Deception point

deceptionpointRachel Sexton est une des employées du NRO, une agence de renseignements américaine. À ce titre, elle a accès à des informations secrètes, mais sa discrétion est proverbiale. Elle est aussi la fille du sénateur Sedgewick Sexton, principal opposant au président des États-Unis et bien placé pour le battre lors des prochaines élections, qui approchent. (Ce livre est d’actualité, je n’ai pas fait exprès de le lire en ce moment.) Les relations entre le père et la fille sont extrêmement tendues.

Pourtant, c’est le président lui-même qui demande à Rachel de se rendre immédiatement sur une base située au-delà du cercle polaire. Une météorite a été découverte là-bas, et ce qu’elle révèle risque de bouleverser la face du monde.

Il faut dire que le sénateur Sexton a monté toute sa campagne électorale sur le fait que la NASA coûte très cher au contribuable, sans apporter le moindre progrès scientifique depuis longtemps. Au contraire, la célèbre agence va de fiasco en fiasco. Alors, ce qui a été trouvé sous les glaces tombe à point nommé pour l’occupant de la Maison-Blanche…

En arrivant sur place, Rachel apprend en quoi consiste ce secret, et elle n’en revient pas. Mais bien vite, des éléments étranges font surface…

Intrigue millimétrée, rythme soutenu, suspense décoiffant, histoire tirée par les cheveux, mais prenante, plusieurs péripéties parallèles qui convergent vers le dénouement, chute quasi impossible à deviner… Pas de doute, Dan Brown s’y connaît pour faire monter la tension. Chaque chapitre se termine sur une action interrompue. Le lecteur voudrait vraiment savoir ce qui va se passer… Mais on file vers une autre intrigue, qu’on reprend où on l’avait laissée. On avance un peu, la fébrilité augmente, et d’un coup ça s’arrête, et on repart… vers une troisième péripétie, laissée en plan quelques pages auparavant.

Ça n’arrête pas, et pourtant c’est lent. L’auteur s’y entend à nous maintenir en haleine. Une porte s’ouvre, on pense que derrière se trouve la réponse aux interrogations… eh, non ! Il y a là un personnage qui nous entraîne un peu plus loin, et on attend, et la pression monte.

Il y a pourtant une fin, bien sûr, où tout est expliqué. Là, le lecteur se rend compte que ça ne tient pas debout, que c’est complètement irréaliste, qu’on a été mené en bateau… mais que quand même, c’est un plaisir de tomber dans des bouquins comme ça, qui font vibrer, et qu’on y reviendra, évidemment !

Forteresse digitale

ForteresseDigitaleIl y a : une poursuite, de l’action, une jolie femme, du mystère, des meurtres, un mort dès la première page, des explications capillotractées, des énigmes, une course contre la montre, un dénouement à l’ultime seconde, des chapitres nombreux et parfois très courts… Donc c’est un roman de… de…

Vous ne voyez pas ? Encore un indice : toute l’affaire se déroule à grande vitesse sur vingt-quatre heures chrono. Mais bien sûr, c’est Dan Brown !

Alors qu’elle s’apprête à partir en week-end avec son fiancé, Susan Fletcher, cryptologue à la NSA (National Security Agency) est appelée en urgence par son chef, le commandant Strathmore. En effet, TRANSLTR, la super machine à casser les codes secrets, est tombée sur un os. Bien qu’elle ne mette jamais plus de quelques minutes à décrypter un message, elle tourne depuis plus de quinze heures sur le même, sans en trouver la clé. Il faut dire qu’elle travaille sur un code élaboré par l’informaticien de génie Ensei Tankado, qui a juré de créer un algorithme indéchiffrable. Apparemment, il y est arrivé, ce qui pose un sacré problème, surtout que depuis, il est mort !

Pour les services de renseignements américains, c’est une catastrophe. Par contre, c’est une bonne nouvelle pour tous les terroristes de la planète. Ils pourront désormais communiquer sans être repérés ni inquiétés. Le monde est en danger, il faut absolument parvenir à craquer ce code !

Pendant que Susan et Strathmore essaient d’y voir clair, David Becker, le fiancé de Susan, est envoyé en Espagne pour tenter de récupérer la clé numérique qui permettrait de faire sauter les verrous de ce fameux message. Mais lui aussi tombe sur un os…

Tensions, suspense, rebondissements sans fin, rythme accéléré… Bien sûr, le lecteur sait dès le début que tout cela finira bien. Toutefois jusqu’à la dernière page, il ne peut s’empêcher de trembler et de se dire que tout est fichu, qu’ils n’y arriveront pas, car derrière chaque obstacle levé, il s’en trouve un autre.

Finalement, c’est reposant, un bouquin comme ça ! En effet, il n’y a là aucune réflexion philosophique, aucune complication existentielle, nulle métaphysique complexe. On se laisse porter par l’histoire, on peut même se permettre de l’oublier sitôt la lecture achevée. J’aime qu’un livre incite à la méditation, mais j’aime aussi de temps en temps que ma tête prenne des vacances (c’est la saison, après tout), et là, j’ai été servi. D’autres romans de cet auteur font semblant d’avoir un sens profond, mais pas celui-ci. Détente assurée, par contraste avec le stress des personnages.

Le symbole perdu

SymbolePerduJ’ai adoré ce bouquin ! Comme toujours avec Dan Brown, le lecteur est happé dès les premières pages. Il veut savoir ce qui va se passer au paragraphe suivant, puis au suivant, puis au suivant… et au chapitre d’après, et celui d’après… Et comme ces chapitres sont courts et au contenu dense, plein de rebondissements, comme ils se terminent, à l’instar des épisodes de feuilleton, sur une attente haletante… on tourne vite la page pour découvrir et dévorer la suite. Et lorsque la fin du livre arrive, le lecteur en est presque déçu, et il se rend compte alors que toute l’affaire, au bout du compte, se résume à quelques péripéties, mais que grâce à cette apparente simplicité, le plaisir est toujours immense. Cet auteur est vraiment un sorcier du best seller.

L’histoire se déroule autour de la franc maçonnerie. Afin de sauver la vie d’un de ses amis, Robert Langdon, le personnage fétiche de Dan Brown, se retrouve contraint de percer en quelques heures le fameux secret que les francs-maçons gardent jalousement depuis des siècles. Rien que ça ! Évidemment, le parcours est semé d’embûches, d’indices symboliques se rapportant aux mystères de la Bible, aux pyramides, aux carrés magiques, à des énigmes perdues depuis la nuit des temps.

L’ami de Langdon, Peter Salomon, a été enlevé par un dément qui veut connaître ces secrets dans un but terrifiant. Sa sœur s’en mêle, ainsi que la CIA, car la nation américaine est en danger.

Le final est éblouissant et atroce. Le déroulement de la quête est sidérant. Il y a tant de détails, tant de coïncidences, tant de démonstrations convaincantes que le lecteur ne peut douter une seconde que tout cela est la vérité.

En arrière-plan, on a droit à quelques considérations passionnantes sur la place de l’Homme dans l’univers, sa relation à Dieu, son évolution à travers les temps passés et sa projection dans le futur. Car, et cela n’est pas incompatible avec un livre d’aventures rocambolesques et capillotractées, ce livre incite vraiment à une réflexion qui est bien réelle. Bien sûr, le lecteur n’est pas obligé de jouer ce jeu-là, mais encourager les questions est (à mon avis) un des buts de la littérature. Dan Brown a presque inventé un nouveau genre : le roman mystique !

Inferno

InfernoComment ce diable de Dan Brown (avec un titre comme ça, c’est sûrement un diable, non ?) fait-il pour rendre ses bouquins aussi captivants, même avec une histoire cousue de fil blanc ? Car il faut avouer que c’est “un peu gros” ! Il y a toujours un heureux hasard qui vient sauver les héros au bon moment, une coïncidence qui les aide à retomber sur leurs pattes, le petit élément qui leur permet d’échapper à la mort, etc.

Mais malgré tout, la mayonnaise prend très bien. Elle prend grâce à une intrigue réglée dans les moindres détails au dixième de millimètre, à des personnages crédibles et étoffés (nous retrouvons dans ce roman le professeur Robert Langdon), grâce à une trame si parfaitement ancrée dans la réalité qu’on ne peut pas douter que même l’aventure et ses péripéties soient vraies. Le rythme est soutenu, appuyé par des chapitres nombreux et brefs.

Voilà ce qui constitue à mon avis l’essentiel de la recette. Mais il y a surtout, bien entendu, le talent d’un auteur qui maîtrise parfaitement son art de l’écriture et de l’élaboration d’un scénario qui, aussi compliqué qu’il soit, reste tout à fait limpide et aisé à suivre pour le lecteur.

Robert Langdon, que les habitués de Dan Brown connaissent déjà, se réveille à Florence dans une chambre d’hôpital, avec un trou dans la nuque et un autre dans sa mémoire. Que fait-il ici ? Comment y est-il arrivé ? Pourquoi est-il blessé ? Il ne se souvient de rien de ce qui s’est passé au cours des vingt-quatre heures précédentes. Ce qui est sûr, c’est qu’il est pourchassé par une tueuse sans pitié et une troupe d’élite dotée de gros moyens. Heureusement aidé par la ravissante Sienna, qui possède d’immenses ressources et quelques compétences cachées, Robert doit reconstituer une énigme basée sur l’Enfer, le chef-d’œuvre de Dante. De ses capacités à résoudre le puzzle dépend l’avenir de l’humanité, rien de moins !

Dans ce roman, tout ce qui est faux se révèle vrai et tout ce qui semble vrai est finalement faux. Sauf quelques points, qui, tous comptes faits, sont vraiment vrais ! Le lecteur pense que tout est résolu à cent cinquante pages de l’épilogue… mais c’est pour mieux faire rebondir l’intrigue. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui offre en prime une découverte de l’œuvre de Dante et une promenade érudite dans les villes de Florence, Venise et Istanbul !

En prime, je vous propose une visite vers Le Clavier Cannibale, le site de l’écrivain Claro. Il a mis en ligne une vraie-fausse parodie de critique de ce roman. Hilarant !