L’homme des silences

HommesSilencesDrôle d’ambiance et drôle de style littéraire. Tout se déroule dans une atmosphère onirique et vaporeuse, renforcée par une écriture légère, où certaines tournures de phrases et certaines inversions de mots maintiennent l’attention du lecteur même dans les scènes apparemment dénuées d’action.

Apparemment seulement. D’action il n’y a guère, tout est dans les relations entre les personnages. Il y a Marie, douze ans, dont les parents ont péri dans un naufrage alors qu’elle était bébé, Pauline, sa tante qui l’a recueillie, le Chien, qui n’a pas d’autre nom, Michel, qui a été tenu à l’écart du monde par sa mère jusqu’au décès de celle-ci. Et il y a le père de Marie. Mort ou pas, il est le narrateur. Il voit tout, comprend pas mal et devine le reste.

Je suis rapidement tombé sous le charme de ce court roman de Christiane Duchesne. J’ai été happé par la magie de ce rythme lent, de cette façon de présenter les faits avant d’expliquer le contexte. J’ai aimé le regard de cette fillette sur le monde, par ce décor hors de tous repères, par la poésie des mots, par la tendresse que les personnages partagent entre eux sans compter, par cette intrigue légère comme un baiser d’enfant : où est passé Michel ?