Le liseur

En Allemagne, Michaël, un gamin de 15 ans, fait la connaissance d’une femme qui pourrait être sa mère. Une relation ambiguë s’instaure entre eux, qui devient rapidement sexuelle, même si le garçon est aussi jeune. Grâce à cela, il prend de l’assurance dans la vie, et il tombe sincèrement amoureux de cette femme, Hanna. Ils ont un rituel, il lui fait la lecture à voix haute (un livre scolaire, souvent), avant de faire l’amour.

Puis brusquement, sans prévenir, Hanna disparaît de l’existence de Michaël et même de la ville. Elle s’en va et ne donne plus signe de vie. Michaël grandit, mûrit. Ce qu’il a vécu avec cette femme le rend plus sûr de lui que les autres jeunes de son âge, notamment avec les filles. Il entreprend des études de droit. Au cours de celles-ci, il assiste à un procès de femmes gardiennes de juives pendant la guerre, accusées d’avoir tué ces femmes, ou du moins de n’avoir rien fait pour les sauver, lors d’une situation particulière. Parmi elles se trouve Hanna !

Tandis qu’il suit cette affaire, qu’il voit Hanna se défendre très mal, ou même pas du tout, Michaël a une révélation. Il comprend le secret qu’elle cache à tout le monde depuis toujours, qui explique sa disparition d’autrefois et bien d’autres comportements étranges. Doit-il intervenir ? Doit-il, pour la défendre, trahir ce secret et la couvrir de honte, cette honte qui est pour elle plus forte que la peur d’aller en prison ?

Ce magnifique roman de Bernhard Schlink est tout en douceur, en sous-entendus. Tout est suggéré au lecteur sous forme d’émotions. La chute n’a pas été une surprise pour moi, mais cela n’a rien enlevé à mon plaisir de la lire. Un bouquin très bien écrit, un auteur que je découvre, vers lequel je reviendrai assurément.