Les derniers sentiments cathares

Le catharisme est un mouvement religieux chrétien qui a existé au XIIIe siècle, essentiellement dans le sud-ouest de la France. Pour résumé, disons que les adeptes de cette foi croyaient que tout ce qui est matériel est création du diable, le reste, qui est pur, est création de Dieu. Cela signifie que nos corps, nos églises, ce qui nous entoure viendraient du démon et seraient donc des choses méprisables, qui rattacheraient l’homme au matériel et aux enfers.

Les cathares, dissidents de l’Église, ont fait l’objet de nombreuses persécutions et d’une traque sans pitié. La seule croisade lancée sur notre propre sol l’a été contre eux. Les troupes chargées de les éliminer n’ont pas hésité à les torturer, à les mutiler, à les brûler vifs.

Si vous êtes intéressés par cette passionnante période de notre Histoire, je vous recommande les ouvrages de Michel Rocquebert, qui est le spécialiste incontesté du catharisme.

Après cet indispensable éclaircissement, venons-en au livre de Christel Lacroix.

Une partie se passe à notre époque, une autre au Moyen-Âge. Certains chapitres sont constitués par une correspondance, les autres sont de facture plus classique. Le tout est narré au présent, forme peu fréquente, qui a l’avantage de placer le lecteur dans l’action. Vous l’avez compris, on ne s’ennuie pas pour cause de routine.

Albane est libraire à Montolieu, petit « village du livre » de l’Aude (dont je vous recommande la visite). Elle correspond avec un de ses clients, Alex, qui est dans les Bouches-du-Rhône. Rapidement se développe entre eux un sentiment bien plus tendre que le simple intérêt pour les vieux bouquins.

Grand saut en arrière, plus de sept siècles dans le passé. Aldélia est une jeune herboriste qui vit dans la forteresse cathare de Montségur (dans notre actuelle Ariège). Elle tombe amoureuse de Pierrick, soldat des troupes de défense. Nous savons que Montségur se rendra, et que la quasi-totalité de ses habitants sera brûlée dans un immense bûcher. Alors, que va-t-il advenir de nos tourtereaux ?

Le lecteur devine très vite que les uns sont les lointains descendants des autres. Le propos général est arrosé de grandes rasades d’eau de rose, mais le style est impeccable, et le rythme, lent mais soutenu, ne laisse aucun temps mort et aucun espace pour l’ennui.

J’ai été pris très rapidement par le récit, même si j’ai vu arriver la happy end de très loin. M’intéressant moi-même de près à l’Histoire des cathares, j’ai pu me rendre compte que le travail de documentation est excellent. J’ai déjà visité le site de Montségur, j’y retournerai probablement, et ce jour-là, j’aurai une pensée pour Adélia et Pierrick.

Message personnel : Merci, Christel, pour ce bon moment de lecture et pour ta dédicace