Étienne regrette

EtienneRegretteÉtienne Fusain est prof de philo. Il mène une existence routinière et mélancolique entre travail et famille. Un jour, il découvre un graffiti laissé par un de ses étudiants : Fusain est un con. Avec un point final qui rend l’assertion définitive. L’incident déclenche pour Étienne une prise de conscience. Il quitte tout du jour au lendemain et va se réfugier chez son ami Denis. Avec celui-ci, il entreprend une sorte de rééducation de sa vie.

Après un début tonitruant écrit d’une plume leste et précise, le récit s’embourbe rapidement dans une litanie qui n’a d’égal que la réalité somnolente de ce pauvre Étienne. De chapitre en chapitre et d’anecdote en ennui, on tourne et l’on retourne devant ce constat : Fusain est vraiment un con, son existence ne vaut rien. Valait-elle alors qu’on en parle aussi longuement ? Je ne le pense pas. Antoine Sénanque sait pourtant écrire, c’est indéniable. C’est plutôt le rythme qui fait défaut à ce récit. On a l’impression de relire sans cesse la même étape, dans laquelle Étienne voudrait s’en sortir, dans laquelle Denis fait tout ce qu’il peut pour l’aider, mais dans laquelle le lecteur ne trouve aucune évolution notable par rapport à l’épisode précédent.

Étienne est censé progresser, pourtant. Et quand l’histoire émerge enfin de sa léthargie, à quelques pages de la fin, il est trop tard pour sauver le bouquin et l’on ne parvient pas à croire à cette résurrection du “héros”.

Tout ceci n’est que mon avis, mais le fait est que je me suis ennuyé en parcourant ce livre. Bien, mais peut mieux faire.