L’ombre du vent

OmbreVentBarcelone dans les années 40. Alors qu’il n’est âgé que de dix ans, le jeune Daniel Sempere est emmené par son père libraire dans le « cimetière des livres oubliés ». C’est un endroit extraordinaire et labyrinthique dans lequel sont stockés des centaines de milliers de livres, tous ceux dont nul ne se souvient, ou que quelqu’un a voulu mettre à l’abri en le cachant dans ce cimetière. Bien sûr, très peu de gens connaissent l’existence de ce lieu. Daniel doit choisir, adopter, plus précisément, un bouquin parmi ceux qui sont là. Il se décide pour L’ombre du vent, d’un certain Julian Carax.

Daniel ne le sait pas encore, mais ce simple geste va l’entraîner dans une cascade d’événements dramatiques au cours des dix années suivantes.

Daniel va tenter d’en apprendre davantage sur ce Carax qui est mort à Paris plusieurs années auparavant, de remonter sa trace, de voir les endroits où il a vécu, de rencontrer les gens qu’il a fréquentés… En parallèle, Daniel grandit. Il découvre la vie, se fait des amis, tombe amoureux, est aidé par le sympathique Firmin…

Pendant ce temps, un mystérieux homme défiguré, qui a pris le nom d’un des personnages du roman de Carax, recherche tous les exemplaires des livres de ce dernier pour les brûler. Pourquoi le célèbre et redoutable policier Javier Fumero est-il lui aussi sur les traces de Carax, et sur celles de Daniel ?

Amours déçues ou contrariées, rivalités, descentes dans les bas-fonds barcelonais, retour dans le passé, violences, traques, confessions… les rebondissements ne manquent pas dans ce roman palpitant qui ne s’arrête jamais de sauter d’une péripétie à une autre. Carlos Ruiz Zafon en a vendu des millions d’exemplaires, il a été traduit en de nombreuses langues, et son succès mérité ne se dément pas.

Il fait partie de la trilogie du cimetière des livres oubliés, bien que celui-ci ne soit qu’un élément du décor, avec Le jeu de l’ange et Le prisonnier du ciel, dont j’ai déjà parlé. Ils peuvent être lus dans n’importe quel ordre, mais il vaut mieux à mon avis les aborder dans l’ordre où ils ont été écrits (1, l’ombre ; 2, le jeu ; 3, le prisonnier), bien que l’ordre chronologique de l’histoire soit différent (1, Le jeu ; 2, le prisonnier ; 3, l’ombre).

Le prisonnier du ciel

PrisonnierCielTroisième volet du cycle Le Cimetière des Livres Oubliés, lequel comprend déjà l’ombre du vent, qui avait valu un succès international et justifié à Carlos Ruiz Zafon, et Le jeu de l’ange. Toutefois, ces trois livres peuvent être lus dans n’importe quel ordre sans que cela nuise à la compréhension. Et comme l’auteur semble avoir trouvé la recette pour faire un bon bouquin, il reprend également cette façon d’écrire qui est sa signature et grâce à laquelle il a écrit tant de romans passionnants : un rythme qui s’accélère progressivement, un doigt de fantastique, un personnage inhumain, des livres mystérieux, des retours narratifs dans le passé, etc. Et ça marche, car ce mélange est terriblement efficace pour happer le lecteur dès les premières pages.

Le lecteur habitué retrouvera avec plaisir les libraires Daniel Sempere et son père, l’écrivain David Martín, et le sympathique Fermín Romero de Torres, qui est cette fois le personnage principal, tout ce petit monde évoluant bien sûr dans la Barcelone des années 40 et 50.

Quant au lecteur novice, il découvrira l’ambiance si particulière que cet auteur sait si bien mettre en place,et comme tant d’autres avant lui, il ne pourra s’en détacher.

Je n’essaierai même pas de résumer le début de l’histoire. C’est très difficile, et je risquerais soit d’en dire trop, soit de donner l’impression que l’affaire est confuse, ce qui n’est pas le cas. Un bon tiers du roman est un retour en arrière d’une vingtaine d’années, qui explique et justifie la situation “actuelle”. Plusieurs explications sont fournies, mais pas toutes, ce qui me fait espérer au moins un autre tome. S’il parait un jour, je me jetterai dessus sans hésitation !

La trilogie de la brume

TrilogieBrumeLa trilogie de la brume, c’est :

  • Le prince de la brume
  • Le palais de minuit
  • Les lumières de septembre

Trois romans tout à fait différents, aux histoires indépendantes, n’ayant pour point commun que la jeunesse des héros et le scénario, assez semblable à chaque fois.

Dans Le prince de la brume, en 1943, une famille vient s’installer en bord de mer, en Angleterre, pour s’éloigner de la guerre. Max, treize ans, découvre avec ses sœurs une nouvelle vie et se fait de nouveaux amis. Il y a aussi ce jardin, dans lequel d’inquiétantes statues semblent changer de postures ! Quelle est cette menace qui plane sur le jeune Roland ? Un être diabolique réclame le paiement d’une dette, dont Roland est le prix. Pourra-t-il lui échapper ?

À Calcutta, en 1932, Ben et six autres orphelins de seize ans se réunissent régulièrement dans ce qu’ils appellent Le palais de minuit. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a une sœur jumelle, Sheere, dont il a été séparé à la naissance. Ils sont traqués depuis toujours par un assassin fou qui a juré leur perte et qui est revenu d’entre les morts pour les traquer.

Les lumières de septembre : À l’été 1937, Irène, quinze ans, vient vivre en Normandie. Lazarus, l’employeur de sa mère, est un homme charmant. Mais quels mystères dissimulent son immense demeure remplie d’automates ? Qu’est-ce qui a fait peur à la jeune Hannah au point qu’elle en meurt ? Et pourquoi Lazarus n’a-t-il pas d’ombre ?

À chaque fois, des ados, des démons venus ou revenus de l’au-delà, animés par un sentiment de haine et de vengeance, des secrets qui se dévoilent progressivement, de la peur, des frissons, des cadavres. Peut-on vaincre ce qui a été assez fort pour triompher de la mort ?

Pourquoi ces livres sont-ils généralement classés en littérature jeunesse ? Parce que les héros sont si jeunes ? Sans doute. Mais je ne pense pas qu’il soit très judicieux de les destiner à des lecteurs trop sensibles, sous peine de cauchemars.

Quoi qu’il en soit, la plume de Carlos Ruiz Zafon, dont je ne me lasse pas, est toujours aussi magistrale. Commencer un de ses livres, c’est se retrouver piégé en quelques pages, mordu et incapable d’arrêter avant la fin. Où va-t-il chercher ces intrigues tissées de mille fils ? Comment parvient-il à nous faire croire à ces histoires tarabiscotées ? Parce qu’il est un des plus grands auteurs dans le domaine de suspense.

Marina

Ça faisait quelques semaines qu’un livre ne m’avait pas pris aux tripes, mais celui-ci ne s’en est pas privé. Par quel miracle Carlos Ruiz Zafón parvient-il a trouver l’exact équilibre entre le fantastique, le policier, la romance, le frisson et la chronique ? Je l’ignore, mais cet auteur est passé maître dans l’art du suspense.

À la fin des années 70, Óscar, quinze ans, aime à se promener dans les rues de Barcelone. Il découvre une maison qui semble abandonnée, mais qui est en fait habitée par la jeune Marina et son vieux père. Par curiosité, les deux adolescents suivent une vieille dame qui se recueille régulièrement sur une tombe ornée, en guise d’inscription, d’un papillon noir. Les deux jeunes gens sont amenés malgré eux à faire des recherches qui les entraînent dans les recoins les plus sombres de la ville.

Que s’est-il passé dans cet endroit où se trouvent d’étranges mannequins désarticulés ? Qui est ce mystérieux Mihaïl Kolvenik, mort depuis longtemps, et qui a fait fortune dans l’industrie de la prothèse ? Sur quoi a jadis enquêté l’inspecteur Florián, désormais à la retraite ? Quel terrible secret cache encore le docteur Shelley ? qui est sa fille, la belle Maria ? Et qu’est-ce que ce papillon noir vient faire dans tout ça ?

La fin du roman est une explosion dans laquelle chaque pièce du puzzle trouve sa place, satisfaisant le lecteur qui peut enfin relâcher la tension. Mais tout n’est pas achevé. Dans les ultimes chapitres, le lecteur se rend compte que le sujet le plus important du roman n’est pas celui qui semble le plus évident. Une fin triste, diront certains, sans doute un peu mélodramatique, mais tellement en accord avec ce livre formidable !

Nous ne nous souvenons que de ce qui n’est jamais arrivé.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

Cécile, le 03/05/2012

Huummm… moi qui viens de terminer « le jeu de l’ange », que j’ai plus qu’apprécié (adoré oui !), je pense bien que je vais faire aussi la fête à ce livre-là ha ha
Bonne soirée, à bientôt

Le jeu de l’ange

Carlos Ruiz Zafon reprend les ingrédients qui lui ont si bien réussi dans l’ombre du vent : un livre qui parle de livres, une histoire entre fantastique et policier, une ambiance sombre et feutrée, un rythme lent… Nous retrouvons même ici l’étrange cimetière des livres oubliés et M. Sempere, le sympathique libraire. Et ça marche. Le lecteur est rapidement pris par ce roman, et se demande ce qui va advenir de ces personnages en nombre restreint, mais qui semblent réels tant ils sont décrits avec précision.

David Martín écrit des romans policiers qui ont du succès. Il est contacté par un éditeur, Andreas Corelli, qui lui offre une très grosse somme pour écrire un livre. Mais pas n’importe quel livre. Celui-ci devra donner naissance à une nouvelle religion. David accepte, mais découvre rapidement que beaucoup de choses sonnent faux à propos de son mécène. Par exemple, cette maison d’édition n’existe plus depuis longtemps. Il y a aussi un lien entre cet homme et le lieu où David habite. Qu’est-il arrivé au précédent occupant ? Lui aussi écrivait, lui aussi travaillait pour Corelli. Comment est-il mort ? De quel côté est l’inspecteur Grandes ? Où est passée Cristina, que David aime tendrement, mais qui a épousé son meilleur ami ? N’a-t-il pas commis une grave erreur en monnayant son talent ?

Cette histoire aux multiples ramifications devient vite prenante. Il y a tant de questions, tant de mystères, qu’on veut absolument connaitre les réponses. La fin est époustouflante, une apothéose digne d’un feu d’artifice. Malheureusement, entre ces deux parties, il y a des longueurs regrettables. Je me suis surpris à m’ennuyer un peu devant certains dialogues et en suivant les rebondissements d’intrigues secondaires développés outre mesure. Rien de grave, ce livre reste excellent et je le recommande aux amateurs de suspense et d’ambiance noire.

Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, qui ont ont vécu et rêvé avec lui.


Après le piratage de mon site, il m’a été impossible de remettre les anciens commentaires sous une forme “normale”. Je les recopie simplement ici :

G@rp, le 18/12/2011

Non mais t’as pas un peu fini de nous faire salivébaver, Claude ? ;-)
Dis-moi, comment fais-tu pour dénicher de tels livres ? T’as une source secrète ? (tu vas parler, dis, tu vas parler ? * rire *)

Némascope, le 18/12/2011

Je connaissais pas. C’est vrai que tu donnes envie de le lire (ou d’attendre qu’il soit adapté au ciné. Quoi ? sacrilège, blasphème ? non, mais des fois c’est bien… Euh, oui, Kubrick est mort)

Cécile, le 18/12/2011

J’avais adoré l’ombre du vent, j’ai vu celui-ci à la librairie et j’avais hésité à l’acheter (mon quota de livres achetés est épuisé pour ce mois)… mais voilà que je n’échapperai pas à la pulsion de l’achat la prochaine fois que je le vois. Merci Claude et à bientôt.