La femme qui ne vieillissait pas

Dans notre monde où le paraître passe bien avant l’être et surtout où est valorisée la beauté, le rêve de bien des femmes est de conserver longtemps (définitivement ?) la jeunesse et les charmes qui lui sont associés.

On pourrait discuter sur ces valeurs, sur le rapprochement vieillesse/laideur, sur la manière dont les modes changent et agissent sur notre façon de vivre et de consommer… Ce n’est pas le sujet de ce livre, et encore moins de cet article. Le thème principal est de savoir si cette jeunesse est vraiment un cadeau aussi extraordinaire qu’il semble l’être.

Je m’étais un peu lassé de Grégoire Delacourt, qui renoue ici, à mon avis, avec une littérature qui incite à se poser des questions.

La narratrice, Martine, est une fillette comme les autres au début de l’histoire. Elle grandit entre son père et sa mère, mais le drame survient lorsqu’elle a dix ans. Sa mère meurt bêtement à trente-cinq ans, en plein épanouissement, percutée par une voiture. Malgré ce manque immense et grâce à l’amour de son père, Betty (comme elle décide de se faire appeler à partir de l’adolescence) continue à grandir tant bien que mal. Elle connaît les difficultés de la vie, les premières peines de cœur, elle tombe amoureuse, épouse André, a un enfant… atteint l’âge qu’avait sa mère.

Et là, elle découvre que son apparence ne change plus. Aux yeux des autres, elle reste éternellement jeune et belle, ressemblant à sa mère. Scientifiquement, il s’agit d’un problème lié aux téléomères, extrémités des chromosomes qui assurent la régénération de la peau. Avec l’âge, ils diminuent, effectuant de moins en moins bien leur tâche. Ceux de Betty demeurent toujours aussi vifs, lui conservant l’apparence d’une femme de trente ans.

Mais seulement l’apparence, car le vieillissement interne de ses organes se poursuit. Elle est ménopausée plus tôt que la moyenne, sa vue baisse, elle s’essouffle plus vite…

Le mari d’Odette, une amie de Betty, est photographe et s’est lancé dans un projet de longue haleine : faire chaque année, à la même date, des portraits de gens qui lui servent de modèles. Betty en fait partie, cependant chaque fois sa photo semble être la même que la précédente.

Quel est le problème, demanderez-vous ?

Il y en a beaucoup. Le mari de Betty va bientôt donner l’impression d’être son père, il la quitte avant. Son fils passera pour son petit frère, puis pour son amant. Dans l’administration, quand on lui réclame une photo récente pour un document, nul ne la prend au sérieux. Elle est sans cesse draguée par des gamins…

L’existence de Betty est chaque jour un peu plus compliquée, à cause de ce qui ressemble à une bénédiction et que son entourage lui jalouse.

J’ai beaucoup apprécié ce bouquin. Même si la fin n’est pas d’une limpidité parfaite (j’ai dû relire le dernier chapitre pour être sûr d’avoir pigé), il se lit aisément et saisit le lecteur dès les premières pages. Comme je l’ai dit plus haut, il incite à se poser des questions, et pas seulement aux femmes.

2 réflexions sur « La femme qui ne vieillissait pas »

  1. Quelle horreur, ne pas vieillir ! je ne crois pas que je le supporterais…
    bon, je vais voir si j’ai envie de lire ce livre d’épouvante, mais j’essaierai peut-être au plus noir de l’hiver ! Merci Claude ! et belle suite d’été !

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