui lui rendra la vue. L’intervention réussit, et ce n’est finalement pas facile pour la jeune femme qui découvre visuellement le monde et surtout les gens qu’elle fréquente, jusqu’à sa propre image, qu’elle ne connaît pas.

Qui va me plaindre, désormais, m’admirer pour la façon dont je « prends les choses » ? Je retrouve la vue et je déprime.

Mais le pire est pour Jules. Sa maîtresse bien-aimée n’ayant plus besoin de lui ni de ses yeux, la pauvre bête perd sa raison de vivre. Il est affecté à un autre aveugle, un vieux grincheux qui le maltraite. Il s’évade et veut rejoindre Alice. Mais comment faire, quand on est un chien ? Il parvient à retourner à Orly et à retrouver Zibal, qui les avait aidés. Lui aussi souhaiterait revoir la jeune femme, mais comment faire quand on ignore où elle est ? Ces deux-là sont faits pour s’entendre…

C’est drôle dès le début, ça le reste jusqu’au bout, toutefois il n’y a pas que de la comédie dans ce livre. Didier Van Cauwelaert s’y connaît en sentiments humains, et le lecteur découvre vite que les situations d’Alice, Zibal et Jules ne sont pas si simples que ça.

Si Alice a perdu la vue à l’adolescence, ce n’est pas juste dans un accident. Zibal vend des macarons alors qu’il est ingénieur en biochimie et en astrophysique, et qu’il parle russe. Chacun a un passé pesant duquel il doit se défaire. Et il y a les autres : Fred, dans la vie d’Alice, la mère de Zibal, envahissante… Jules a du pain sur la planche !

À chaque chapitre, le narrateur change, Zibal ou Alice, en alternance, ce qui permet au lecteur de connaître toute la situation et les pensées des protagonistes, tandis qu’eux, évidemment, n’en voient qu’une partie.

Bien sûr, la happy end est garantie, dans ce genre de roman. L’intérêt n’est pas dans la fin, assez prévisible, mais dans le cheminement que doivent accomplir les personnages pour parvenir à cette fin. Les pinailleurs diront sans doute qu’il y a dans le récit des coïncidences un peu trop favorables et des imbroglios qui se dénouent un peu trop facilement. C’est vrai. Pourtant, ce roman coule comme de l’eau fraîche un jour de canicule. Il procure du plaisir, il fait sourire, il fait réfléchir… comme le dit la quatrième de couverture, il rend heureux. C’est un conte, et comme tous les contes, même naïfs, il y a un sens caché sous l’histoire.

Un aller simple

AllerSimpleAziz est un enfant trouvé. Comme il a été trouvé dans une Ami 6 de race Citroën, on l’a d’abord appelé Ami 6, puis c’est devenu Aziz. Il a été recueilli par des Roms, il a grandi parmi eux, et lorsqu’il a eu besoin de papiers, on s’est aperçu que les faux papiers français coûtent cher. Alors, on lui a inventé une nationalité marocaine. Ça ne changeait pas grand-chose, dans les quartiers nord de Marseille où il vivait. Il aimait bien l’école, il était assez doué pour apprendre. Mais il n’a pas eu le choix. Pour gagner sa vie, il s’est spécialisé dans les autoradios. Volés, bien sûr.

Et un jour, le gouvernement a décidé de faire quelque chose pour (ou contre) l’immigration clandestine. Ils ont inventé un système de reconduite jusque dans le pays d’origine avec un « attaché humanitaire » qui aide l’ex-réfugié à trouver du boulot chez lui et à s’intégrer normalement. Mais les immigrés, les vrais, n’ont pas de papiers. On ne peut donc pas les renvoyer chez eux, puisqu’on ne sait pas d’où ils viennent.

C’est ainsi qu’Aziz, qui ne comprend pas l’arabe, qui n’a jamais mis les pieds au Maroc et qui a l’accent marseillais, se retrouve dans un avion pour Rabah avec un « attaché humanitaire » qui est bien plus préoccupé par une avalanche de problèmes personnels.

Aziz est le narrateur. Il décrit avec un humour froid, mais terriblement drôle, la zone dans laquelle il a grandi. Il connaît si peu d’autres choses du monde ! Puis il est expédié vers ce pays natal qui n’est pas le sien et dont il ignore tout, et, petit à petit, le réel sujet du livre se dessine. On a même l’impression, par moment, que le personnage principal change. Ce n’est plus Aziz, mais cet attaché, naïf en diable, submergé par des complications qu’il a lui-même créées pour la plupart, et qui a un tel besoin de porte de sortie qu’il est prêt à se ruer sur n’importe laquelle, même si elle est murée.

Histoire prenante et cocasse d’une amitié entre deux hommes qui n’ont en apparence (mais en apparence seulement) absolument rien en commun. Bien dans le style léger mais plein de sens de Didier Van Cauwelaert.

Prix Goncourt 1994.

La nuit dernière au XVe siècle

NuitDerniereXVJ’aime particulièrement, chez cet auteur, la capacité à changer totalement de genre entre deux romans, sans jamais abandonner son style fluide et extrêmement prenant.

Ce livre plonge le lecteur dans un monde entre histoires d’amour (au pluriel), histoire pleine d’humour, histoire de spiritisme et histoire de voyage dans le temps, de surcroît sans voyage.

Jean-Luc Talbot, le narrateur, est inspecteur des impôts. Malgré ce gros défaut, il apparaît rapidement comme un type sympathique. Au hasard d’un contrôle fiscal, et par suite d’un concours de circonstances, il est hébergé pendant une nuit dans un château très ancien actuellement occupé par des gens qui lui paraissent complètement dingues, parlant des réclamations de certains défunts, de squelette enterré sous le parquet… C’est là que notre agent du fisc découvre qu’il est probablement la réincarnation de Guillaume d’Arboud, chevalier du XVe siècle. Celui-ci était tombé éperdument amoureux de la belle Isabeau, nonobstant le fait qu’elle avait convolé en justes épousailles avec le sieur baron Curtelin de Grénant. Ce dernier avait fait occire la doulce dame pour se venger.

Transformé en cocufieur temporel, Jean-Luc se trouve confronté à des rêves torrides envoyés par l’esprit d’Isabeau, qui ne se rend pas compte que de nombreux siècles se sont écoulés depuis son trépas. Elle ne semble pas non plus être gênée par le fait que Jean-Luc vit avec Corinne, dont il est très amoureux malgré quelques difficultés conjugales comme en traversent bien des couples.

Il se retrouve donc avec deux femmes dans sa vie, dont une morte depuis six siècles, ce qui ne l’empêche pas d’adresser moult messages et exigences à celui qu’elle dit être son amant.

Les rebondissements sont nombreux, l’histoire, apparemment compliquée, est si bien écrite que tout cela glisse sans effort, et quand on croit que tout est fini… ça repart. Et pour ceux qui apprécient, il y a dans ces pages beaucoup d’amour et de tendresse.

Thomas Drimm

ThomasDrimmQuand un romancier de la trempe de Didier Van Cauwelaert, qui a été lauréat de plusieurs prix, dont le Goncourt, écrit de la littérature pour ados, ça mérite qu’on s’y intéresse. Et les jeunes ont bien de la chance d’avoir accès à des bouquins avec cette qualité d’écriture.

Thomas Drimm est un garçon de treize ans moins le quart qui vit dans un monde où il n’y a plus qu’un seul pays, un seul gouvernement et un seul mot d’ordre : le jeu. La pratique des jeux de hasard est une obligation civique et tous les adultes sont contrôlés par une puce cérébrale. Dans le premier tome, La fin du monde tombe un jeudi, Thomas cause accidentellement la mort d’un savant de grande renommée, qui se réincarne dans son ours en peluche et attend de lui qu’il sauve le monde. Thomas va bien sûr le sauver, mais ce faisant, il va aussi condamner l’espèce humaine, ce qui l’entraine dans de nouvelles aventures et un deuxième tome, La guerre des arbres commence le 13.

L’histoire est pleine de rebondissements, d’intrigues, de surprises, de suspense et surtout d’humour, par le biais de réflexions généralement brèves, mais très drôles, comme celle-ci : Par les temps qui courent, c’est moins dangereux d’être con.

Roman à recommander aux ados, avec lesquels les moins jeunes ne s’ennuieront pas. Un seul regret : En 2010, l’auteur a annoncé un troisième tome, Le temps s’arrête à midi cinq, mais à la date où j’écris cet article, il n’y a toujours rien. J’espère que le projet n’est pas enterré.

Les témoins de la mariée

Hermann, Marlène, Jean-Claude et Lucas. Ceux-là, plus Marc, sont unis comme les cinq doigts de la main depuis leur adolescence. Le ciment de leur amitié, le chef d’orchestre de leurs vies, c’est Marc, le célébrissime photographe. Il a construit une immense fortune en faisant passer les plus belles femmes du monde devant son objectif. Et dans son lit. Avec ses énormes moyens, il a généreusement aidé ses amis. Entre eux, ils se disent tout.

Alors, les quatre premiers tombent-ils de très haut lorsque, sans signe avant-coureur, Marc leur apprend qu’il va épouser Yun, une jeune chinoise rencontrée à Shanghai. Elle est dans l’avion, elle arrive, le mariage est prévu cinq jours plus tard. Après cette annonce, en rentrant chez lui, Marc se tue dans un accident de voiture.

Comment annoncer la nouvelle à la fiancée-veuve ? Que faire d’elle ? C’est elle qui va les surprendre, car Marc avait raison : elle est exceptionnelle…

Divisé en quatre parties, chacune narrée par l’un des quatre amis, ce court roman plein d’humour raconte une histoire qui n’est jamais ce que le lecteur croit qu’elle est. À chaque fois qu’il pense avoir une certitude, elle tombe devant une révélation ou une surprise. Tout comme les quatre personnages, qui vont de découverte en stupéfaction.

Didier Van Cauwelaert n’a pas réalisé un livre exceptionnel, j’ai trouvé certains passages un peu tirés par les cheveux, mais j’ai passé un excellent moment à sourire devant l’histoire de cette amitié et de cette petite Chinoise vraiment particulière.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Ronchon, le 11/08/2012

Merci, certainement un futur achat.

Marie-Jeanne, le 11/08/2012

Je le lirai certainement.
De lui, j’ai lu récemment “La Maison des lumières”, qui n’est pas mal (en rapport avec le tableau de Magritte “L’Empire des lumières”). Plusieurs de ses livres m’ont (un peu) déçue (“Un aller simple”, “l’Apparition”)parce que je les ai trouvés moins réussis que le premier livre que j’avais lu de lui.
Ce livre, que j’avais beaucoup aimé, c’est “La Vie interdite” (1997). Amusant, émouvant, inattendu.

Le journal intime d’un arbre

Surnommé Tristan, un poirier tricentenaire succombe à un coup de vent trop fort pour son âge avancé. Mais pour une raison que lui-même ne comprend pas, son esprit reste attaché à ce qui reste de lui et à ceux qui l’ont aimé.

En particulier, il accompagne par la pensée et à leur insu Yannis, qui a autrefois tenté de le faire classer au registre des Arbres Remarquables et Manon, adolescente maltraitée devenue, sous le pseudonyme de Tristane, une sculptrice réputée, par amour pour cet arbre.

Ce poirier hors du commun a aussi un passé. Il a connu le règne de Louis XV, la révolution et Dreyfus, des suppliciés ont été pendus à ses branches, une prétendue sorcière a été brûlée avec son bois, un poète a écrit des vers sous ses frondaisons, il a été témoin de bonnes choses et de drames, jusqu’au jeune fils de son dernier propriétaire, abattu par la Gestapo contre son tronc, qui a accueilli la balle meurtrière.

Ce long passé lui donne une bonne connaissance des mœurs humaines et lui permet de porter un regard acéré et sans concessions sur nous. Mais pourquoi son esprit accompagne-t-il toujours ceux qui l’ont aimé ? Qui est ce petit garçon inconnu qui hante ses souvenirs les plus lointains ?

Didier Van Cauwelaert signe là un roman humain et écologique d’une grande originalité, plein d’émotions et de délicatesse.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Marie-Jeanne, le 03/02/2012

Ton billet donne envie de lire ce livre. Ton histoire d’esprit qui subsiste me rappelle un autre livre de Van Cauwelaert (à mon avis, le meilleur de ses livres) et qui était “La Vie interdite”.