Salina

Très, très poétique ! Nous retrouvons dans ce roman l’Afrique imaginaire et formidable créée par Laurent Gaudé pour La mort du roi Tsongor. Monde fait de symboles, où il ne faut ni chercher le crédible ni attendre du concret, extraordinaire territoire où les émotions sont fortes, les hommes fiers, les femmes indestructibles.

Tout commence par l’arrivée en ce monde de Salina. Non, pas la naissance. Salina est amenée, bébé en larmes, par un cavalier qui la dépose dans la tribu Djimba et repart.

Puis nous sautons à la fin de la vie de Salina. Vieille femme, elle est parvenue au terme de sa plus importante mission : faire de son fils un homme. Elle meurt alors, mais sera-t-elle en paix ? Son fils Malaka la mène vers le cimetière où il espère qu’elle pourra reposer.

Toutefois, ce n’est pas si simple. Darzagar le passeur va l’accompagner jusqu’à l’île où se trouve le cimetière. Les portes en sont fermées, c’est le cimetière qui décide si le défunt mérite qu’il les ouvre. Malaka doit dire ce qu’a été la vie de sa mère, et c’est ce qu’il fait.

Il raconte les trois exils qu’elle a subis, et surtout les épreuves terribles qui ont marqué son existence. Car la vie de Salina n’a été qu’une longue suite de souffrances. Est-elle pour autant à plaindre ? Non, car elle a cherché vengeance, et elle aussi a fait du mal. Beaucoup de mal. Le sang a coulé, celui de Salina, celui des autres… À l’heure du grand bilan, qu’adviendra-t-il d’elle ?

L’auteur a déjà abordé le thème de la mort à plusieurs reprises dans d’autres romans. Mais c’est avec celui-ci, peut-être, qu’il est le plus convaincant, et le plus poétique.

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